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Simple conseil…sanitaire !

 

« C’est difficile à mettre en place, comme nous l’avons vérifié à Kermouster au mois de juillet. » Interrogé sur la mise en place de comités de quartier, lors de la séance du conseil municipal du jeudi 9 septembre, le maire (La Presse d’Armor, mercredi 15 septembre) a eu beau jeu de rappeler qu’en la matière il y a loin de la coupe aux lèvres. Les récentes tensions autour de la mise en place (à titre provisoire) des chicanes, décidée après deux réunions de consultation avec des Kermoustériens sélectionnés en raison de leur domicile, attestent de la difficulté qu’il y a, pour tout groupe humain, à trouver les voies du consensus. Pour autant, que ce soit pour des questions de circulation, de stationnement ou de bien d’autres problématiques, nous n’échapperons pas à la nécessité du « tour de table ». Sous la forme d’un comité de quartier ?

Lors de la campagne électorale, ce blog avait donné suite à une initiative citoyenne consistant à interroger les deux prétendants au fauteuil de premier magistrat. Marcel Turuban et Henri Paranthoën affichaient alors une même intention : favoriser la constitution de structures favorisant l'écoute des citoyens. « Ceci est une excellente question et elle est au cœur de notre engagement » avait répondu Henri Paranthoën, aujourd’hui en charge de la conduite des affaires municipales.  « Mais, ajoutait-il, à la place de « consultation citoyenne », qui me semble imprécise, je préfère utiliser les termes de « conseil consultatif » ou « groupe de travail » quand il s’agit d’un projet d’intérêt communal et de « comité de quartier » pour les demandes locales. »

C’est donc à nous Kermoustériens de faire la preuve que nous pouvons accorder nos violons, en limitant au mieux les dissonances, pour tout ce qui se rapporte à la vie du hameau ; si possible, en préalable à toute interpellation de la municipalité. C’est ce qui a incontestablement fait défaut lors des deux réunions de consultation de juillet dernier. Mais il y avait, à ce moment là, une certaine urgence à proposer des solutions, pour évaluation durant les mois d’été.

Pour autant, sans tomber dans un formalisme rigoureux à l’excès, c’est-à-dire la mise en place d’un comité de quartier dûment structuré, les suggestions et recommandations exprimées, certes en ordre dispersé, n’en demeurent pas moins encore recevables. Et c’est peu dire que  les Kermoustériens rongent leur frein d’impatience, notamment celles et ceux qui demeurent dans des venelles où la pause de panneaux dissuasifs leur aurait évité quelques désagréments durant l’été.

Pour ce qui concerne le dossier réouverture de La Cambuse, la sagesse nous impose d’attendre de savoir ce que décidera, en octobre prochain, la chambre civile du Tribunal judiciaire de Saint-Brieuc, suite à l’assignation déposée le 22 juillet dernier par la société Breizh Colibri, gérante de la crêperie, à l’encontre de la municipalité. Il n’est cependant pas interdit de penser, que sans attendre cette décision, l’action de la municipalité devrait porter ses fruits ou, pour le moins, donner lieu à des explications sur ce qu’elle entend engager sur cette partie excentrée de son territoire.

 

Clochemerlesque ?

 

Simple conseil…sanitaire !

 

Alors que les hirondelles nous ont quittés sans crier gare et que l’été touche à sa fin, il est un problème qui mériterait d’être réglé sans plus attendre, même si celui-ci repose pour partie sur la réouverture ou non de La Cambuse ; c’est celui des sanitaires publics place du Crec’h.

Il n’y pas de saison privilégiée pour satisfaire des « petits besoins » et le flot des sacs à dos ne va pas se tarir d’un coup.

Un jour, dans un aparté, Henri Paranthoën, et je suppose qu’il en fut de même pour Marcel Turuban, m’avait fait part de son indignation quand, suite à un article du journal Le monde commentant l’annulation des élections municipales de 2020, on comparait Lézardrieux à Clochemerle. Pourtant, à y bien regarder, la comparaison pourrait être flatteuse puisque le village de Vaux-en-Beaujolais, rebaptisé Clochemerle pour donner vie à un roman de l’écrivain Gabriel Chevalier, jouit, selon ce que l’on sait, d’une situation pouvant susciter l’envie. Cette commune du Rhône est perchée au milieu des vignobles. Cela dit, pas plus que le centre bourg, Kermouster n'aimerait pas se voir attribuer le qualificatif de clochemerlesque, même si Vaux-en-Beaujolais tire aujourd’hui profit de cette réputation qui lui colle à la peau.

