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    La Cambuse : cartes sur table !

     « On casse, on démolit. Triste fin pour cette charmante petite école de campagne restée dans son jus. Des travaux intérieurs n’auraient-ils pas été suffisants ? Pur gâchis, n’essaie-t-on pas plutôt de préserver ce qu’il y a encore d’authentique dans un petit village ? Kermouster perd une partie de son identité. Il faut paraît-il évoluer. Craignons la suite ! ».  Ce commentaire est le seul qu’a généré ma précédente chronique. Bien que publié de façon anonyme, j’ai estimé pouvoir le maintenir et le remettre en ligne car respectueux des personnes et parce qu’il porte sur des considérations relatives à la nouvelle apparence que va revêtir La Cambuse. Ce qui ne laisse personne indifférent, à commencer par votre « serviteur ».

    Ce commentaire est l’expression écrite de ce qui se murmure dans tout le hameau depuis les premiers coups de pioche. Nombreux sont ici les gens qui se sentent quelque peu dépossédés d’un pan de leur histoire. Comme pris au dépourvu. Mais, au-delà du temps du chantier dit de rénovation, désormais irréversible, il y a fort à parier que l’incompréhension mettra longtemps à être digérée. Car, et en cela notre étonnement est grand, le projet de la nouvelle Cambuse, tel qu’il nous a été révélé l’été dernier, a encore subi entre-temps des modifications pour le moins surprenantes.

    Ce lundi, le bol d’air quotidien m’ayant ramené sur la place du Crec’h, un détail ne pouvait que sauter aux yeux. La société en charge de la réhabilitation du bâtiment travaillait à l’encadrement des deux fenêtres de l’ancienne salle de classe. Fenêtres n’est plus le mot adéquat puisqu’il s’agira de baies vitrées sur quasiment toute la hauteur de la façade. Outre le fait que cela - je donne ici un avis personnel -  ne concourt pas, loin s'en faut, à une amélioration esthétique, je ne peux que m’interroger sur les raisons qui ont amené la municipalité à modifier entre-temps le projet initial.

     

    La Cambuse : cartes sur table !

     Des baies vitrées à la place des fenêtres. Une telle modification ne figurait pas dans le projet présenté l'an dernier (ci-dessous)

    La Cambuse : cartes sur table !

     

    Que l’on cherche à tirer profit le plus possible d’un panorama exceptionnel, cela peut se comprendre. Les affaires sont les affaires. Par ailleurs, restaurer des bâtiments anciens peut être, effectivement, source d’embellissement. Mais ces deux nouvelles baies vitrées venant s’ajouter à celles qui vont s’encastrer dans l’autre pièce du bâtiment, c’est toute l’atmosphère d’un lieu typique qui vole définitivement en éclats.

    Kermouster va donc avoir « sa galerie des glaces ». Au-delà de ce regret, ouvertement affiché, se pose quand même plusieurs questions.

    Notre interlocuteur ou interlocutrice a raison. On pouvait espérer que ce qui fait l’authenticité du village, au moins en son cœur, aurait été considéré comme un atout. Ce corps de bâtiments tel qu’il avait été conçu à son origine donnait du cachet à cette place. Dressé en arrière plan du point de vue, il offrait une toile de fond en harmonie avec l’esprit des lieux.

    L’authenticité, c’est cela que recherchent ces touristes qui choisissent la Presqu’île. Pour s’en approprier les charmes le temps d’une escale. Il en faut bien sûr pour tous les goûts. Pour tous les âges aussi. Mais ce n’est pas faux de penser que nos visiteurs d’un jour aimeraient eux aussi pouvoir faire corps avec un village certes rustique…mais authentique.

    Nous sommes nombreux dans ce village à avoir évité les foudres des Bâtiments de France en nous pliant à leurs directives, ici, pour avoir voulu telle sorte de huisseries, là pour un cabanon dont le toit n’avait pas la bonne pente, etc. Nous n’avons pas oublié la réponse qui nous avait été faîte quand nous nous sommes étonnés, fin 2016, que le bardage en pin d’Orégon (chroniques du 9 novembre et du 21 décembre 2016) de l’ancienne partie bar épicerie allait être posé verticalement, alors qu’il eut été préférable qu’il le soit horizontalement, pour donner plus d’allant à la façade. «  Décision des Bâtiments de France ». Obtempérez !

    Il faudra un jour remettre en question ces Bâtiments de France qui font la pluie et le beau temps et dont les décisions sont apparemment à géométrie variable, selon le degré de pression qu’ils doivent subir.

