• Chapelle : trop de concerts dans le même espace temps ?

    Chapelle : trop de concerts dans le même espace temps ?

    Il conviendrait, selon nous, que les conseillers en charge de l’animation culturelle puissent peser le plus possible sur la programmation des concerts dans la chapelle de  Kermouster. Ne serait-ce que pour attirer l’attention des artistes sur les risques qu’ils prennent à vouloir s’exprimer à certaines dates.

    La tâche n’est certes pas aisée, puisqu’elle peut vous faire tomber dans l’arbitraire. Pourquoi lui et pas cet autre ? Mais il faut absolument, dans leur propre intérêt, les alerter, plutôt deux fois qu’une, sur la possible déception d’avoir à se produire devant un public clairsemé, comme ce fut encore le cas, ce samedi soir 12 août, pour le concert de Dominique Brune, un interprète de la belle chanson française.

    Deux jours après le concert du chanteur poète H.Robert, l’espace temps était d’évidence beaucoup trop réduit, d’autant plus qu’à six kilomètres à vol d’oiseau, ce même soir, les quais de Paimpol regorgeaient de groupes musicaux largement plébiscités par la foule. Or, nul ne pouvait ignorer les dates des Chants de marins, a fortiori tous les baladins des temps modernes qui veulent pouvoir tirer profit de la période estivale. Comment penser que les résidents de Kermouster puissent, comme tant d’autres, échapper au magnétisme de ce festival, le hameau n’étant qu’à quelques encablures de l’épicentre de cette manifestation populaire.

    Pour ces artistes, qui n’ont pas l’heur de figurer au générique des variétés télévisées, les chapelles bretonnes peuvent être des chambres d’écho réconfortantes, mais, force est de le constater, trop souvent l’étape kermoustérienne n’est pas des plus satisfaisantes à l’heure des comptes.

     

    Dominique Brune y a fait revivre Jacques Brel, une de ses idoles

    Chapelle : trop de concerts dans le même espace temps ?

     

    Parler d’un spectacle auquel vous n’avez pas assisté de bout en bout n’est pas chose aisée? Intellectuellement parlant, cela relève quasiment de l’imposture. Mais bien qu’ayant eu, ce jour là, d’autres priorités à vivre, nous n’avons pas hésité à accoucher de ces quelques lignes puisque nous avons pu, in extremis, juger par nous-même du talent de Dominique Brune.

    Il faut croire que ce Parisien d’extraction Dinardais d’adoption a bel et bien senti qu’en dépit du faible nombre son public d’un soir  était tout ouïe. Il n’a donc pas hésité à jouer les prolongations, ce qui nous a permis de le découvrir. Souvent d’ailleurs, comme nous avons pu le constater, ces troubadours savent faire bon cœur contre mauvaise fortune, par leur propension à vivre leur personnage mais surtout par respect pour celles et ceux qui sont venus les écouter.

    Pour le peu que nous avons pu voir et entendre, nous n’avons pas été surpris par les appréciations des spectateurs à la fin du concert. Les superlatifs n’ont pas manqué. C’est d’ailleurs ce contentement général qui nous a conforté dans l’idée de publier ce compte-rendu. Tout en regrettant l’aspect overdose, nous ne pouvons que défendre tous ces artistes qui croient à ce qu’ils font et, quand ils le font bien, qui contribuent à notre propre enrichissement.

    Ce soir là, dans ce lieu de culte, Dominique Brune a fait revivre essentiellemen une de ses idoles, le grand Jacques Brel. Il y a toujours un risque à se faire l’interprète d’un interprète d’un tel calibre. Mais on a pu constater qu’il avait suffisamment d’étoffe pour surmonter le défi. Cela n’a fait qu’accentuer notre regret de ne pas l’avoir entendu chanter Le Plat Pays, Les Marquises et Quand on n’a que l’amour, pour ne parler que de ces quelques perles de son programme d’un soir. A posteriori, nous ne pouvons que le remercier de nous avoir fait découvrir  le talent de Ginette Reno, que nous ne connaissions pas. Oui ! L’essentiel, titre de la chanson interprétée, c’est bien d’être aimé. Quand on n’a que l’amour !

    Le 24 août prochain, Dominique Brune sera sur l’île du Guesclin, non loin de Cancale, pour le 101e anniversaire d’une autre de ses idoles, Léo Ferré, lequel était propriétaire de cette île fin des années soixante.

    En deuxième bis, il aura en quelque sorte jeté une passerelle entre la chapelle Saint Maudez et cette île, en interprétant Graine d’ananar. Léo Ferré se définissait lui-même comme anarchiste. Il aura su faire entendre sa voix et vivre, quant à lui, pleinement de son métier, au sein d’une société malgré tout peu encline à épouser ses thèses. Or chanter, c’est aussi nous interpeller !   

     

     


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