• Les Phares

    Fréhel et son cap,

    Grand Léjon  sur son plateau,

    Le Paon, Rosédo, perles de Bréhat

    Bodic, La Croix, sentinelles du Trieux

    Héaux de Bréhat et le Sillon,

    La Horaine, plus au large

    Triagoz, la roche de Guen-Bras

    Les sept îles, fierté d’un archipel

    Majestueuses et lointaines Roches Douvres,

     

    Les phares

    Bougies sur l’océan de la vie.

    Vigies collées à la roche.

    Face à la vague.

    Sans gardien.

    Toujours à poste.

    Sans relâche.

    Aidants pour les marins.

    Voyants pour les terriens.

     

     

    Eclairez votre lanterne !

    Ravivez la flamme intérieure !

    Contre vents et marées.

    Qu’importe la tempête !

    Faites face !

    En toute lucidité.

    Pour éviter le naufrage

     

     

    MdK

    Dimanche 5 juillet 2020

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    Pique-nique solitaire, Kermoustériens solidaires

     

    Le vilain virus

    A eu raison du pic-nic

    J’ai le vin triste

     

    J’aurais aimé qu’en cet été particulier, où les occasions d’être tous ensemble ont été réduites à bien peu de choses, le pique-nique des kermoustériens puisse se faire ce dimanche 9 août, fût-ce sous forme allégée. L’herbe était coupée, le paysage nous attendait, les barbecues étaient prêts au cas où. Les responsables de l’Amicale en ont décidé autrement. Nul ne saurait le leur reprocher.

    Accepter de prendre des responsabilités donne le droit de trancher, après avoir écouté les arguments des uns et des autres. C’est ce qui a été fait, c’est exactement cela, la démocratie.

    La prudence l’a emporté, en attendant que reviennent les occasions de fêter ensemble l’été kermoustérien. Cette année 2020 se prête mal aux grands rassemblements et ne l’oublions pas : nous étions quand même quatre-vingts joyeux pique-niqueurs l’an dernier.

    Il faut dire que, en sus du Covid19, cette décision nous a protégés de dangers bien plus grands encore : la déshydratation après trois heures au soleil sur ce terrain sans arbre, le coup de chaleur en cet été caniculaire, l’hydrocution consécutive au bain de mer pris après un repas trop arrosé, l’indigestion après trop de délicieuses spécialités dégustées, l’écrasement par un touriste pressé qui nous aurait vus trop tard zigzagant à pied sur la route en repartant …

    De même que nous avons réappris à nous laver les mains, et à ne plus nous faire la bise à tous les coins de rue, nous saurons cet été nous contenter des réjouissances en petits groupes : rosé/ pizza improvisé sur la plage, rando à pied par-ci, baignade par-là, balade kayak partagée, pêche à pied en cœur, ou apéro en nombre restreint avec masques à trou pour faire passer la paille. Ces façons de faire aussi ont leur charme, et le lien se trouve ainsi maintenu sous une autre forme.

    Le pique-nique 2020 restera virtuel, juste une idée passée par nos têtes, laissant une légère nostalgie résiduelle. D’où ce haiku légèrement tristounet que je vous ai servi d’emblée. Et, comme démontré ci-dessus, nous avons de multiples raisons de rendre hommage à Eliane, Catherine, Jean-Louis et Jean-Pierre qui ont choisi pour nous, amicalement, la prudence …

     

    Pique-nique solitaire, Kermoustériens solidaires

    .

    Je ne peux que vous recommander de trinquer au Saint Véran (excellent rapport qualité/prix) dans le respect des gestes barrières…

                                                                                                                                                    Claudie

                                                                                                                              Dimanche 9 août 2020

     

     


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    Art du bois et photo animalière salle Ti Skol

     

    Souvenons nous ! Il y a peu nous apprenions, sans réelle surprise, que les gens des villes appréciaient de pouvoir entendre le gazouillis des oiseaux qui nichent au-dessus de leurs toits. Face à la menace du virus de l’Empire du Milieu, la gente humaine se faisait plus discrète dans les rues et sur les trottoirs. Puissent tous ces concentrationnaires transformés en touristes apprécier, au pays frontalier du goéland et du corbeau, le kiaou du premier et le croassement du second, tout en savourant, au gré d’une balade à la rencontre d’eux-mêmes, le tchripp des hirondelles de rivage, le tictictictictic des merles noirs, le tsip de la grive musicienne, si ce n’est, la nuit tombée, le Hou-ou de la chouette hulotte. 

