• « Il faut y réfléchir.» Comme de coutume, la mairie s’est mise à l’écoute du hameau ce samedi 2 février et ce jour là, c’est le maire en personne qui a assuré la première permanence de l’année, dans la salle municipale. Marcel Turuban ne s’en cache pas. L’engagement pris durant la campagne électorale avait un très fort soubassement affectif. Ses racines familiales plongent dans les terres de son ancien village. Même si, depuis lors, il n’a plus droit à cette appellation, Kermouster conserve, à ses yeux, cette dimension de village.

    On ne gomme pas facilement les images de son enfance. Marcel Turuban a connu ce temps où Kermouster vivait au rythme de l’école. Et puis il y a ce respect dû aux anciens, à celles et ceux qui n’ont plus tout à fait les jambes pour s’en venir jusqu’au bourg évoquer leurs difficultés ou faire part de leurs suggestions. Engagement pris, engagement tenu. Mais pour quel bilan ?

    C’est avec ce questionnement en tête que je m’en suis allé au rendez-vous du premier premier samedi du mois. Est-ce que cette manière d’établir le dialogue avec les citoyens vivant dans un écart  a porté ses fruits ? « Il faut y réfléchir. »  C’est un bilan en demi-teinte  que tire le maire.

     Trop souvent, la permanence a eu, selon lui, un goût de trop peu. Ce samedi, par exemple, Marcel Turuban aurait pu tranquillement lire son journal ou profiter d’être au calme pour consulter tel ou tel dossier si je n’étais pas passé par là. Durant les deux tours d’horloge qu’aura duré notre tête à tête, personne d’autre n’aura franchi le seuil de la permanence.

    Bien qu’il n’ait en rien dévoilé des intentions, tout laisse à penser que notre maire est prêt à rempiler pour un nouveau mandat de six ans. Dans un an, en effet, il nous faudra reprendre le chemin des urnes pour choisir nos représentants au niveau local. Que le temps passe vite ! Mais que ce soit lui ou un hypothétique successeur, il y a tout lieu de penser que la manière d’établir le contact avec le hameau, le seul écart ayant ce privilège, sera modifiée. Très probablement, il faudra assurer en fonction de la demande. Pour être sûr d’avoir en face de soi des interlocuteurs.

     

    Les vertus du dialogue

     

    De fait, cela nous amène à poser le problème de notre engagement citoyen. A l’heure du Grand Débat, né de la crise dite des Gilets Jaunes, il faut en effet que nous nous posions à nous-mêmes la question : sommes nous des citoyens exemplaires ?

    La conjoncture nous amène à cette nécessaire introspection. Mascarade, enfumage, pour les uns, belle opportunité à saisir pour les autres, nous voici, en quelque sorte, mis au pied du mur. Face à nos contradictions !

    Il est de bon ton de critiquer le politique, mais nous citoyens de base, n’avons-nous pas notre part de responsabilité ? Que pouvons nous proposer à nos élus pour qu’ils conduisent une politique qui ne génère plus tant d’incompréhensions ? Du Grand Débat voulu par le Président de la République ou des consultations qui semblent s’organiser par d’autres voies, il nous faut espérer sortir par le haut, satisfaits d’avoir, peu ou prou, apporté notre contribution à la rénovation de notre bien commun. Et, de mon point de vue, nombre de  problématiques qui sont à la source de la colère reposent sur notre capacité à agir là où nous sommes. Redonnons tout son sens à cette notion fondamentale : la commune est la cellule de base de la démocratie !

    A priori, il n’est pas dans l’intention du maire d’organiser une réunion citoyenne dans le cadre de ce grand débat, mais Marcel Turuban ne ferme pas la porte à cette suggestion. Si la demande en est clairement exprimée, il jouera son rôle de facilitateur. Pouvons-nous ? Voulons-nous saisir la perche ?

    Si oui, il faudrait, selon moi, que cette première assemblée consultative ne se limite pas uniquement à recueillir des doléances. Un cahier est mis à cette fin à notre disposition à l’accueil de la mairie. Il se remplit au goutte à goutte. On a jusqu’au 15 mars pour y poser notre contribution.