    Mais puisque s’ouvre une nouvelle campagne électorale, qui, soyons en humblement conscients, ne peut placer Kermouster à l’épicentre d’un programme, il nous paraît indispensable de connaître les avis de celles et de ceux qui vont avoir la charge de conduire les affaires durant les six prochaines années. Sur différents aspects qui doivent « faire vie », ici, durant toute l’année. Et non pas qu’à la belle saison.

    Tout au long de ce mandat qui s’achève, la municipalité sortante a tenu parole. Elle a assuré chaque premier samedi du mois une permanence. Mais, si on s’en tient au seul dossier de La Cambuse, pour quel résultat ?

     Avec le recul, on ne peut que regretter que l’équipe sortante, qui a récemment engagé un projet de rénovation du bourg, en concertation avec la population, n’aie pas, ici,  agi de cette manière. Cela aurait évité bien des malentendus, des incompréhensions, des erreurs. On gagne toujours à rechercher le plus haut degré de consensus.

    Si l’on peut penser que les personnes qui vont se présenter à nos suffrages partagent l’ambition de permettre à la commune de jouer son rôle sur des problématiques beaucoup plus importantes que celle que je viens d’évoquer, il n’en reste pas moins vrai que la municipalité sortante se doit de jouer cartes sur table à propos de l’avenir de l’ancienne école. En répondant sans plus attendre à cette interrogation qui ponctue bien des discussions dans le hameau :

    - La commune va-t-elle oui ou non rester propriétaire des murs ? Je me fais ici l’écho d’une inquiétude largement partagée par les Kermoustériens qui, connaissant les engagements financiers pris pour cette opération de réhabilitation, trouveraient un peu fort de café de voir ce « bijou de famille » ne plus être le leur.

    Si, comme ils l’espèrent, les choses vont rester en état, la question qu’il convient de poser alors est la suivante :

    - Quid de la réhabilitation de l’ancien logement des instituteurs ? Cette question s’adresse bien évidemment aussi à l’équipe concurrente.

    - Est-ce qu’un projet de rénovation de cette partie du bâtiment s’inscrira dans les programmes ?

    - Est-ce que les uns et les autres sont en mesure de nous dire à quoi elle sera destinée ?

    Autre point sensible se rapportant à La Cambuse : l’accessibilité et l’entretien des toilettes publiques ;

    Cela ne fait pas tout un programme, mais cela en fait partie.


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  • Xynthia s’en est allée. Cette dépression météorologique a frappé par son ampleur et sa durée. Si, sur la Presqu’île elle laissera le souvenir désagréable de simples pannes de courant, ailleurs les conséquences ont été et vont être plus douloureuses à supporter. Et voici qu’Inès a donné le tournis aux mimosas et autres arbustes feuillus voire en floraison, en déversant, ce jeudi, son trop plein de larmes. Quand le ciel vous tombe ainsi sur la tête, le moral peut en prendre un coup. D’autant plus que ce début d’année se révèle, pour diverses autres raisons, tout aussi anxiogène que les douze mois précédents.

    Alors que la psychose du coronavirus de Wuhan, baptisé Covid-19 par l’Organisation Mondiale pour la Santé, touche désormais l’entière planète, vous vous creusez peut-être la tête pour savoir comment vous allez vous y prendre pour sauver votre prochaine récolte de tomates, le risque de propagation en France du virus ToBRFV, le Tomato Browan Rugose Fruit Virus, ayant été évoqué par l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail. Un virus de plus à ajouter à la liste de ces maux pernicieux qui gangrènent l’optimisme. Par mutations successives, le virus du découragement peut s’installer à notre porte.

    Face à la complexité de ce monde, quoi de plus compréhensible, en effet, de cultiver ce sentiment d’impuissance qui génère la tentation du repli sur son pré carré. On se sent si petits, démunis. Souvent peu compris. Et dès lors on en veut à ceux que nous avons élus de n’avoir pas su résoudre le schmilblick. La tentation d’en vouloir à la Terre entière est alors forte.

    Ne nous laissons pas abattre ! Restons acteurs de notre destin collectif ! Faisons face ! Quelles que puissent être les raisons de nos peurs, la légitimité de nos colères. Demeurons des citoyens à part entière ! Lucides ! Raisonnables ! C’est-à-dire, doués de raison. Mettons notre libre-arbitre à l’abri des idéologies aventureuses pouvant donner une teinture haineuse à notre manière de vivre ensemble.