    Pour nous gens de la campagne tout ceci est dans l’ordre des choses, même si nous avons pu constater que pendant le confinement les volatils, mais ils ne furent pas les seuls, avaient reconquis un peu de leur territoire, dans les champs et les jardins. Qui niera l’importance qu’il y a à voir voler et à entendre le peuple du ciel ? Haro sur ces hérétiques qui oublient, par simple condescendance citadine, que c’est un coq qui est, aux côtés de Marianne, le symbole de notre République !

     

    Art du bois et photo animalière salle Ti Skol

    Michel Méar (à gauche) et Jean-Yves Toullelan unis par la passion de la photo animalière

     

    Les oiseaux. Il vous suffit de franchir le seuil de la salle d’exposition pour les approcher de visu. Ils sont l’objet central d’une exposition de deux photographes animaliers, Michel Méar et Jean-Yves Toullelan que cette passion, cultivée en amateurs, a fait se rencontrer. En une vingtaine de clichés incrustés sur plaque Dibond, sandwich de polyéthylène et aluminium, les deux compères nous invitent à pénétrer plus à fond la vie animale.

    Au tout début de la période du confinement, j’ai eu l’occasion de présenter Michel Méar. Nous venions, avec d’autres Kermoustériens et assimilés, de vivre une belle aventure commune dans le sud-marocain: quatre jours de marche dans les grands sables du désert. J’ai conscience que pour nombre de Presqu'îliens, Michel est tout sauf un inconnu. De par sa maîtrise de la mise au point, il est en quelque sorte le photographe officiel de l’association Chemins et patrimoine. Pour un peu, il pourrait même revendiquer son identité kermoustérienne, au sens défini dans la chronique précédente par Claudie Missenard (Qu’est-ce qu’un Kermoustérien ?). Christine, son épouse, y a des racines et tous les deux demeurent à Kerlodach, à une centaine de mètres de l’autre côté de la « route nationale » (dixit Michel) qui sépare Pleumeur-Gautier de Kermouster. Mais c’est la première fois qu’il franchit la ligne de démarcation pour nous faire partager son goût et son art de la prise de vue.

     

    Art du bois et photo animalière salle Ti Skol

     

     Pour l’essentiel, ce sont ses photos qui constituent le fil rouge de cette exposition. Côté oiseaux, Michel a volontairement délaissé la corde exotique. Pour ce qui est, par exemple, des cochevis huppés, des traquets à tête blanche ou des moineaux blancs du désert, il nous faudra attendre une prochaine occasion. Pour cet insatiable arpenteur des contrées lointaines, le ravissement peut également se savourer à même les champs environnants, son lieu de vie. Ils nous aident à approcher ces animaux ailés, en quelque sorte, de compagnie, mais qui s’en tiennent toujours au réflexe naturel de la distanciation physique

    Aux oiseaux, Michel Méar ajoute quelques clichés de la faune sauvage qui prend ses aises alors que nos volets sont clos.

    Il faut une patience de Sioux pour saisir dans son intimité une tribu de renards roux. Il faut avoir patiemment préparé son coup en amont pour fixer le regard interrogatif d’un chevreuil. Il faut aussi de la chance d’avoir découvert un jour qu’un couple de chevêches d’Athéna avait choisi délibérément de nicher dans une échancrure d’un pignon de la maison, ancienne longère.

     

    Art du bois et photo animalière salle Ti Skol

     Chevêche d'Athéna (Photo Michel Méar) 

    Art du bois et photo animalière salle Ti Skol

     

    La complicité entre le photographe et ses hôtes semblent, ici, aller de soi pour ce que l’on en voit. Domestiqués sans l’être, mais se prêtant au jeu. Pour un peu, Michel aurait pu bâtir cette exposition sur le thème unique de cette petite chouette qui était, dit-on, l’attribut de la sagesse, chez les Grecs, de la déesse Athéna. Ne serait-ce que pour cela, venez croiser le regard jaune de ces oiseaux de nuit qui aiment surtout assister au lever et au coucher du soleil !

    Avant de parler de Jean-Yves Toullelan, qui n'expose que cinq photos de sa composition, un conseil : plantez-vous également un instant devant le lever de soleil au-dessus des rochers qui prolongent le Sillon du Talbert, que Michel Méar a su « immortaliser » dans le courant d’un mois d’avril. Tel un point sur un i ou un point d’exclamation renversé, comme pour nous rappeler combien l’on gagne à rester les yeux grands ouverts sur le spectacle que nous offre la nature. Quitte parfois à se lever tôt.