    Il faudrait que cette première réunion soit constitutive d’une nouvelle manière de vivre notre rapport à la cité. Il y aura un avant et un après Gilets Jaunes. Sur de nouvelles bases ? Marcel Turuban ne s’en cache pas. Il constate, comme de nombreux maires, que  le vent de l’individualisme souffle fortement sur les communes. Lézardrieux n’y échappe pas. Il faut bien entendu tenir compte des demandes individuelles, mais cela ne suffit pas à bien prendre le pouls de la population dans son ensemble.

    S’il est inscrit sur l’intitulé du document de l’Association des maires ruraux de France, « Les maires ont la clé », c’est bien nous autres, citoyens lambda, qui devons être moteur ! Sur notre territoire comme un peu partout en France, de multiples associations contribuent au mieux vivre ensemble, mais celles-ci agissent le plus souvent en dehors de toute considération politique. En nous mettant autour d’une table ronde citoyenne, nous pourrions retrouver le goût du collectif pour les affaires de la cité.  Et cela, sans déroger aux prérogatives institutionnelles de l’équipe municipale !

    L’expression orale dans un face à face  doit nous amener à peser et soupeser le mot, à apprendre ou réapprendre à s’écouter, à retrouver les vertus du dialogue.

     

    Réunion d’Initiatives Communales

     

    Certes, pour éviter, toute cacophonie, pour faire en sorte que la réunion débouche sur du positif, il conviendrait de se doter d’un ou des modérateurs, pour que chacun puisse se faire entendre. Nous nous devons un respect mutuel. Un tel débat ne peut pas, ne doit pas être monopolisé par ceux qui ont la langue bien pendue, fût-elle bien disante.

    Ceci revient à dire que cette assemblée se doit d’être l’affaire de tous, pas uniquement de vieux sages bénéficiant d’une retraite, fût-elle dégradée par la contribution CSG. Agriculteurs, ostréiculteurs, enseignants, commerçants, artisans, employés, ouvriers, fonctionnaires, tous forment la clef de voûte de la maison commune. Si, à Lézardrieux, l’équipe municipale a eu la bonne idée de donner vie à un conseil des jeunes, la parole de cette relève, celle à qui il nous faut penser en priorité, doit également pouvoir s’exprimer au sein d’une telle assemblée dont le souffle ne pourrait que favoriser la prise de décisions de nos élus. Appelons ça, une R.I.C, Réunion d’Initiatives Communales.

    Ce n’est qu’après avoir établi la méthode que nous pourrions aborder les différentes   thématiques ? La santé, la mobilité, l’école, la fracture numérique, l’environnement mais aussi ce qui fait le socle économique du secteur.

    Sur cette base, en espérant qu’un tel processus s’établisse par ailleurs, nous pourrions collectivement apporter notre contribution sur l’ensemble de la Presqu’île. Lannion Trégor Communauté organisant deux fois par an une réunion du pôle « presqu’île », nous pourrions, à ce moment là,  si on décidait d’ouvrir cette réunion au public, vérifier si les messages adressés en amont ont bien été répercutés et compris au niveau de cette nouvelle instance, celle qui a désormais la main sur notre territoire. Marcel Turuban semble, quant à lui, ouvert à cette suggestion.

     

     

    L’école, la maison de santé…et les migrants

     

    Je ne peux déjà que le remercier d’avoir pris le temps de m’écouter, bien que subodorant à l’avance qu’il ne pourrait, sur le champ, trouver la réponse adéquate aux vœux que j’ai exprimés lors de ce tête à tête. L’acquiescement ne vaut pas décision. Je dis bien vœux et non pas doléances, n’ayant pour ma part aucune récrimination à formuler.

    Etant du genre à jouer cartes sur table, voici  en quelques lignes l’essentiel des suggestions que j’apprécierais voir reprises par nos élus pour qu’ils en défendent l’intérêt à plus haut niveau.

    La première des priorités porte sur le maintien des écoles, quel que soit le nombre d’élèves. C’est dans la salle de classe que se prépare l’avenir de nos territoires. S’il est bon d’avoir dédoublé des classes dans ce qu’il est convenu d’appeler des zones difficiles, il faut, même si le nombre d’élèves est inférieur au quota retenu, saisir cette chance de pouvoir instruire nos petits villageois là où ils n’ont pas choisi de naître mais là où vivent leurs parents. Que vive la ruralité !

