• Séance dédicaces sur la terrasse

    Séance dédicaces sur la terrasse

     

    Il en va du livre comme du miel. Au départ, il y a le nectar de l’œuvre d’un écrivain(e), voire d’un collectif. Puis viennent les abeilles, l’éditeur, l’imprimeur, les critiques littéraires, les librairies et les bibliothèques, qui se chargent d’en défendre l’intérêt, pour nous inviter à le prendre en main pour le savourer.

    Lire, c’est nourrir le cerveau. C’est, sous la plume d’un autre, aller à la rencontre de soi-même, se confronter à son propre vécu et à son imaginaire. Lire, à l’heure d’aujourd’hui, dans un environnement d’écrans, demeure indispensable, pour ne pas dire vital. Un risque plane cependant.

    Comme on peut déjà avoir perdu le goût des aliments accommodés à la sauce d’antan, on peut perdre le plaisir de sentir la page glisser entre ses doigts. Qu’importe me direz-vous puisque la typographie a su investir le numérique ! C’est vrai ! La tablette peut être une voie de substitution. Elle ne gomme pas totalement le savoir faire des héritiers de Gutenberg. Elle s’en abreuve d’une autre façon. Mais, de notre point de vue,  rien ne peut remplacer le contact avec le papier. Le livre, c’est un fruit palpable de l’arbre de vie.

     

    Joël Raguénès : l’histoire romancée du terroir breton

     

    Ce jeudi 31 mai, à l’initiative de la Bibliothèque pour tous de Lézardrieux, que préside Gisèle Prigent, nous étions conviés à une rencontre avec un écrivain, suivie d’une séance de dédicaces, à même la terrasse de La Cambuse. Pouvoir dialoguer avec un auteur est une opportunité qui ne se refuse pas. C’est une main qu’il faut saisir.

    Joël Raguénès, un Finistérien pure souche, traîne déjà dans son sillage une quinzaine de romans. Il faisait pour la première fois escale dans ce hameau que ce Léonard natif du Conquet n’avait pas encore eu l’heur d’apprécier   C’est à l’occasion du dernier Salon du livre Plumes d’Armor de Lanvollon, le 21 avril dernier, que Gisèle Prigent avait pris contact avec celui qui était, ce jour là,  l’invité d’honneur de cette manifestation.

    Cet écrivain a émergé dans le flot littéraire il y a seize ans, avec « Le pain de la mer », publié en 2002 aux Editions Jean-Claude Lattès. Ce livre l’a révélé. Depuis lors, le fil de sa plume nous raconte des histoires romancées du terroir breton.

     

    Séance dédicaces sur la terrasse

    Alors qu’à Kermouster (lire notre précédente chronique) on caresse l’espoir de voir réapparaître deux routoirs ensevelis sous la broussaille, comment ne pas vous conseiller de plonger, si ce n’est déjà fait, dans « Une mer de lin bleu » (Editions Cloître)  et « L’or du lin » (Calmann Lévy). En deux tomes, Joël Raguénès nous fait revivre l’épopée de la culture du lin dont on tirait une toile qui a fait en son temps la richesse de la Bretagne.

    Ce narrateur a d’abord exercé le métier de consultant dans l’import-export. Il y a fait une longue carrière. Autant dire qu’il a bourlingué tout autour de la planète, tout particulièrement dans les pays d’Afrique. Cette saga professionnelle aurait pu lui fournir matière à écrire, car cela l’a amené aux confins de l’histoire avec un grand H. Mais c’est à travers ses racines profondes qu’il a senti le besoin de s’exprimer, de faire monter la sève. Avec  « Le pain de la mer », Joël Raguenès a commencé à puiser dans les  souvenirs d’un grand père. En 1894, la crise de l’iode va porter un coup mortel à l’activité des goémoniers. Le succès ayant été au rendez-vous, il a poursuivi à explorer son arbre généalogique pour faire revivre un passé sous la forme romanesque.

     

     La Cambuse : café littéraire ?

     

    Autant le reconnaître, cette conférence débat n’a pas eu le succès d’audience escompté. Une quinzaine de personnes tout au plus sont venues à la rencontre du romancier. Une légère déconvenue pour l’équipe de bénévoles qui fait vivre le livre  tout au long de l’année, à même le cœur du bourg de Lézardrieux. Il s’agissait, pour une première fois, de tester la chambre d’écho kermoustérienne. Nous n’avons pas été en mesure de répondre pleinement à cette attente. Est-ce à dire qu’il ne faudra pas y revenir ? Bien sûr que non ! Musique et peinture font déjà bon ménage avec le hameau, le livre  y a bien évidemment toute sa place. Pourquoi ne pas imaginer une Cambuse se donnant, par intermittence, l’apparat du café littéraire ?

    Nous n’allons pas ici discourir sur les vertus du prix unique du livre, instauré en 1981, si ce n’est que celui-ci a permis aux librairies de détail de surnager face au tsunami des linéaires des grandes surfaces et, ainsi, de préserver une littérature de qualité et diversifiée. Le livre est « un consommable » pas tout à fait comme les autres. De cela, il faut être conscient. A sa manière, le réseau des Bibliothèques pour tous, dont l’origine remonte à 1936, contribue à assurer une prise en main du livre par le plus grand nombre. Et ce, dès le plus jeune âge !

    Que les bénévoles de Lézardrieux, kermoustériennes comprises, se rassurent. Cette conférence dédicaces sur la terrasse n’est pas un coup d’épée dans l’eau.

    Séance dédicaces sur la terrasse


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