Je ne vous apprends peut-être pas grand-chose à vous qui lisez cette chronique, mais il n’est pas dit que ce roman satirique du meilleur cru, écrit en 1937, fasse encore partie des best-sellers. Rappelons en brièvement la teneur : une querelle autour de l’installation d’une « pissotière » en plein cœur du village. Si vous ne l’avez pas lu, procurez le vous ! C’est à p….de rire ! Et ça n'a pas pris un ride.

 

Simple conseil…sanitaire !

 

Pour un peu on en viendrait à regretter que ce livre n’ait pas transité par la boîte à livres de l’esplanade du point de vue, derrière laquelle, faute de pouvoir se soulager dans un espace dévolu à la chose, nombre de visiteurs n’hésitèrent pas, malgré un dispositif improvisé se voulant dissuasif, à ouvrir la braguette et même à baisser culotte. À l’abri des regards ? Que nenni ! Ce point de vue incontournable est dans la ligne de mire de nombreuses fenêtres.

 

Simple conseil…sanitaire !

 

Les fenêtres nous guettent…Les fenêtres rigolent…Les fenêtres murmurent…(Jacques Brel, Les fenêtres). Voilà un sujet qui aura beaucoup fait causer tout au long de ces dernières semaines. Les exposants à Ti ar skol de juillet, qui n’ont eu, quant à eux, pas d’autres choix que de prendre leur mal en patience, n’ont pas été les derniers à déplorer cette situation . Le remède apporté au début du mois d’août n’aura été qu’un pis aller pour celles et ceux qui leur ont succédé. Les fenêtrent jacassent

La tour de pisse, comme on s’est plu à désigner la vespasienne aux couleurs du département, du fait de son relâchement au principe de la verticalité, n’a guère séduit tous nos hôtes de passage, ni fait taire les interrogations.

Si, à la lecture de la presse rapportant la teneur du dernier conseil municipal, on peut comprendre qu’il y a des « combats » à mener d’une toute autre ampleur, il me semble légitime d’avoir saisi cette opportunité du questionnement sur les comités de quartier pour mettre en exergue cette déconvenue. Mais qu’on ne s’y trompe pas ! Je ne me fais pas ici le porte-parole de quelques personnes excessivement pudibondes comme l’est la pauvre Justine Putet dans Clochemerle. C’est bien du contraire qu’il s’agit. La place du Crec’h mérite un édicule d’une toute autre facture. Il s’agit avant tout de marquer notre respect à nos visiteurs d’un jour.

On a manqué clairement de précisions sur ce qui fait que les installations attenantes à La Cambuse n’ont pas pu, malgré sa non réouverture, être opérationnelles durant cette saison estivale. Est-ce à dire que le système hybride mis en place, associant toilettes publiques toilettes privées, ne peut fonctionner que quand le café épicerie crêperie est ouvert ? Si c’est le cas, ce n’est donc pas avant le jugement du tribunal que le quidam pourra, en toute quiétude, faire ce qu’il a à faire et cela augure mal de la suite. Je ne puis qu’émettre le conseil à qui de droit pour que des mesures soient prises afin de trouver rapidement une fin à ce feuilleton de l’été, avant qu’une autre plume plus experte n’en fasse un roman..

Tout en sachant que les conseilleurs ne sont pas les payeurs, quoique endossant ici le costume de contribuable, je me tourne à nouveau vers Jean de La Fontaine pour trouver une chute (honorable ?) à cette chronique. Dans  Le juge arbitre, l’Hospitalier et le Solitaire, notre génial fabuliste écrit ceci :

 

Ainsi parla le Solitaire

Il fut cru, l’on suivit ce conseil salutaire

Solitaire, il m’arrive de l’être, mais pas vingt quatre heures sur vingt-quatre. Disons qu’en cet instant il me faut faire comme si… pour, toute modestie mise à part, pouvoir plagier le bon maître :

Ainsi parla le Solitaire.

Il fut cru, l’on suivit ce conseil sanitaire.

 

                                                                                                                                      Claude Tarin

                                                                                                                          16 septembre 2021

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