• La corde sendible de H.Robert

    La corde sendible de H.Robert

    H.Robert ? Henri, Hervé, Honoré ? Ou bien est-ce Robert le prénom d’un nom qui ne se révèle pas ? Sur ses origines, H.Robert se montre peu enclin à lever le voile. Quel âge ? Et d’où venez vous ? C’est à peine si on l’entend susurrer Paris. Et pour le reste, à nous de comprendre, par nous même, ce qui fait l’intérêt d’être venu écouter un artiste qui consent tout juste à vous dire, du bout des lèvres, qu’il s’est laissé porter, guitare en bandoulière, par le vent de mai 68.

    Simple pudeur ? Cela nous semble paradoxal alors que fleurissent sur les murs et vitrines vos affiches. Un concert, cela s’annonce. Surtout quand on ne peut pas trop compter sur le relais des grands médias. Malgré la qualité de son répertoire, cet auteur compositeur doit en effet se battre avec les moyens du bord et, peut-être, faire sauter un premier obstacle, celui de nous laisser à penser qu’il va nous faire du Brassens, puisqu’il lui ressemble tant physiquement.

    Qu’importe après tout cette volonté de ne pas en dire plus ! Comment ne pas lui en donner raison ?  Tout artiste, lâche-t-il, se doit d’abord d’être apprécié d’abord par son œuvre. Ce jeudi 10 août, bien que jouant devant une trentaine de personnes, H.Robert a donné le meilleur de lui-même et su toucher son public d’un soir, avec ses propres textes. Il s’était déjà produit l’an passé dans ce lieu, à la même époque.

     

    Aimer et vieillir

    La corde sendible de H.Robert

     H.Robert fait vibrer la corde sensible. Autour de deux verbes principaux : aimer et vieillir. Il faut lui reconnaître le talent d’avoir su, sur ces thèmes récurrents, proposer sa propre version sans tomber dans le plagiat. Brassens a chanté sur le boulevard du temps qui passe, Jacques Brel aussi et nous ne citons là que deux grands noms de la chanson française.

    D’aucuns se souviennent peut-être de la polémique que souleva Pierre Delanoë, le parolier de Gilbert Bécaud, de Michel Sardou et d’une foultitude d’interprètes. Pour contrer le côté qu’il jugeait inadmissible des Vieux de Brel, il avait concocté un texte qui se voulait plus enthousiasmant, Les Vieux mariés, que Sardou s’empressa de défendre. Alors que le tic tac de la pendule d’argent qui ronronne, qui dit oui qui dit non, se fait de plus en plus rare dans les salons, télévision oblige, la vieillesse demeure une source d’inspiration pour tout poète qui nourrit la strophe du sens de la vie.

    A mémère, La vieille photo, Si un jour, La maison de retraite, Entre l’espoir et le chagrin, sous ces titres H.Robert nous fait passer de la peur de mourir au désir de vivre, avec un fort parfum de nostalgie et de rêves d’enfant. « Mourir cela n’est rien, mourir la belle affaire, mais vieillir…ô vieillir » a clamé à nouveau Jacques Brel dans Vieillir. H.Robert lui aussi nous interpelle à travers cette vieille femme qui s’accroche à son chez elle et que l’on visite parce qu’il faut venir la voir, alors que, désormais, l’on meurt, seul et dans l’indifférence, la plupart du temps « dans des draps étrangers ». Cette vieille femme a les traits de la Mamma que Charles Aznavour a magnifié sur un texte d’Albert Gall.

     

    A tort « poétiquement incorrect »

     

    La corde sendible de H.Robert

    Avec « aimer »  H.Robert ne commet pas l’erreur de se fourvoyer dans les ornières à l’eau de rose. « Amour, toujours » ne s’inscrit pas dans une poésie qui se dit à tort, selon nous, incorrecte (titre de son dernier album). Non ! Il n’est pas incorrect de chanter l’amour de l’autre, l’amour des autres, la tolérance et de fustiger la xénophobie sous-jacente. Bien au contraire ! Il faut enfoncer le clou !

     H.Robert n’a pas vocation à chanter sous le regard des saints mais, les circonstances étant ce qu’elles sont, à même le chœur de la chapelle, il était bien dans l’esprit qui sied à un tel lieu.

    Si le nombre ne fait rien à l’affaire, on ne peut s’empêcher de penser que tout artiste qui se produit sur scène souhaite avant tout à le faire devant le plus grand nombre. Nous ne sommes pas à même de jauger le ressenti qu’il éprouve quand le public n’est pas au rendez-vous. Tout le talent consiste certainement, et ce fut le cas ce samedi 12 août, à faire comme si de rien. Il faut alors puiser dans ses tripes le plaisir de chanter.

    Si déception il a pu y avoir, H.Robert gardera certainement un bon souvenir de ce nouveau passage à Kermouster. Un bon tiers de l’assistance était composé d’une dizaine de jeunes gens n’ayant pas encore tous franchi le cap des vingt ans et ce sont ces jeunes qui se sont empressés d’aller le féliciter après qu’il en eut fini avec « Je n’étais qu’un petit bonhomme », en guise de bis.  H.Robert a reçu là un encouragement à continuer à battre les estrades. Ce n’est que mérité.

     

     

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