    En second lieu, j’ai rappelé l’urgence qu’il y a de remettre à flot la maison de santé. La voie des médecins salariés, comme cela se fait déjà dans le département, ne semble pas, ici, à écouter le maire, remporter l’adhésion. Du moins, pour l’instant. Mais il est clair qu’il va falloir que LTC se retrousse au plus vite les manches pour trouver la solution à ce problème. La Presqu’île, avec ses 8000 âmes, se doit d’avoir un service médical proportionné. Une assemblée citoyenne, élargie aux sept communes du secteur, pourrait se faire l’écho d’une telle nécessité.

    Dans un troisième temps, j’ai mis l’accent sur un point qui me tient particulièrement à cœur : l’accueil d’une famille de migrants ayant fui la guerre. Une par commune.

     Cette question je l’ai abordée dans une précédente chronique, il y a tout juste un an, très précisément le 4 février 2008 (cliquer sur la page 12). Je ne développe pas plus si ce n’est pour dire qu’il y a là, pour nous, citoyens de la patrie des Droits de l’Homme, moyen d’aider, à hauteur de nos possibilités, notre pays à faire face à cette exigence humanitaire.

    Je n’ignore pas qu’une telle suggestion va rencontrer un vent debout. Mais je me dis, que dans le cadre d’une assemblée où l’écoute est devenue la règle il y a moyen d’aborder ce problème posément, en balayant les fantasmes et nos peurs.

     

    Cambuse, fibre optique et site Internet

     

    Du hameau au bourg, commune citoyenne

    Que retenir par ailleurs de cette conversation à bâtons rompus, deux heures durant, avec le maire ? Tout d’abord une confirmation. La Cambuse va bien reprendre vie au  1er avril, comme cela vient d’être indiqué par voie de presse.

    La mairie va faire procéder à toute une série de travaux qui permettront aux nouveaux gérants de pouvoir utiliser l’arrière salle du café épicerie. Une porte d’accès va être percée dans le mur arrière. Des sanitaires, accessibles par l’extérieur, vont également être disponibles à cette date du 1er avril.

    La crêperie provisoire fonctionnera comme prévu, à même l’ancienne cour d’école. Une terrasse en bois, surélevée, permettra à ceux qui se restaureront, tout en bénéficiant de la douceur du nouveau printemps, de contempler la ronde des bateaux sur l’estuaire.

    Pour ce qui est de l’enfouissement des poteaux, sujet que nous avions abordé dans une toute première chronique (5 septembre 2012), l’espoir s’est envolé. Pour cause : l’installation de la fibre optique d’ici à un ou deux ans. Cela se fera par la voie aérienne, donc par d’autres fils suspendus.

    Du hameau au bourg, commune citoyenne

     

    Cet espoir de voir disparaître un jour toute zébrure dans l’azur n’est cependant pas tout à fait mort. Si le hameau doit passer à l’assainissement collectif, comme cela est à l’étude au niveau de Lannion Trégor Communauté, on pourrait alors faire d’une pierre deux coups en enfouissant l’ensemble du réseau électrique. N’y aurait-il pas là matière à organiser une réunion publique à même le hameau ?

    Mais en attendant, là où la fibre passera, il ne saurait être question de laisser les branches des arbres continuer à grimper au ciel. Message subliminal de Monsieur le maire alors même que les enfants de la Presqu’île viennent tout juste de sortir de l’imaginaire auquel les ont plongés, salle du Sillon, les artistes du spectacle Arbre à pixels. Quand la poétique s’accorde avec le numérique !

    Puisque du numérique il a été question, Marcel Turuban nous a fait part du projet de toilettage du site Internet. Rien ne vaut le contact, les yeux dans les yeux, mais le maire sait aussi qu’il faut asseoir la nécessaire communication en s’appuyant sur les évolutions du numérique et ce qui constitue une manière de vivre des nouvelles générations. Il convient, par cet autre biais, de les sensibiliser à la vie communale. A cette fin, il est prévu de rendre plus attractif ce site, pour en faire un outil de l’interactivité. Bref ! De le rendre plus efficace.

     

    70km/h et appel aux gendarmes

     

    Pour conclure cette chronique « citoyenne », deux autres points sensibles. En premier, la limitation de vitesse sur la départementale menant du centre bourg de Lézardrieux à L’Armor-Pleubian.

    Alors que l’on soupèse l’intérêt des 80 km/h, je suis de ceux (mais combien sommes-nous ?) qui pensent qu’il serait bien de limiter la vitesse à 70 km/h sur ce tronçon. Sur un peu moins de dix kilomètres, cette route départementale regorge de pièges. La moindre inattention peut avoir des conséquences douloureuses. Suggestion, là aussi, à débattre entre bons citoyens.