    Il n’y a pas que la sphère politique qui manque de clairvoyance. Le problème est plus global. Les politiques représentent, de fait, ce que nous sommes. Nous pouvons tous agir. A la mesure de nos moyens. Avec les élections municipales qui pointent leur nez, nous changeons d’échelle, mais persuadons nous qu’il s’agit là du premier étage de notre démocratie !

     

    Une deuxième liste !

     

    Bien avant que ne souffle Xynthia, une rumeur flottait dans l’air. Ce n’est plus une rumeur. Nos suffrages au mois de mars auront à se déterminer sur deux listes. Celle du maire sortant est désormais connue. Kermouster y est représenté par Elisabeth Rougié.  Celle conduite par Henri Parenthoën, qui fait ainsi son retour sur la scène locale, devrait l’être dans les jours qui viennent. La clôture des inscriptions de candidatures est fixée au 27 février prochain.

    Cette mise en concurrence va avoir pour premier mérite de nous éviter une campagne atone. Pourquoi, en effet, se décarcasser à convaincre quand il n’y a pas de challenger ?  Deux listes, c’est deux programmes. Même si le champ des prérogatives d’une municipalité n’est pas extensible à l’infini, il y a toujours et suffisamment matière à débattre sur les priorités qu’il faut mettre en avant pour combler les attentes, pour assurer l’intérêt général.

    Evidemment, la personnalité des candidats n’est pas sans influer sur le bulletin de vote. Pas facile de trancher quand, en dehors des deux têtes de liste, qui restent a priori déterminantes,  on a  des gens, dans les deux camps, que l’on estime tout particulièrement. Pour leur façon d’être. Pour l’énergie qu’ils mettent déjà en œuvre sur le terrain. Convaincus que nous sommes qu’ils se sont engagés en connaissance de cause et qu’ils n’entendent pas être de simples faire valoir.

    Tempêtes sous les crânes en perspective. Ah ! Ce bon vieux temps du panachage !

    Attendons de connaître dans le détail, ce que celles et ceux qui s’engagent pour six ans vont nous proposer. Ce sont les programmes qui doivent nous permettre de trancher dans ce choix kafkaïen.

    Il reste, néanmoins, souhaitable de connaître la nature même de l’engagement de tous les candidats. Quelles sont les compétences qu’ils entendent les uns et les autres mettre à contribution ? Quitte à s’embarquer pour une si longue croisière autant le faire avec le sentiment que l’on va être utile à la collectivité. Qu’on ne sera pas un simple bouche-trou de circonstances ! Sinon, c’est galère assurée. Un conseil municipal digne de ce nom ne peut se limiter à être une chambre d’enregistrement de décisions prises par un collectif qui ne mériterait pas ce qualificatif. Le dialogue, l’écoute, les bases d’une citoyenneté réelle doivent sous-tendre en permanence le travail au sein d’un conseil municipal. Entre les colistiers élus et ceux de l’opposition.

    Mais notre bulletin de vote ne nous dispense en rien, nous qui restons sur le quai, d’apporter notre propre contribution à la vie municipale. C’est pourquoi je renouvelle cette suggestion, déjà émise lors de précédentes chroniques : favoriser la mise en place de conseils citoyens qui pourraient nourrir la réflexion des élus, sur certains projets sensibles.

    Selon la nature des projets, les Lézardriviens ayant envie d’apporter leur point de vue auraient ainsi, ponctuellement, l’opportunité de se faire entendre. Il ne s’agirait en rien de réunions publiques, mais de conseils citoyens restreints, avec, si nécessaire, tirage au sort pour limiter le nombre de participants. Afin de favoriser, là aussi, un dialogue constructif.

    Sauf à ce l’on arrive à me persuader du contraire, la mise en place de tels conseils aurait pour première vertu d’irriguer la réflexion, donc les décisions des élus avant le travail en commissions. Elle n’entraverait en rien la bonne marche de la gestion municipale. Bien au contraire !

     

    Kermouster : assainissement, stationnement

     

    Pour conclure, quelques images de La Cambuse prises depuis l’ouverture du chantier. Un vent de nostalgie flotte sur le hameau, car ce sont des pages d’histoire qui se sont enfouies sous les gravats, pour nombre de Kermoustériens et Kermoustériennes ayant appris le plein et le délié dans ce qui fut leur salle d’école.

    Ne cachons pas notre impatience de connaître ce que les candidats vont avoir à nous proposer pour que perdure et se renforce, ici, le lien social !

