• Ode à dame la Lune

     

    Ode à Dame Lune

     

    Nous étions prévenus, ce 31 janvier la Lune serait à son périgée, c'est-à-dire au plus près de la Terre. A 356000 km tout de même. Ce qui laissait entendre que le spectacle serait de toute beauté, si tant est que le ciel soit dégagé. Il l’a été, presque par miracle car ce dernier jour du premier mois de l’année n’a pas été, comme les précédents, des plus lumineux. La Lune, elle, elle l’était, aux alentours de 21 h. Si à cette heure là vous n’avez pas pu honorer le rendez-vous, captivé que vous étiez par une autre source lumineuse, nous espérons que cette photo, malgré ses piètres qualités, vous permettra, à rebours, de partager l’émotion qui fut la nôtre quelques instants durant.

    A même l’aire de pique-nique, l’estuaire du Trieux baignait sous une lumière blanche. Le Ferlass  avait endossé sa tunique d’argent. On aurait pu s’attendre à voir surgir Rusalka, l’ondine de l’opéra éponyme mis en musique par Anton Dvorak. Ni sirène, ni triton, Rusalka est une créature aquatique tombée amoureuse d’un prince et qui fait part de ses sentiments à la Lune. Si vous ne connaissez pas La chanson de la Lune, extraite de cet opéra, ne quittez pas votre écran sans passer par le canal de Youtube ! Ce ne sont pas les belles voix ayant interprété cette chanson qui manquent : Anna Netrebko, Renée Fleming, et tant d’autres sopranos, lui ont offert leur timbre mélodieux. Nous, on aime ! La Lune, source poétique de toute éternité? Ce n’est pas notre ami Pierrot qui nous démentira.

    Cela dit, ce soir là, nous savions par avance que  notre « Super Lune » n’aurait pas la couleur sang comme cela se produit lors de l’éclipse totale de notre satellite. Pour assister au spectacle il aurait fallu être en Chine, en Inde en Russie, en Amérique du Nord en Nouvelle Calédonie ou en Polynésie. Rouge sang du fait de la réverbération de la lumière solaire par la terre. Mais qu’importe, notre Lune bleue, nommée ainsi parce qu’étant la deuxième pleine lune de l’année calendaire, aura eu sa décharge poétique.

    « Un rêveur est celui qui ne trouve son chemin qu’au clair de Lune et qui, comme punition, aperçoit l’aurore avant les autres hommes ». Nous sommes allés cueillir, ce matin, cette maxime dans le jardin des citations qu’il n’est pas inutile de glisser dans un propos, écrit ou parlé. Elle est d’Oscar Wilde. Qu’a-t-il voulu nous dire ? Que le poète, ce doux rêveur, serait aussi prophète, voire briseur de rêves, puisque punition il y a ? Après le rêve, la dure réalité ? A l’heure d’aujourd’hui, le moins que l’on puisse dire c’est que la Terre ne tourne pas rond.

     

    La Lune de Jupiter

    Ode à Dame Lune

     

    Ne l’ayant pas vu, il est difficile de parler de ce film, mais c’est cette rencontre avec dame la Lune qui a fait resurgir le souvenir de quelques critiques portées sur La Lune de Jupiter. Un film qui a été sélectionné et présenté, en mai dernier, au Festival de Cannes et qui n’y a pas été couvert de lauriers. Pourtant Kornei Mundruczo, son réalisateur, va trouver matière à satisfaction, quelques mois plus tard, puisque La Lune de Jupiter obtiendra des premiers prix, en septembre à Paris, lors de L’Etrange Festival 2017, et en octobre, en Catalogne, au 50e Festival de Sitges,  festival dédié au film fantastique.

    Tout en partageant l’avis de nombre de confrères sur un scénario pour le moins énigmatique, Télérama, sous la plume de Samuel Douhaire, écrira : « Il faut saluer le courage politique de Kornei Mundruczo, artiste en résistance dans un pays dirigé par le gouvernement le plus xénophobe, le plus réactionnaire d’Europe. Car son grand film aux allures de prophétie l’affirme avec force : l’avenir du Vieux Continent, sa chance, et peut-être même son salut, viendront des migrants »

     « Il était important pour moi, a dit Kornei Mundruczo, de considérer ce film comme une histoire européenne, ancrée dans une Europe en crise, notamment en Hongrie (…) Nous avons creusé la notion d’étranger en nous demandant qui est le véritable étranger. Tout est question de point de vue. Jupiter est assez éloignée de nous pour qu’on puisse se poser de nouvelles questions sur la foi, les miracles et la différence. ».

    On l’aura compris, la lune à laquelle fait référence ce réalisateur hongrois s’appelle Europe, l’une des nombreuses lunes de Jupiter découvertes par Galilée. Elle n’a donc strictement rien à voir avec notre Lune, même si cela nous amène à faire un rapprochement avec notre propre actualité.

    Le 14 mai 2017, trois jours avant l’ouverture du Festival de Cannes, nous nous donnions un nouveau Président, un Président jupitérien, un Président qui a mis le devenir de l’Europe au cœur de sa stratégie. J’entends la rengaine de ses détracteurs : « Il veut nous faire gober la Lune ».  Vu de notre chapelle, nous nous garderons de joindre notre voix. Donnons lui acte de cet engagement !  Donnons lui le temps nécessaire pour faire la preuve que sa stratégie est la bonne ! Reconnaissons que face à la problématique des migrants la partie est loin d’être gagnée ! Il faut qu’il réussisse, sinon…

    Mais, nous avons peut-être nous-mêmes un rôle à jouer ? Puisse la lumière de la Lune continuer à nous éclairer. On en reparle!

     

    Ode à Dame Lune


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