    Car, hélas, tout citoyen n’est pas bon! Ce n’est effectivement pas faire preuve d'un esprit civique que de s’en venir canarder la bernache cravant, une espèce protégée. Cela s’est passé il y a quelques jours, sur la grève de l’île à bois. Un bruit sec ! Un oiseau mort et un individu, selon des témoins, étranger au hameau, qui s’enfuit en voiture sans demander son reste. Ayant colporté ce fait, une légère réprimande du maire : «Il fallait signaler ce fait à la mairie. Nous avons un référent à la gendarmerie. »

    Force doit rester à la loi ! Tout citoyen qui se respecte ne doit jamais l’oublier.


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  • Toute affaire cessante, je vous invite à suivre Les Chemins de la Philosophie*, c’est-à-dire à prendre le temps d’écouter, sur France Culture, l’excellente émission d’Adèle von Reeth, philosophe elle-même, qui anime également, sur la chaîne Public Sénat, la non moins passionnante émission Livres & Vous. Depuis ce lundi 14 et ce jusqu’au  jeudi 17 janvier, Adèle von Reeth nous invite à réfléchir à la notion du voisinage. Si on accepte le postulat selon lequel c’est au niveau local que la démocratie prend sa source, c’est un rendez-vous radiophonique qui apporte un grand bol d’air frais à l’heure du Grand Débat proposé par le Chef de l’Etat.

    « La philo, trop peu pour moi ! ». Allons donc ! Manifester dans les rues, dialoguer sur un rond-point, côte à côte, peut-être à côté de ce voisin dont on se méfiait jusqu’à lors, c’est déjà philosopher sans le savoir. La philo ce n’est pas qu’une affaire d’intellos.

    Si vous avez raté le premier rendez-vous de ce lundi matin (10h-11h) et si ce mardi (même heure) vous avez prévu de faire vos emplettes sur le marché de Paimpol (nous sommes nombreux à nous y retrouver), vous avez, grâce au « podcast » la possibilité de télécharger cette émission.

     Si, comme cela sera dit, un certain usage du rire sert de véhicule à la haine, vous aurez déjà le plaisir de réentendre Henri Salvador nous chanter Les Voisins. Le rire peut-être salvateur, quand il se met à l’abri de tout esprit de nuisance. Cette chanson n’est pas aussi célèbre que Le travail c’est la santé, mais elle vaut aussi son pesant de cacahuètes puisqu’elle met l’accent sur un de nos petits travers. Une bonne entrée en matière pour un entretien d’une grande clarté.

    Adèle von Reeth recevait ce lundi matin Hélène L’Heuillet, psychologue, philosophe, maître de conférence à la Sorbonne. Si ses écrits ont la même limpidité que ses propos alors sans nul doute il ne faudra pas tarder à se procurer Du voisinage : réflexions sur la coexistence humaine et Tu haïras ton prochain comme toi-même, deux livres édités récemment par Albin Michel.

    Bien évidemment Henri Salvador aura très vite cédé la place à des philosophes patentés, Jacques Lacan et Emmanuel Kant entre autres, mais Hélène L’Heuillet et Adèle von Reeth ne sont pas des femmes de lettres se gargarisant de mots pouvant inciter l’auditeur à tourner le bouton.

    Sommes nous condamnés à vivre ensemble ? Leur conversation débouchera sur ce qui peut paraître comme une évidence. Mais s’il y a des espaces qui nous sont obligatoirement communs, il y a également des espaces qui nous séparent. Dans un immeuble, dans un bourg, dans un village et même dans un hameau, gens d’en haut, ou supposés tels, et gens d’en bas, ressentis comme tels par eux-mêmes, on a moyen de s’entendre, de se comprendre, de s’apprécier. Nous avons tous des compétences que nous pouvons mettre au service des autres. Intellos, bobos, prolos, nous sommes tous sur le même bateau. Les mots clefs du bien vivre ensemble : dialogue et considération.

    * Ce mardi 15 janvier Adèle von Reeth  accueille Georges Perec sur le thème : Voisins mode d’emploi.


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  • Ce fut un bon moment « démocratique » ! Ce bon moment : la traditionnelle séance des vœux du maire de ce vendredi 4 janvier 2019. Dans cette période marquée au niveau national par un interminable et exaspérant dialogue de sourds, cette séance aura eu des vertus thérapeutiques citoyennes. La première d’entre elle passant - c’est la nature même de ce rendez-vous - par l’écoute.