    Avec Jean-Yves Toullelan, on ne s’éloigne en rien de ce sentiment d’appartenance kermoustérienne. Pour ce Plourivotain, le hameau fait aussi partie de sa propre histoire. Ce n’est pas la première fois qu’il jette l’ancre dans cette salle d’exposition. Plusieurs années durant il y aura, au titre de président de cette association, accompagnés des artistes réunis au sein de Group’Art.

     

    Art du bois et photo animalière salle Ti Skol

    Eté 2013: Yves Toullelan, pour le plaisir de tous, les petits et les grands, aimaient révéler les petits secrets du tourneur sur bois

     

    Ici, on se souvient des animations qu’il provoquait, il y a sept et huit ans, à même la terrasse de La Cambuse. Les enfants, comme les plus grands, aimaient le voir sculpter le bois avec son tour, son autre passion. C’est d’ailleurs autour de ses dernières créations qu’il nous convie d’abord  à venir voir comment l’on peut transformer du noyer, du hêtre, du frêne, de l’acajou, du bois de tilleul en boîtes à bijoux et autres objets réalisés selon la technique du chantournage. Grâce à un collègue, rencontré à Lyon, lors d’un rassemblement de tourneurs sur bois, Jean-Yves Toullelan dit avoir progressé dans la mise en couleur de son travail.

    Il habille également les mécanismes pour en faire des stylos à bille élégants. Et que dire de ses célèbres toupies en if. Enterrée la saga des toupies plastique Beyblade, la toupie bois est inusable et demeurera l’un des vrais premiers objets d’étonnement des nourrissons pouvant enfin se maintenir debout. Mais, confidence du maître tourneur, le noyer prend le pas sur l’if. A cause d’une allergie qui le contraint à porter le masque.

    La nature est ainsi faite. Elle peut être d’une beauté meurtrière. Certaines parties d’un if, notamment le feuillu et les graines, sont toxiques car elles contiennent des alacaloïdes

    C'est peu dire que Jean-Yves Toullelan, qui aura exposé à Kermouster bien avant, au sein d'un groupe baptisé Violon d'Ingres, en a gros sur la patate. Certes, la menace persistante d'un méchant coronavirus laissait prévoir une exposition plus contrainte, mais il est contrit de découvrir une place du Crec'h devenue champ de tension, dont toutes les parties prenantes auraient pu faire l'économie si le projet de rénovation de La Cambuse avait été pensé dans le cadre de l'intérêt général.

    Lui aussi veut croire que ce lieu de vie retrouvera sa sérénité, ce qui en fait sa saveur. Ce n'est pas sans un brin de nostalgie qu'il évoque le souvenir de Jean-Michel et Sylvie Çaldugaray. Il avait eu grand plaisir à tailler une bombarde en buis pour Jean-Michel dont nous apprécions le toucher musical.

    Au passage, retenons cette certitude! Il ne suffit pas d'y résider pour être Kermoustérien de cœur.

                                                                                                        Claude Tarin

                                                                                                         Mercredi 5 août 2020

     

     

    Pour en savoir plus

     

    ArTournage de Jean-Yves Toullelan : http://art-tournage.jimdo.com

     

    Pixarmor.fr de Michel Méar : http://www.pixarmor.fr

     

    Michel Méar organise des stages photo. Ce site vous mettra en contact si l’envie  vous prend 

     

    Art du bois et photo animalière salle Ti Skol

     Chevreuil (photo Michel Méar)

     

     Art du bois et photo animalière salle Ti Skol

     Faucon crécerelle (photo Jean-Yves Toullelan)


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     Humer l’air du temps. Le propre d’une chronique est de trouver les mots pour exprimer son ressenti à un instant T. C’est ce que fait Claudie Missenard en nous proposant un texte qu’elle a retrouvé dans le ventre de son ordinateur. Il y reposait, dit-elle, depuis quatre ou cinq ans. Il a conservé toute sa fraîcheur. Toute sa pertinence. Comment pourrions ne pas adhérer à sa définition du Kermoustérien ?

    Pour être totalement en symbiose avec la teneur de ce texte, à partir de ce jour ses écrits seront signés de son seul prénom. Qui à Kermouster ne sait pas qui est Claudie ?