    De par sa situation géographique, Kermouster n’a pas de privilèges à revendiquer, si ce n’est de bénéficier d’une attention particulière compte tenu de son éloignement et de la densité de la population qui y vit à demeure.

    Assainissement, stationnement. Aura-t-on des engagements précis sur ces deux grands dossiers ?

     

    Municipales : citoyens à part entière !

    Municipales : citoyens à part entière !

     

    Municipales : citoyens à part entière !

     

    Municipales : citoyens à part entière !

     

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    Municipales : citoyens à part entière !

     

    Municipales : citoyens à part entière !

     


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  • Oiseaux de mauvais augure !

     

     Est-ce de saison que de s’apitoyer sur le sort d’une bernache cravant qui ne reverra plus la péninsule du Taïmyr ? Combien d’allers-retours a-t-elle effectués entre cette lointaine péninsule sibérienne et la presqu’île de Lézardrieux, avant de s’en venir mourir sur la grève de Goas Luguen ?  Apparemment de mort naturelle. Pas la moindre trace de chevrotine dans le plumage. Donc aucun grief à faire à un chasseur n’ayant pas su respecter une espèce protégée. Cette petite oie gisant sur son grand lit de sable ne se régalera plus des zostères naines. Elle ne participera plus à ces jacassements ponctués de  « rrouk rrouk keuoukk kièk root ». Le vent marin ne fera plus frissonner ses narines.

     Il se dit que les bernaches cravant sont de moins en moins nombreuses. Que cette espèce serait (peut-être) menacée d’extinction. La faute à qui ? A quoi ? Au changement climatique ? Cette belle endormie de Goas Luguen nous aurait peut-être mis sur la piste. Encore eût-il fallu faire le nécessaire, c’est-à-dire la ramasser et confier sa dépouille à un service spécialisé. Mais, alors que nos esprits sont envahis par l’angoissant coronavirus de Wuhan, le 2019-nCov, le réflexe de précaution a joué. Deux cadavres de cygnes devant réglementairement enclencher l’alerte, il eût été peut-être judicieux, pour une seule oie, de prévenir la mairie ou des services vétérinaires, à défaut de la prendre dans les mains. Faute avouée sera-t-elle pardonnée? Si faute il y a eu ? Dans ce triste jeu de l’oie, je serais navré d’aller à la case prison.

     

    Un vent de panique chargé d’animosité

     

     Au pays de Pasteur, nous sommes conscients, depuis des lustres, que nos amis les bêtes peuvent être, à leurs corps défendant, des oiseaux de mauvais augure. Il y a peu la planète tremblait sous l’emprise du virus H5N1, le virus de la grippe aviaire dont de nombreux oiseaux sauvages migrateurs étaient porteurs. Avec le risque, déjà évoqué de la transmission à l’homme. Rien ne dit que ce ne sont pas des oiseaux qui sont à l’origine du mal qui vient de frapper, en son cœur, l’empire du Milieu. On cible, pour l’heure, les chauves-souris et les serpents. Mais la cause n’est pas encore entendue.

     Je ne vais pas développer plus avant, puisque vous avez, par vous-même, moyen de vous tenir au courant de cette nouvelle actualité anxiogène. Mais j’oublie la bernache cravant de Goas Luguen et les problématiques de la survie des espèces animales, pour laisser échapper un cri de colère. Les risques encourus par la propagation de ce nouveau coronavirus d’origine chinoise sont réels. Mais pourquoi ce vent de panique, qui plus est chargé d’animosité?

     Dans la chapelle de Kermouster un nom gravé sur la plaque du souvenir de la Grande Guerre ne peut que nous inciter à garder notre sang froid.

     Le 14 février 1919, François Le Mevel, le fils du gardien de phare Jean René Le Mevel et de Jenny Le Roy rendait le dernier soupir en Croatie, dans un hôpital de Pula. Victime à son tour de la grippe espagnole. Une pandémie qui fera plusieurs dizaines de millions de morts à travers la planète.  Entre 250 000 et 300 000 en France. 15 000 à 20 000 en Bretagne. Un « virus père », inhabituellement contagieux,  aurait été repéré en Chine dès 1916, mais a débarqué sur le vieux continent avec les forces américaines venues le délivrer, puisque c’est aux Etats-Unis, et non en Espagne, que ce virus aura dangereusement muté. Les premiers cas en France ont été repérés fin 1918 dans les secteurs de Brest et de Lorient, dans les camps de base de l’armée américaine.