    Certes, il n’y avait guère de surprises à attendre d’un discours faisant état du bilan de l’exercice précédent et traçant les grandes orientations pour les douze mois prochains. Tout était supposé déjà connu de tous, la presse écrite, indispensable moyen de communication,  ayant rendu compte de l’essentiel au fil des réunions du conseil municipal. Mais, ce qui a marqué tout particulièrement cette séance des vœux tient, selon moi,  au fait que l’on a de visu constaté, contrairement à une idée reçue, que les maires et les conseillers jouent toujours un rôle. La commune, cellule de base de la démocratie, est, chez nous en tout cas, toujours bien vivante.

    Je ne vais pas ici détailler les satisfecit que peut s’attribuer l’équipe municipale, mais on ne peut que lui reconnaître d’avoir su mener à bien plusieurs projets répondant à l’intérêt général et cela, comme le soulignera Marcel Turuban, « sans augmenter les impôts ».

    Si l’accent a été mis sur le Cèdre bleu, le tout nouveau espace intergénérationnel du centre bourg, et l’incontournable site portuaire, je place au premier plan une réalisation, certes remontant à fin  2017 mais dont on a pu mesurer ces douze derniers mois le bien fondé. Du point de vue de l’usager, l’ouverture d’un guichet postal au sein même de la mairie s’avère être une bonne chose. Elle montre bien que l’on peut, malgré nos réticences au changement, trouver moyen à adapter la vie locale à nos nouveaux modes de vie, lesquels sont à l’origine des difficultés de la poste telle que nous l’avons connue jusqu’à ce jour. Il est toujours bon de s’interroger sur ses propres responsabilités.

    En regardant cette séance des vœux par le bout de la lorgnette kermoustérienne, on ne peut que faire la même appréciation.

     La commune s’est engagée dans un travail de restauration long et coûteux de la chapelle, malgré les aides financières de l’Etat, de la Région et du Département. Ce qui a priori relèverait du religieux est un reste à charge dans notre République. Faut-il le regretter ? Non, bien évidemment, car on ne construit pas un avenir en faisant table rase du passé. Cette chapelle mérite, comme les autres édifices religieux de la commune,  que nous lui consacrions quelques deniers prélevés sur notre pouvoir d’achat. Qu’importe si elle ne recouvre pas pleinement sa vocation première !  Là n’est pas la question. Elle porte tout simplement témoignage. C’est un patrimoine culturel et artistique qu’il convient de protéger.

    Pour le hameau, le chantier de l’année va être la remise aux normes de La Cambuse. Ça prendra du temps, mais Kermouster est officiellement assuré de pouvoir retrouver un point de convergence indispensable.

    Faut-il regretter que le dossier assainissement n’ait pas été évoqué ? Peut-être, mais, pour l’heure, on ne peut qu’espérer qu’il sera traité par Lannion Trégor Communauté (LTC), qui en a désormais la charge, avec suffisamment de tact pour que les habitants du hameau sachent de quoi il en retourne. Voici un exemple concret de ce que pourrait être un débat citoyen au plus près des réalités.

    D’ailleurs, arrêtons nous sur ce qui semble, à première vue, devoir minimiser le rôle du maire, c’est-à-dire cette toute nouvelle communauté de commune, dont le centre décisionnel place de facto l’ensemble de la Presqu’île en périphérie. A tort ou à raison on peut juger cette évolution regrettable, susceptible, à terme, de réduire le rôle du maire à celui se simple exécutant, simple agent de proximité.

    Cette nécessaire proximité peut-elle souffrir d’un éloignement du centre des décisions ? Il est trop tôt pour en évaluer les effets. La mise en place de LTC est trop récente.  Mais on se doit d’espérer que nos élus, je parle ici de tous ceux qui s’étaient regroupés au sein de la précédente communauté de commune, sauront intelligemment s’affranchir de l’esprit de clocher pour, au sein de la nouvelle instance, défendre tout à la fois  les intérêts des habitants de leurs communes respectives, ceux de la population de la Presqu’île, ce qui revient à dire l’intérêt général de Lannion Trégor Communauté.