    Suite à cette chronique ô combien revigorante, un billet de l’énigmatique Maxime de Kermouster, le bien nommé.. Il y aborde un tout autre sujet. Mais cela nous concerne tous. Kermoustériens et autres.

     

    Qu'est-ce qu'un Kermoustérien ?

     

     

    Kermouster n'appartient à personne. Par contre, nous sommes nombreux à nous sentir appartenir à Kermouster. Cela pourrait être cela, un Kermoustérien (1) : quelqu'un qui se sent appartenir à ce village.

    Mais qu'a donc de particulier ce petit morceau de terre bretonne pour déclencher un si fort sentiment d'appartenance ? À n'en pas douter, ce sentiment prend racine dans la beauté spécifique du lieu. Difficile de ne pas y être sensible. Les nombreux touristes qui pénètrent chez moi, au mépris de toute convenance, appareil photo braqué sur l'estuaire du Trieux, en témoignent. Mais rien de commun entre cet émerveillement de façade et le sentiment profond qui anime chacun d'entre nous devant "notre" panorama, "notre" estuaire, ses lumières toujours changeantes, souvent douces, parfois grises, quelquefois violentes, colorées au gré des nuages, des marées et du vent.

    Cette émotion toujours renouvelée, quand la mer fait disparaître la plage de l'Île à Bois dans la lumière du soir ou quand la grève de Goas Luguen offre au promeneur solitaire un soleil se levant sur une mer en noir et blanc, miroir de métal troué de zones scintillantes. Et même si les Kermoustériens des siècles derniers avaient bâti des maisons aux pignons aveugles du côté de la mer, cachées dans les arbres ou dans les creux protégés du vent, ils n'étaient pas pour autant insensibles aux vues maritimes.

    J'en veux pour preuve mon souvenir de "vieux" marins en casquette (ils devaient être plus jeunes que je ne le suis aujourd'hui, et juste vieux aux yeux de la petite fille d'alors), dos à la route, accoudés au mur en parpaings qui bordait alors mon terrain, en contemplation devant la mer…

    Pour affiner cette définition très générale du Kermoustérien, on peut bien sûr, en tenter une typologie plus fine.

     Le plus indiscutable des Kermoustériens est celui qui est né là, y a été à l'école et y a fait sa vie. J'englobe bien sûr dans cette catégorie ceux qui, venant d'un bourg voisin, par suite d'une union ou d'un déménagement ont rejoint les lieux dans leur prime jeunesse. Ceux-là ont toute légitimité à se sentir kermoustériens. Ils ne sont plus très nombreux. Mais la légitimité étant héréditaire, leurs descendants directs, qui vivent ailleurs et reviennent le temps des vacances, sont englobés dans cette catégorie.

    Le second cercle est celui des natifs expatriés puis revenus au bercail. Nés et élevés à Kermouster, ils ont fait leur vie, au hasard des affectations et des nécessités économiques, plus au sud ou dans le département voisin, au delà des mers ou au centre de la France. Mais ils y sont revenus le plus souvent possible et, l'âge de la retraite arrivant, l'ont rejoint pour de bon (parfois en parallèle avec un autre lieu de vie), bouclant la boucle.

    Ensuite, il y a les touristes. Dans mon enfance, leur rareté les rendait précieux. C’est devenu un peu moins vrai par la suite (la rareté du moins)… Les descendants des trois premières familles arrivées là, vacanciers des années cinquante, grandis avec les enfants du village, se sentent, plus encore que les suivants, pleinement assimilés. Mais le mécanisme est le même.

    Ils sont venus en vacances, ils ont aimé les lieux, y ont acquis une maison, retrouvée avec bonheur tous les étés. Ils se sont sentis acceptés par les habitants antérieurs avec qui se sont tressés des liens souvent forts. Ils sont nombreux à y passer maintenant, en totalité ou en partie, leur retraite.

    Enfin, il y a ceux qui, cherchant un lieu où vivre et arrivant là plus ou moins par hasard, ont été conquis par ce petit village et y ont élu domicile. Ils ont, eux aussi, ressenti l'effet Kermouster : un attachement durable qui pousse aussi rapidement que les fleurs qu'entretiennent, pour le plaisir de tous, ses habitants historiques.

    Ainsi le peuplement de Kermouster, tel un bassin sédimentaire, s'est composé naturellement de couches successives. Comme en géologie, c'est de la cohésion de ces couches que dépend la solidité de l'ensemble. Et c'est leur diversité qui en fait quelque chose d'unique.