     Un siècle plus tard, nous sommes bien mieux armés pour endiguer ce type de pandémie. Convainquons nous en ! L’alerte mondiale est désormais quasiment immédiate.

     Soyons fiers de ce qu’ont su faire des hommes de bonne volonté au lendemain d’une Seconde Guerre Mondiale marquée par une barbarie de grande ampleur : donner corps à une Organisation Mondiale de la Santé !

     Réjouissons nous de voir la Chine, un état totalitaire, jouer le jeu de la transparence ! Peut-être pas par philanthropie, mais, au moins,  par nécessité vitale.

     Restons vigilants sur ces menaces récurrentes de nouveaux virus en souhaitant qu’un effort accru soir fourni en direction de vastes régions, tel le continent africain, ne disposant pas encore suffisamment de sentinelles hospitalières !

     Espérons que les Chinois essayeront de régler les problèmes que génèrent indiscutablement leurs circuits de commercialisation des denrées alimentaires ! Il y a d’évidence de nombreuses failles au regard des priorités sanitaires. Mais ce n’est pas rien de modifier des habitudes qui relèvent d’une longue tradition.

     Mais ne cédons en rien à ce vent de panique nourri par l’irrationnel !

     Sachons surtout nous immuniser contre des virus encore plus dangereux que ce coronavirus, lesquels ont su mettre à profit les progrès technologiques  pour diffuser leur poison !

     

    Coronavirus : il y a pire !

     

     La haine de l’autre, la xénophobie, le racisme ont, avec le 2019-nCov, encore pris de l’ampleur sur  les réseaux dits abusivement sociaux. Pourquoi en vient-on à stigmatiser maintenant les Français d’origine asiatique ?  

     Ce triste constat fait naître le regret, a posteriori, de ne pas être allé fêter le nouvel an du « Rat de métal » dans un restaurant  chinois. Pour montrer l’inanité d’un principe de précaution poussé jusqu’au ridicule. Au point de ne plus franchir le seuil d’un restaurant où, voici peu encore, on se plaisait à vanter les vertus d’une cuisine exotique. Mais aussi et surtout par solidarité avec des concitoyens que des esprits malveillants  considèrent, à longueur de tweets, comme des êtres de seconde zone.

     Honte à celles et ceux qui portent le masque de l’anonymat et de la lâcheté pour donner libre cours à leurs pulsions malsaines, si proche d’une animalité qui ne dit pas son nom.

     Vous avez peut-être pu entendre l’autre jour, sur votre écran de télévision,  Robert Badinter nous dire son pessimisme et crier son indignation sur la montée en puissance de ces colères nauséabondes, ravageuses et mortifères. Ce soir là, il n’était pas encore question d’un soi-disant péril jaune, mais de la résurgence de l’antisémitisme. Et, bien au-delà, d’une montée de la violence envers l’autre, qu’il soit Juif, Arabe, Noir ou Blanc de peau.

     Pour l’ancien avocat de Patrick Henry, puis ministre de la Justice ayant, malgré la monstruosité de son client,  su convaincre le Président François Mitterrand d’abroger la peine de mort, il est à craindre que ce cancer qui ronge notre société finisse par nous faire basculer à nouveau dans l’ignominie.

     Non sans raison, Robert Badinter a rappelé que c’est dans un pays pétri de culture, l’Allemagne de Goethe, de Bach et de Beethoven, qu’est né le monstre du nazisme, un monstre ayant commencé à œuvrer pour la « solution finale », c’est-à-dire celle qui consiste à éliminer hommes, femmes et enfants ne correspondant plus à ses critères raciaux. L’histoire ne risque-t-elle pas de bégayer ?

     Comment convaincre tous ces oiseaux de malheur qu’il est grand temps pour eux de se regarder dans un miroir « bon tain », c'est-à-dire un miroir qui ne leur renvoie pas une image faussement flatteuse, mais qui les incite à aller au plus profond d’eux-mêmes pour récupérer ce qui leur reste d’humanité.

     Il y a dix ans tout juste, un autre esprit éclairé du XXe siècle, Stéphane Hessel publiait un opuscule sous le titre Indignez-vous !. Ce petit livre aura eu une forte résonance. On a toujours bien des raisons de s’indigner. Mais cela n’obère pas de devoir agir en restant digne soi-même. Il est en effet inadmissible, comme le dira Robert Badinter, en appuyant ses mots, que des protestataires en soient venus à mettre l’effigie d’Emmanuel Macron à la pointe d’une pique. Il faut espérer que celles et ceux qui se sont revus ainsi dans les journaux télévisés ont depuis pris conscience que leur colère, fut-elle justifiée, les a amenés à commettre un acte indéfendable et répréhensible.