    Curieusement, les circonstances sont on ne peut plus favorables, malgré l’épée de Damoclès de la suppression de la taxe d’habitation. A l’heure du grand débat voulu par le pouvoir central, les maires savent désormais qu’on leur reconnaît à nouveau un rôle primordial. Mais cela doit nous interpeller, nous autres, citoyens de base.

    Allons nous attendre pour compter les points ? Comme cela a été le cas pour la maison de santé de Pleumeur-Gautier. Qu’avons-nous fait pour éviter un tel gâchis ? Car il s’agit bien d’un gâchis, humain et financier, dont nous autres patients et contribuables en payons le prix. L’heure n’est plus à savoir qui en porte la responsabilité. Les maires ? Les médecins, dentistes et autres professionnels de  santé ? Il convient désormais de dépasser le stade du ressentiment pour trouver une solution à un problème central de notre vie communautaire.

    La santé, l’école, l’environnement, l’assainissement, les voies de circulation, il y a là, comme sur tant d’autres sujets, matière à nourrir non pas un cahier de doléances mais à ouvrir un forum de discussion qui nous engage tous. Ne suspectons pas nos élus, du plus haut niveau à celui de l’échelon communal ! Aidons les au contraire à ne pas se fourvoyer, à prendre les décisions qui donneront à la démocratie son véritable gilet de sauvetage ! Ne sous-estimons pas le risque que font peser les actes de violence à répétition ! Le socle de la démocratie, c’est le dialogue constructif.

     

     

     

     

     


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    C'est tout un art de se remettre dans le bain

     

    Nous en convenons, sans tergiversation possible. Les Kermoustériens n’ont pas inventé l’eau chaude. La tradition du dernier bain de l’année ou du  1er de la nouvelle année est, ici, récente. Ailleurs, c’est un marronnier qui suinte depuis des décennies dans les colonnes des journaux ayant vue sur mer. Est-ce à dire qu’au sortir du lit du Trieux, nous serions tous un peu plus frileux ? Que nenni ! Et la preuve par neuf vient de nous en être une nouvelle fois donnée en ce premier jour de l’année.

    Neuf, ils étaient neuf à braver la froidure. Neuf accros du choc thermique, tous confiants dans leur capacité d’adaptation épidermique instantanée. Neuf « hirondelles des mers » qui ont plongé dans une eau à 9° par une température extérieure de même niveau. A 15 h tapant le soleil n’avait toujours pas daigné montrer le bout de son nez.

    Poussées par une légère brise de nord-est, nos dignes représentants ont tenu à prouver le bien fondé du dicton  « être sain comme un poisson dans l’eau ». Les emmitouflés venus nombreux pour les encourager leur reconnaissent cette capacité qui leur permet de cultiver l’art de se remettre dans le bain malgré les caprices du temps.

    Au sortir de l’eau, tout en sirotant un délicieux vin chaud de derrière les fagots, ce ne fut donc que pluie de félicitations. Chacun y allant de ses bons vœux, tous conscients que ce sont de tels moments de partage qui donnent tout son sel à la vie.

     

    C'est tout un art de se remettre dans le bain

    C'est tout un art de se remettre dans le bain

     

    C'est tout un art de se remettre dans le bain

    C'est tout un art de se remettre dans le bain

    C'est tout un art de se remettre dans le bain

    C'est tout un art de se remettre dans le bain

    C'est tout un art de se remettre dans le bain

     

    C'est tout un art de se remettre dans le bain 

    C'est tout un art de se remettre dans le bain

    C'est tout un art de se remettre dans le bain

    C'est tout un art de se remettre dans le bain

     

    Photos du "Club des Emmitouflés"


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  • Bienvenue à Krystel et Benjamin

    « Un instant de bonheur vaut mille ans de l’histoire ». Après avoir invoqué précédemment Montesquieu puis Rousseau, voici Voltaire, autre grande plume des Lumières. Nous ne sommes pas allés chercher cette maxime dans un livre, ni même sur un site de citations célèbres. Nous l’avons découverte après avoir  dépouillé de son enveloppe un chocolat des tables festives, dimanche après-midi, à l’occasion du désormais traditionnel goûter organisé par l’Amicale de Kermouster.

