• La chapelle sous les baguettes des sourciers

    Les sourciers

    Ce jour, on prend le risque de ne pas se faire que des amis, voire d’en perdre, mais comment pourrions nous taire encore notre scepticisme face à la pseudo science des sourciers. Et pourtant, nous ne pouvons le nier, nous avons été récemment bluffés par cette capacité qu’ont certaines personnes à capter, si ce n’est la présence d’eau souterraine, les effets des ondes électromagnétiques.

    Ainsi, le dimanche matin 18 septembre,  lors de la journée du patrimoine, c’est Robert Mouly qui s’est révélé maître en la matière. Devant un groupe de visiteurs médusés, il a sorti pendule et baguettes pour indiquer à son auditoire que sous cet édifice religieux il y avait des nappes d’eau tout autour de la chapelle.

    Nous en serions peut-être restés là si, quelques jours plus tard, un ami de l’Orne, venu nous rendre visite, n’avait pas révélé lui aussi son attrait pour les énergies telluriques et, par là-même, réveillé en nous l'envie de "creuser cette affaire"..

    Les sourciers

    André, que nous savions passionné par tout ce qui concerne les églises médiévales, aime savoir où il met les pieds. Depuis qu’il a mis le nez dans un livre d’Henri Vincenot, Le Pape des escargots, dont le personnage central, La Gazette, est un « trouveur d’eau », il trimballe toujours avec lui ses baguettes. Celles-ci, les mêmes que celles de Robert Mouly, n’ont plus rien à voir avec la traditionnelle branche de coudrier, en forme de Y. Ce sont des baguettes en laiton, avec poignée pivotante, que l’on tient à bout de bras, parallèlement, en serrant les coudes sur le torse.

    Aux endroits où Robert Mouly avait décelé la présence de l’eau, les baguettes de « Dédé » se sont elles aussi agitées. Mais, cette fois, la démonstration s’est poursuivie à l’intérieur d’une chapelle baignant dans le silence. Ayant pu récupérer les clefs pour permettre à ce passionné du Moyen Age d’en découvrir les richesses patrimoniales, notre ami ornais s’est empressé de sonder l’édifice. Et pour lui, baguettes frétillantes à l’appui, la chapelle est bien, comme il en était convaincu d’avance, sous influence des  réseaux Hartmann et Curry et là où il y a de l’eau le corps ressent plus fortement  l’effet des ondes électromagnétiques.  

    Nous ne sommes pas experts en géobiologie, la science qui étudie les influences des ondes électromagnétiques qui émanent de la terre, les fameux courants telluriques. Les noms d’Ernst Hartmann et de Manifed Curry nous étaient jusqu’à ce jour inconnus. Celui d’Yves Rocard, non. Et pour cause, le père de Michel Rocard est à juste titre considéré comme étant aussi le père de la première bombe atomique française. Son nom nichait dans un coin de la mémoire. Mais nous ignorions tout de ses travaux se rapportant aux sourciers. Avant d’écrire ces lignes, nous avons donc cherché à en savoir plus et si le sujet vous passionne n’hésitez pas à approfondir la question car il donne toujours lieu à débat si ce n’est à controverse.

    Nous retenons pour notre part une des conclusions du professeur Yves Rocard, qui figure, d après les sources consultées, dans un ouvrage qu’il a écrit en 1969 (Le signal du sourcier). Pour lui, ce n’est pas l’eau qui provoque la vibration de la baguette mais une perturbation locale du champ magnétique terrestre. Il ne fait aucun doute selon lui que nous n’avons pas tous la même  sensibilité à ces effets. Qui plus est, celle-ci varie selon les moments.

    Ainsi, là où notre ami sourcier a ressenti une forte « décharge » (à même le chœur), nous sommes navrés d’avoir à dire que nous n’avons pas senti les pulsions de la terre.  Aucune statue de Saint Thomas dans la chapelle, mais pour nous aussi le doute est consubstantiel à notre façon d’être. .

    Nous sommes convaincus que nos réserves ne suffiront pas à convaincre notre ami qu’il lui faut remiser ses baguettes dans l’armoire aux souvenirs. Nous manquons d’arguments pour cela. Nous le savons méthodique et rigoureux, ne confondant pas son art de la sourcellerie – on parle aujourd’hui de radiesthésie - avec la sorcellerie. Son érudition en matière de géologie et de l’histoire des sites religieux  est un gage de sérieux. Aussi nous ne demandons qu’à le croire quand il dit que la chapelle de Kermouster, du moins l’oratoire des débuts, a été construit sur un lieu où se trouvaient des vestiges d’un culte remontant quasiment au Paléolithique.

    En naviguant sur la toile nous avons capté plusieurs sources (écrites !) qui recoupent cette information. Dans les temps lointains, les hommes avaient déjà une connaissance intuitive dans le domaine du géomagnétisme et selon certains chercheurs dolmens et menhirs n’étaient pas implantés au hasard de l’humeur du jour. On peut même penser qu’à l’époque d’un César triomphant, il se trouvait ici un druide pour officier. Il y a peu encore, Kermouster cultivait la réputation de « village gaulois ». Voici une suggestion qui risque de conforter cette image.

    Qu’on se rassure toutefois ! Bien que militant pour la sauvegarde du patrimoine de cette chapelle, nous n’irons pas jusqu’à suggérer que l’on procède à des forages pour trouver une éventuelle trace de « potion magique », ni pour valider l’existence d’une  source d’eau. L’environnement immédiat (le lavoir, la fontaine) tend à prouver que cette hypothèse n’est en rien farfelue.

    Pour conclure voici deux autres ouvrages que notre ami sourcier recommande de lire, si tant est que vous ayez l’envie de devenir sourcier, vous aussi : Les réseaux géobiologiques du Docteur Ernst Hartmann par Gilbert Fleck et Jean-Pierre Garel (Editions 3 fontaines) et Le grand livre des sourciers par Anne Jaeger-Nosal (Editions de Vacchi)

     

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