     A celles et ceux - je les sais fort nombreux - qui n’aiment pas ce jeune Président, non pas parce qu’il veut réformer à tout va mais pour ce qu’il représente à leurs yeux, on ne peut que leur dire de faire preuve de patience. Dans à peine deux ans, ils pourront, à l’arme blanche, c’est-à-dire leur bulletin de vote, le faire « tomber ». Nous sommes encore en démocratie. Mais qu’ils veillent bien à lui substituer un remplaçant qui, après leur avoir promis de tout faire pour leur donner satisfaction, continuera, lui aussi, à agir dans ce cadre démocratique.


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  •  Il est des matins qui vous poussent à cogiter plus que de raison. Ce lundi, ce fût le cas. Suite à la lecture du journal récupéré dans la boîte à lettres, dès le saut du lit. Que celles et ceux qui ont la charge d’assurer le service soient ici grandement remerciés. Ils sont des contributeurs indispensables à la vie citoyenne. Ils méritent amplement notre considération.

     Certes, l’info peut déjà nous être parvenue par la radio, si ce n’est via le téléphone portable, puisque désormais nombre de gens ne peuvent le quitter des yeux du matin jusqu’au soir. Ne soyons pas manichéen ! Chaque support d information a son utilité. Sans le Net, point de blog ! Mais avec le journal papier, dont le contenu ne fait et ne pourra qu’évoluer, pour toujours mieux remettre en perspective l’actualité, vous êtes vraiment en tête à tête avec vous-même.

    Vous pouvez prendre le temps de lire et de relire. Pour bien assimiler les tenants et les aboutissants. C’est d’autant plus vrai quand ce journal, bien qu’ayant des valeurs à défendre, se garde de tout esprit militant. Le débat y est naturellement contradictoire, donc enrichissant. La presse militante a ses propres vertus. A condition qu’elle ne soit pas monolithique, c’est-à-dire qu’elle donne un exact reflet des débats au sein d’un collectif de même sensibilité. Ce n’est pas toujours le cas. On y cultive trop la verticalité doctrinale. Point de doute, il s'agit surtout de conforter les convaincus.

    C’est cette défense de la démocratie, de notre capacité à vivre ensemble, qui est, en tout cas, au premier rang des valeurs d’une presse indépendante et déontologiquement rigoureuse. Il ne se passe pas un jour où vous n’y trouvez pas un article, si ce n’est plusieurs, qui vous interpelle et qui titille en vous l’envie d’exprimer votre point de vue, d’apporter votre contribution.

    Vous n’allez pas au bout de cette intention ? Même par le biais de la rubrique « Courrier des lecteurs » ? Qu’importe ! L’essentiel est là. Vous n’êtes pas restés indifférents. Vous avez trouvé matière à cogiter.

    Si vous êtes de ceux qui font l’impasse sur la presse écrite, laissez moi vous en faire l’amical reproche !

     Combien de fois me suis-je dit qu’il serait bien, dans le cadre de cette chronique, de prendre systématiquement le relais de ce qu’il m’est donné de lire devant le bol de café, pour lui donner un peu plus de densité, donc d’intérêt. A la chronique, pas au café !  Mais on a l’âge de  ses artères et puis il faut raison garder. Je n’ai pas vocation à être un directeur de conscience. Tout éditorialiste, ce que je ne prétends être,  doit éviter le piège du Monsieur qui a un avis sur tout. Il faut savoir écrire à bon escient. Avec ce blog, je m’autorise tout au plus à glisser parfois des suggestions. Celles qui me tiennent à cœur bien évidemment. Avec, ne soyons pas faux cul, l’espoir de les faire partager.

     

    Une seule liste ?

     

     Ce lundi matin 20 janvier 2019, c’est une pleine page de mon journal qui est venu réveiller ce besoin d’apporter ma contribution à ce qui va faire débat dans les semaines qui viennent. A savoir, les élections municipales. Le 15 mars prochain nous serons appelés à voter notre confiance à de nouveaux prétendants.