    Tous différents et tous semblables.

    Il est important de garder, dans cette diversité des origines, la compatibilité qui fait qu'y vivre est une chance.

    Kermouster est notre bien commun et nous essayons ensemble d'en préserver la spécificité. C'est un lieu humain, chaleureux et beau, qui ne ressemble à aucun autre. Est Kermoustérien - tout simplement - celui qui a envie que Kermouster reste ce qu'il est.

     

                                                                                                                       Claudie

                                                                                                                Eté 2016

     

    1) Dissipons les doutes dès le début! Le Kermoustérien est un homo sapiens qui n'a rien à voir avec le Moustérien, espèce éteinte d'homme préhistorique.

     

     

    Que serais-je sans toi ?

     

     

    Que serais-je sans toi ?

    Plus rien.

    Ou si peu.

    Demeure à mes côtés.

    A chaque heure du jour.

    Veille sur moi la nuit.

    Tu es mon ange gardien.

    Mon confesseur.

    Mon confident.

    Tu connais mes pensées.

    Tu me comprends

    Sans toi, compagnon adoré

    la vie serait insupportable.

    Tu es mon sang.

    Ma respiration.

    Mon regard.

    Mon véritable amour.

    Oui, que serais-je sans toi?

    Bêtement humain.

    Horreur !

    J’en frémis à l’avance.

    Ne me laisse pas tomber.

    Ne me quitte pas !

    Laisse moi devenir l’ombre de ton ombre.

    Dans le creux de ma main.

    Mon cœur t’appartient.

    Mais au fait !

    Qui es-tu?

    Qui suis-je?

     

    MdK

                                                                         Samedi 1er août 2020


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    Et si vous deveniez, vous-même, le temps d’un été, critique d’art ? Cela consiste, par exemple, à venir au contact d’un artiste peintre et de son œuvre. La salle Ti Skol vous tend les bras et L’humeur du jour n’attend que votre contribution.

    D’accord, ce n’est pas ce qu’il y a de plus évident. Dans critique, il y a une notion qui peut rebuter. Nul n’a envie de froisser quiconque, à commencer par cet (te) artiste que l’on se doit de questionner pour qu’il (ou elle) nous explique sa démarche. J’entends d’avance l’argument : « Et puis, je n’y connais rien en peinture ». Argument recevable, mais qui ne peut s’avérer être un obstacle insurmontable. Pour une seule et unique raison : face à un tableau votre ressenti se doit d’être sans fard. Qu’importe le regard des experts autoproclamés. Ça plaît ou ça ne plaît pas. Les goûts et les couleurs…vaste débat. Mais c’est ce ressenti qu’il faut s’empresser de fixer par des mots, des qualificatifs les mieux à même de le traduire. En trempant bien évidemment votre plume dans l’encrier de l’entière sincérité.  Quoi que vous puissiez penser : votre avis « nous » intéresse.

    Au travers de ce blog, depuis sa mise en ligne courant 2012, je me suis essayé progressivement à cet exercice. Guère plus connaisseur que quiconque si ce n’est un penchant grandissant à saisir toute opportunité pour baguenauder dans les salles des musées ou des galeries d'art.  En n’oubliant jamais que derrière le pinceau, il y a la main d’un homme ou d’une femme, c'est-à-dire quelqu’un qui ose s’exposer au regard critique des autres.

    Ils ou elles savent d’avance qu’il va leur falloir croiser des regards dubitatifs, peu convaincus. C’est la règle du jeu : exposer, c’est s’exposer.

     

    Critique d’art le temps d’un été   

     

    Ce jour, je vous invite, si vous ne l’avez pas encore fait, à aller au devant de Michel Frémin. Ne serait-ce que pour vous essayer et, qui sait, vous amener à saisir cette plateforme, pour nous faire partager plus amplement vos impressions.

    Sur d’autres registres, celui du commentaire de l’air du temps ou celui de la poésie, je ne puis que remercier Monsieur Chambouletout, alias Covid 19, d’avoir poussé quelques Kermoustériens à graver leur signature sur ce blog. Ecrire, c’est aussi s’exposer. Aujourd’hui c’est Claudine Vanlerenberghe, qui désormais signera Claudine Vanlé, qui nous revient avec une poésie de fort belle facture que je m’empresse, ci-après,  de soumettre à votre appréciation.