    Un vrai bon moment, malgré la fraîcheur, partagé par une quarantaine de personnes, sous le toit d’un hangar mis à notre disposition, La Cambuse n’étant toujours pas en mesure d’ouvrir ses portes. Quel dommage que nos hôtes, Christiane et Louis, n’aient pu être là physiquement! Quel dommage que d’autres voisins n’aient pu, eux aussi, partager ce moment de « bonheur » ! Un bien grand mot, me direz-vous, mais là où il y a de l’empathie les instants partagés en ont la saveur. Ainsi va l’histoire d’un village !

    Bienvenue à Krystel et Benjamin

    A cette occasion, nous avons fait la connaissance des repreneurs de La Cambuse, Krystel Le Moal et Benjamin Charpentier. Ils ouvrent un nouveau chapitre de cette histoire. Ce goûter, qui rassemble les résidents permanents du hameau, était une opportunité pour ce couple qui vit à Pommelin. Ils ont voulu la saisir pour se présenter et nous faire part de leurs projets. Nous en avions déjà une idée au travers des articles publiés dans la presse, mais comment ne pas apprécier cette démarche, d’autant plus qu’ils y ont ajouté la manière en nous proposant de goûter gracieusement à leurs galettes et crêpes. Pour une fois, les petites mains expertes dans le maniement du rouleau à pâtisserie n’ont pas à eu à faire usage de l’huile de coude. 

    Nous savions déjà à peu près tout sur ce qu’il va advenir de La Cambuse. Simple confirmation donc. La Cambuse conserve son nom et son aspect café épicerie. Il est prévu un dépôt de pain et de presse. S’y ajoute simplement sa dimension crêperie. Le midi en basse saison. Midi et soir aux beaux jours. Pour ce qui est de tourner la pâte, Krystel a du métier à revendre. Certains d’entre nous avaient certainement déjà, avant ce dimanche,  eu l’occasion de s’en convaincre en s’attablant Aux vieux gréements, la crêperie de Paimpol qu’elle tenait précédemment avec son compagnon.

    Les nouveaux gérants du fonds de commerce vont, par ailleurs, essayer d’attirer des producteurs locaux, à même l’ancienne cour de récréation aujourd’hui terrasse avec vue sur mer. Restera à définir la fréquence de ce petit marché, si ce projet va à son terme.

    A l’horizon 2020, la partie habitation qui jouxte l’établissement pourra accueillir les amoureux des sentiers de randonnée. La Cambuse peut devenir une halte repas appréciée sur le GR 34. Six couchages seront mis à disposition. A noter également, la mise en place d’un sanitaire accessible lorsque La Cambuse sera fermée.

     Si, en raison d’importants travaux de mise aux normes, l’établissement ne pourra pas ouvrir entièrement avant 2020, Krystel et Benjamin seront à pied d’œuvre dès la fin du mois de mars prochain. Ils ont investi dans une remorque magasin, ce qui va leur permettre de démarrer leur activité de petite restauration à même la terrasse. Ce magasin sur roues est un atout supplémentaire puisqu’il leur permettra de compléter leur activité en collant à l’événementiel (mariages et fêtes en tout genre). Un couple d’amis de Lézardrieux prendrait alors la relève pour ouvrir la porte du café épicerie aux horaires définis.

    Bienvenue à Krystel et Benjamin

    La Cambuse va donc reprendre les couleurs de la vie.  Mais sur un registre légèrement différent de celui auquel nous étions habitués, comme nous l’a expliqué Benjamin. Côté horaires justement. Nul n’étant taillable et corvéable à merci, La Cambuse, contrairement au célèbre Moulin de la Galette de la Butte Montmartre, ne sera pas un havre pour les noctambules.

    Krystel, qui a ses racines à Pleumeur-Gautier, et Benjamain  sont conscients des réalités du terrain sur lequel ils entendent poursuivre leur carrière. Lors de ce goûter de dimanche ils ont pu évaluer, à une dizaine près, le potentiel clientèle du hameau. Il n’est extensible qu’à la belle saison. Pour autant, Kermouster peut irradier sur toute la presqu’île. Et pourquoi pas au-delà des deux ponts ?

    La Cambuse est un lieu chargé d’histoire. Pour celles et ceux qui ont grandi à Kermouster, les murs suintent encore les peurs du temps redouté de la dictée. Nous ne doutons pas que Krystel et Benjamin sauront y conjuguer leurs intérêts avec l’esprit des lieux. Souhaitons leur de réussir dans leur entreprise. Ils sont les bienvenus !

     

    Bienvenue à Krystel et Benjamin

    Bienvenue à Krystel et Benjamin

     

     


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