    Pour ce qui est de notre commune, l’affaire semble pour partie réglée. Point de seconde liste à l’horizon. Qui sait, si nous n’aurons pas, dans les jours qui viennent, la surprise de voir un citoyen sortir du bois, avec ses colistiers, pour disputer à Marcel Turuban le soin de conduire la vie municipale pour les six années qui viennent, notre maire ayant annoncé son intention d’assumer un nouveau mandat. Avec une équipe profondément remaniée pour ce que l’on en sait à ce jour.

    Sur le plan des principes, ça ne serait que mieux, mais il n’est pas toujours facile dans des communes de cette taille de trouver en nombre suffisant, ne serait-ce que pour une liste, des volontaires motivés et lucides sur l’intensité de la tâche qui va être la leur. Pour tenir dans la durée. Gérer une commune n’est pas une sinécure. Il faut conjuguer désir de faire avec abnégation.  On devrait en savoir un peu plus sans tarder. Une chose semble déjà acquise : Kermouster sera représenté sur la liste de Marcel Turuban. Mais attendons confirmation !

    Le 3 janvier dernier, le maire nous a offert ses vœux, après avoir tiré le bilan de l’exercice de la dernière année. Le conseil municipal sortant peut légitimement revendiquer un bon bilan  global à l’issue de ce sixtennat. Je pense me faire l’interprète de beaucoup de monde en félicitant tout particulièrement le 1er adjoint Loïc Cordon, qui ne se représente pas pour cette nouvelle mandature. Il a effectivement fait le job comme tout prétendant à la gestion d’une municipalité se doit de le faire. En plongeant dans la complexité des dossiers.

    Pour Kermouster, ce bilan s’achèvera par le démarrage, ces jours ci, des  travaux de réhabilitation de la salle restaurant de la Cambuse (voir ci-après).

     

    De l’intérêt d’un conseil citoyen

     

     Municipales : on va rentrer dans le vif du sujet !

    Fort de cette lecture matinale, je pourrais, dans le cadre du débat qui va s’engager, embrayer sur un sujet qui me tient particulièrement à cœur puisque la manchette de cette pleine page pose le problème du rôle que tout maire peut être amené à jouer dans le domaine de l’accueil des migrants. M’étant déjà exprimé sur le sujet (voir chronique du 14 février 2018 : Migrants, du monde à la commune), je n’y reviens pas si ce n’est avec ce dessin qui illustrait mon propos et pour admettre, comme le suggère d’ailleurs le journal, que cette question relève du défi. Je crains, et le regrette, que cette question en effarouche plus d’un au point de laisser penser que l’esprit de solidarité ne peut que nous conduire au pire. Pourtant si défi il y a, nous avons à portée de main le bouclier de la raison et la noble épée du cœur.

    Mais je laisse provisoirement tomber cette suggestion pour en évoquer une autre qui ne devrait pas générer la critique..

    Alors que s’amorce la campagne électorale, nous sommes en droit de demander aux postulants de nos suffrages de nous dire comment ils vont s’y prendre pour donner encore plus de tonus à la vie citoyenne. Plus de tonus, car il est faux de dire que cette citoyenneté n’est que peau de chagrin. Ce serait nier le rôle indispensable des associations.

    Mais un maire, fut-il, aujourd’hui,  pleinement re-légitimé dans la sphère politique, ne peut prétendre, sauf à afficher un ego surdimensionné, avoir, lui aussi, réponse à tout. C’est pourquoi il lui faut d’abord s’assurer qu’il s’entoure de collaborateurs qui sauront, dans les domaines qui sont de la compétence d’une commune, lui permettre d’asseoir un programme qui tient la route.  En clair : lister, dans un premier temps, les engagements qui pourront être tenus durant les six ans qui viennent et jeter les bases de projets à plus long terme. Mais, en s’engageant d’emblée à y associer les citoyens.

    Cet engagement citoyen n’est pas antinomique avec la difficulté qu’il y a à trouver des colistiers. Se mettre sur une liste, c’est s’engager pour au moins six ans. Participer à un conseil citoyen ne demande pas une telle assiduité, ni un aussi grand investissement temps.

     Par ailleurs, mettre en place un conseil citoyen ne remet pas en cause les prérogatives d’une équipe municipale. C’est, au contraire, dans certains domaines, nourrir en amont la décision des commissions et, in fine, celle du maire. Cela me paraît nécessaire pour des projets à long terme qui vont marquer la nouvelle mandature. Mais cela peut également se concevoir dans le cadre d’une réalisation non programmée qui, soudainement, apparaîtra comme répondant à l’intérêt général.