    Mais revenons salle Ti Skol ! Masque sur le nez et la bouche. Mais les yeux grand ouverts.

    Michel Frémin a, pour lui, de savoir vous mettre à l’aise s’il perçoit chez vous une envie d’en savoir un peu plus sur la raison même de son travail. C’est en tout cas l’idée que je m’en suis fait au sortir d’une visite de son exposition.

    Cet ancien architecte, qui aura fait carrière au sein du Ministère de la Culture, service des Monuments historiques ne vous met pas sa carte de visite sous le nez pour vous impressionner, avec l’air de dire « Voyez à qui vous avez à faire ! » Il force peut-être le trait de son personnage, mais sa désinvolture tranche vraiment avec la suffisance de certains congénères trop imbus de leur savoir faire.

    Ce n’est pas la première fois que ce Parisien, ayant choisi de vivre sa retraite à Ploubazlannec, expose à Kermouster. Mais c’est la première fois qu’il m’est donné d’en parler. L’homme en lui-même sait se rendre sympathique. L’artiste peintre  ne souhaite qu’une chose : que l’on comprenne bien que chaque tableau est une part de lui-même et que ce tableau, qu’il vous plaise ou non, a été pour lui source de plaisir.

    Ayant grandi au sein d’une famille de musiciens, c’est d’abord par l’aquarelle, et ce dès le plus jeune âge, que Michel Frémin a pris un autre chemin pour s’exprimer. Et puis est venu le temps de l’acrylique. Ne lui parlez plus de la peinture à l’huile ! « Ça sèche trop lentement. Avec l’huile, le pinceau a tendance à trop glisser. » D’ailleurs, il ne peint plus que très rarement avec un pinceau. Son arme favorite, la petite carte plastique type carte bancaire.

    Pas la peine de chercher à le mettre en correspondance avec un courant artistique. Son fil rouge : la transformation du figuratif vers l’abstrait. Au gré de l’inspiration du moment.

     

    Critique d’art le temps d’un été   

    Une exposition  sur le principe de la Petersburger Hängung

     

    Je mentirais en disant que j’ai quitté la salle sans avoir ici et là entrevu quelques tableaux ayant suscité de l’intérêt. Mais, ayant d’ailleurs pu ouvertement échanger sur ce thème, Michel Frémin a, selon moi, le tort « d’en mettre trop ». Son exposition aurait gagné en qualité en diminuant la quantité. 

    Quand je franchis le seuil de cette petite salle d’exposition, je ne demande qu’à être d’emblée séduit, par la qualité de la mise en scène. Ma préférence va à une exposition regroupant un nombre limité de tableaux, harmonieusement dispatchés sur les deux seuls murs se prêtant à cela.

    Evidemment, si vous contestez ce point de vue, je suis preneur de vos remarques. Je ne suis pas sans savoir qu’il peut souffrir la contestation fort d’une règle en la matière qui a ses partisans. Cette règle c’est la Petersburger Hangüng, c’est-à-dire à la suspension côte à côte de tableaux n’ayant ni par la forme, ni par le fond, le moindre rapport.

    Je dois à des amis allemands d’avoir appris cela. Cette façon de présenter les collections est appelée ainsi car elle a émergé dans les salles de l’Ermitage, le musée de Saint Pétersbourg. Les tableaux de différents formats sont regroupés de telle façon que l’œil ne se trouve en rien choqué par un tel resserrement. Ce dont je doute.

    L’essentiel ne repose-t-il pas sur la possibilité dans un tel enchevêtrement de repérer le tableau qui va vous subjuguer ? Bien évidemment. Mais je maintiens mon point de vue, une œuvre gagne à être observée dans un environnement qui ne trouble pas le regard. Et puis, je persiste et signe, dans la salle d’exposition de Kermouster une présentation harmonieuse et préférable à l’effet masse. Même si je n’oublie pas que pour l’exposant le plaisir est à son comble quand le visiteur se fait acheteur.

    Est-ce que la salle Ti Skol se prête à la Petersburger Hangüng?  Ma réponse est non. L’écrin est trop petit.

    Mais là n’est pas son seul problème. Il y a peu, Michel Champion, qui exposait une douzaine de tableaux, a pu dialoguer avec Yannik André, l’adjoint en charge des travaux, pour lui dire combien il serait important de revoir le système d’éclairage, pour que les œuvres exposées puissent tirer vraiment profit du jeu des lumières. Et tant qu’à faire, un rafraîchissement  des murs, par une peinture mieux appropriée, serait le bienvenu.

