• Les ex-voto ont regagné leur port d’attache

    Les ex-voto ont regagné leur port d’attache

    Le quatre mâts, les trois mâts carrés  et le galion « La Marya » ont retrouvé leur place dans la chapelle. Ils sont à nouveau placés sous une quadruple protection, celle de la Vierge, en toute priorité, comme le veut la tradition, celles de Saint Modez, de Saint Nicolas…et d’une vitrine. Les ex-voto ont rejoint leur port d’attache le jour même où nous étions conviés à prendre connaissance des rapports d’étude réalisés par les trois experts mandatés par la commune pour établir un  état général du patrimoine culturel des lieux.

     Si les maquettes de bateaux ont déjà fait l’objet d’un traitement curatif, la question de leur conservation demeure, voire de leur restauration. Il en va de même pour les statues, la chaire, le confessionnal et le retable. Il appartient désormais à la mairie, mais également à la communauté de communes, de réfléchir à ce qu’il convient de mettre au pot pour redonner à ce patrimoine culturel tout le lustre souhaitable, sachant que l’Etat, la Région et le Département ne seraient pas sans participer à l’opération. C’est ce que n’aura pas été sans rappeler à nos élus Christine Jablonsky, la conservatrice des monuments historiques da la Direction régionale des affaires culturelles venue assister à cette réunion d’information.

     

    Coques et mâtures en bon état

    Les ex-voto ont regagné leur port d’attache

     

    Pour ce qui concerne, les ex-voto, Agnès Blossier, spécialiste de la restauration de ce type d’objets, dresse, somme toute, un bilan quelque peu rassurant. Hormis l’état des gréements, les coques et les mâtures n’ont pas trop souffert de l’épreuve du temps. Même La Marya, le navire amiral de cette armada, ne se porte pas aussi mal qu’on pouvait le penser.  

    A la question venue de l’assistance, s’étonnant que les ex-voto ne soient pas suspendus à un câble, comme cela se fait dans d’autres églises, la réponse a été la suivante : primo, la vitrine est un obstacle à la prise en main par les visiteurs, voire au vol à la sauvette; secundo, elle protège l’objet de la poussière. Pour autant, il conviendra de mettre en place un déshumidificateur d’air pour éviter le retour des moisissures.

     

    Le retable a perdu ses dorures

     

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    Pour ce qui concerne le retable, même constat rassurant établi conjointement par Syvain Sury, de l’Atelier du Vieux Presbytère de Lanvellec et Marie Gouret de l’Atelier de Conservation Restauration Polychromie d’Angers.

    L’ébéniste a posé son diagnostic sur la structure bois proprement dite, sa collègue ayant pour sa part analysé les différentes couches de peinture, car, à son origine, cela nous a été confirmé, le retable était entièrement doré. Mais avant d’avoir l’aspect que nous lui connaissons, il avait déjà fait l’objet entre-temps d’une transformation, plus en phase avec ce qui se faisait alors dans les lieux de culte: fleurs en bleu, feuilles et moulures en jaune et angelots aux joues rougissantes.

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    Si ce meuble, qui n’a pas trop souffert des insectes xylophages, doit faire l’objet d’une attention soutenue, il ne faut guère s’attendre à ce qu’il recouvre son aspect polychrome. L’opération n’est peut-être pas impossible à mener, mais il n’est pas sûr que le jeu en vaille la chandelle compte tenu du coût des travaux qu’il faudrait mener.

    Concernant le statuaire, là encore les conclusions de Marie Gouret, qui est venue sur place avec son collègue breton courant mai, ne sont en rien alarmistes. A part celle représentant Saint Bothmaël, toutes les statues polychromes qui reposent sur un socle en granit sont en relative bonne santé. Même celles de Saint Modez et Saint Nicolas qui entourent le retable. Mais, là aussi, sans écarter, au cas par cas, l’idée d’une restauration, il va falloir améliorer les conditions de conservation. Et d’une manière générale, renforcer le système de sécurité des lieux.

    Ce n’est pas un keffieh !

     

    Les ex-voto ont regagné leur port d’attache

    Cette réunion ouverte au public nous amène à faire amende honorable. même si nous n’étions pas les premiers à le clamer haut et fort. Jusqu’à ce jeudi 7 juin 2018 nous affirmions, mordicus, que le Christ en croix suspendu au dessus de la nef est coiffé d’un keffieh. Avec pour commentaire ne reposant sur aucun écrit : ce  Christ est l’œuvre d’un artiste ayant participé aux croisades.

    Force est de nous ranger à l’avis des experts. Sa longue chevelure pouvant nous faire penser au foulard des bédouins a tout simplement perdu ses couleurs d’origine. Dont acte !

     

     

    Les métamorphoses de La Marya

     

    Les ex-voto ont regagné leur port d’attache

    Ses 18 canons par bordé ont-ils été dissuasifs ?  La Marya, qui fête cette année son 367e anniversaire, a su résister aux attaques des insectes xylophages. En tout cas, depuis sa dernière restauration de 1989. C’est ce qui ressort de l’expertise  effectuée par Agnès Blossier dans son atelier de Tours. L’état structurel de la coque est bon. L’état de surface est assez satisfaisant.

    Après lui avoir fait subir, comme aux autres maquettes de bateau, un nettoyage en règle à force de compresses de coton et un traitement antifongique, la conservatrice restauratrice lui a redonné suffisamment de vigueur pour un nouveau bail dont la durée sera directement proportionnelle aux moyens qui vont être mis en œuvre. Il faut, notamment, lui permettre de naviguer dans l’atmosphère la plus pure qui soit.

    Les ex-voto ont regagné leur port d’attache

    Mais, Agnès Blossier le laisse entendre, aucune proposition de retour à un état antérieur ne peut plus être mise en œuvre. Car, comme le retable, La Marya a connu des périodes plus pimpantes. La coque a été repeinte, au moins à quatre reprises. C’est ce qui nous a été donné à comprendre au travers de la projection sur écran  d’un document illustrant le propos.

    En un peu moins de quatre siècles, La Marya serait passée du vert au rouge après le jaune et le bleu. C’est ce qui est le plus vraisemblable car, en la matière, il est difficile de cerner l’exacte vérité. Il semble pourtant acquis que ce sont les remèdes de 1989 qui ont le plus altéré la polychromie, par l’application d’un « jus blanc », dans l’intention louable de donner de la patine à la maquette.

    Autre information à retenir : le gréement de ce qui est, peut-être, le plus vieux ex-voto de France a été entièrement recréé en 1989. Si elle reconnaît le savoir faire et le haut degré de technicité du restaurateur, Agnès Blossier souligne son caractère radical, c’est-à-dire irréversible.

    Considérant l’objet dans sa globalité, la conservatrice restauratrice de Tours  estime qu’aucune proposition de retour à un état antérieur ne peut plus être émise. Le meilleur parti à prendre est de conserver cet objet « dans les meilleures conditions possibles ».

     

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