    Par conseil citoyen, j’entends un collège réunissant des citoyens volontaires pour tel ou tel projet,  tirés au sort, des élus et des experts. Il ne s’agit pas d’organiser des réunions publiques, réunions d’où n’émerge que très rarement des ébauches de solution. De tels conseils ont été mis en place dans des communes de l’Hexagone. Et les échos que nous en avons montrent bien qu’ils sont vecteurs d’un mieux vivre ensemble.

    Je pense, par exemple, qu’un tel conseil aurait toute sa raison d’être pour étudier le dossier de l’assainissement de Kermouster. Tout en sachant qu’un tel dossier relève aussi de la compétence de l’intercommunalité.

    Par extension, ces conseils citoyens élargis à l’ensemble des communes de la Presqu’île sont dans l’ordre des choses. Notamment pour ce qui est de l’organisation de la santé comme du tissu scolaire ou de l’aménagement des routes.

    Bref ! Il y a du pain sur la planche pour tous ceux qui ont à cœur d’œuvrer dans l’intérêt général.

     

    La Cambuse new look

     

    La rénovation de la partie restaurant de La Cambuse va démarrer. Pour une mise aux normes de la crêperie. Il semble par ailleurs acquis qu’une parcelle d’un champ se situant à proximité va être transformée en espace parking. Cela aura pour effet de soulager quelque peu le problème du stationnement sur la place du Crec'h.

    Il n’en reste pas moins vrai que ce problème du stationnement dans le hameau mériterait d’être à nouveau mis sur la table. Nul besoin, ici, d’un conseil citoyen. Dans ce cas précis, une réunion publique in situ permettrait de lister les doléances des résidents et favoriserait la mise en place d’un règlement qui satisfasse toutes les parties prenantes.

    Dans un champ de contraintes, liées à son histoire et à son cadre naturel, Kermouster doit demeurer un lieu de vie agréable pour tous. Sachons en conserver ce qui fait son charme!

     Voici en quelques images ce à quoi va ressembler l’espace intérieur de la crêperie.

     

     Municipales : on va rentrer dans le vif du sujet !

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  •  Portée par un vent tempétueux, la triste nouvelle a diffusé tout au long de la journée de ce mardi,  dans un hameau désormais sans illuminations. Yves Roudot, hospitalisé à Saint-Brieuc depuis plusieurs jours, venait de rendre le dernier soupir. A l’âge de 83 ans. Suite à une longue et douloureuse maladie.

     Yves Roudot. Un mari, un père, un grand-père, mais aussi un compagnon, un copain, un ami pour nombre de Presqu’îliens. Eux savent, depuis toujours, combien cet homme avait de bon en lui. Pour bien d’autres, Yves Roudot laissera le souvenir d’un monsieur affable, courtois, discret. Un Monsieur avec un grand M, dussè-je ici froisser sa modestie.

     Depuis de longs mois, la souffrance l’empêchait de s’éloigner de sa maison de Kerarzol. Il maudissait cette arthrose qui lui interdisait de porter son regard autant qu’il le souhaitait sur ses champs qui conservent en eux le témoignage d’une vie de labeur. Mais la maladie avait un autre visage. Plus sournois. Elle a fini par avoir raison de sa résistance.

     On ne peut qu’émettre le regret de n’avoir appris à connaître Yves Roudot que trop tardivement. Je sais ne pas être le seul, dans ce village, à éprouver ce regret. On gagne toujours à rencontrer des hommes et des femmes qui portent d’évidence un regard lucide sur ce qui fait sens à la vie.  

     Yves Roudot était un combattant, au sens noble du terme. Il aura, dans sa vie, affronté et surmonté de douloureuses épreuves. Quoi de plus terrible que la mort d’un tout petit enfant ? Cette lucidité l’aura accompagné jusqu’au dernier souffle.

     Ayant eu l’occasion de le rencontrer au début du mois de décembre, je peux en témoigner. Yves Roudot n’attendait pas des visiteurs de la compassion. Tout simplement de la compréhension. Il était alors convaincu qu’il lui faudrait bientôt rendre les armes. La mort n’a pas eu raison de sa dignité.

     Kermouster  avait adopté ce Pleudanielais, alors âgé d’une vingtaine d’années, à la force de l’âge. Kermouster se souvient qu’il aura  été, entre autres, un acteur engagé, au service de son village d’adoption. Yves Roudot aura plusieurs années durant animé l’Amicale des parents d’élèves, fin des années soixante et début des années soixante-dix. Kermouster ne l’oubliera pas.

     


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