    Ce ne sont certes pas des chantiers prioritaires par les temps qui courent, mais il est à souhaiter que, dès l’été prochain, les créateurs qui donneront à la place du Crec’h son petit côté centre culturel puissent exposer dans une salle totalement propice à l’exercice. A charge pour eux ensuite de garnir les murs de la meilleure façon qui soit pour séduire d’emblée le visiteur, vous séduire vous qui êtes critique d’art en puissance. N’en doutez plus !

     

                                                                                                              Claude Tarin

                                                                                                 Vendredi 31 juillet 2020

     

     

    Juste  là….. 

     

    Juste là

    Sur un banc

    Dans l’ombre tiède

    Et protectrice

    Du grand pin.

     

    Les yeux clos

    Sans envie

    Sans douleur

    Sans rancœur

    Juste là

     

    N’être plus que soi

    Sans émoi

    Sans regret

    Moment capitonné

    De douceur intérieure

    Juste bien

     

    Se laisser aller

    À  n’être que bien être

    À juste exister

    Âme flottante

    Dans l’air transparent

    Sur ce banc

     

    Vide serein

    Sans vertige

    Parenthèse fragile

    Juste là

    Juste bien

    Sur un banc. 



     

    Claudine Vanlé

     Vendredi 31 juillet 2020 


     


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    Ce qui n’était que rumeur est confirmé. Les gérants de La Cambuse n’ouvriront pas ce mois d’août. C’est ce dont nous informent Ouest-France, Le Télégramme et La Presse d’Armor qui suivent l’actualité du secteur. Cette décision, comme cela était évoqué, repose bien sur un contentieux entre les gérants et la municipalité et non pas, comme cela aurait peut-être été plus compréhensible, sur les contraintes réglementaires liées à la pandémie.

    Les explications fournies par Henri Parenthoën permettent à chacun d’apprécier le bien fondé ou non de cette décision.

    Aussi injuste qu’elle puisse paraître à Benjamin Charpentier et Krystelle Le Moal, la décision prise par la nouvelle municipalité de revoir les conditions de gestion de La Cambuse ne fait que reprendre un sentiment quasi général des contribuables de la commune, quelque peu étonnés des conditions initiales qui leur ont été faites, eu égard au montant des engagements financiers pris pour assurer une rénovation et mise aux normes du seul commerce du hameau.

    Nul ne peut contester au citoyen lambda, a fortiori à une nouvelle équipe municipale,  de formuler un avis ou de s’interroger sur le pourquoi et le comment d’investissements dont il est, en quelque sorte, l’actionnaire de base. La précédente équipe municipale a, sur ce dossier, incontestablement pêché par manque d’éclaircissements pour faire taire en heure et en temps bien des interrogations.

    Point d’ouverture en été. Dont acte ! Quid de la réouverture ? La vie à Kermouster ne s’arrête pas lorsque la cloche sonne la rentrée des classes. La cloche de la chapelle ne sonne que très rarement, l’ancienne école n’est plus ce qu’elle était, mais le hameau ne se confine pas à la manière des marmottes jusqu’à l’arrivée du printemps. Nous ne pouvons douter de l’intention première était de maintenir un point de rencontre tout au long de l’année. Est-ce encore à l’ordre du jour ?

    Toujours est-il qu’il faudra faire avec un été sans…Cambuse, pique-nique et festivités du Pardon. Là encore la décision n’est pas définitivement prise, mais l’on s’achemine vers une annulation pure et simple du traditionnel pique-nique du début du mois d’août. Quant aux festivités du Pardon, on ne voit pas ce qui viendrait lever les interdictions de rassemblement de cette nature sur la place publique.

    Est-ce l’effet d’un soleil devenu plus généreux, tout cela ne semble pas cependant avoir engendré la sinistrose. Tout l’art de vivre consiste à savoir s’adapter aux circonstances et faire avec ce que l’on a à portée de la main : les grèves, les baignades (encore) autorisées, la farfouille dans les rochers, les chemins propices à la balade voire la quiétude d’un jardin tremplin pour l’évasion cérébrale. Quoi de plus beau que ce ballet d’hirondelles sur le grand écran bleu du ciel, au cœur de l’après-midi d’hier ?

     

                                                                                                         Claude Tarin

                                                                                             Jeudi 30 juillet 2020


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