• "Je trouverai le titre après..."

                                                                                                                          Photo Olivier Carrad

     

    Marion ne nous en voudra pas pour ce plagiat. Chanteuse compositrice, poétesse, elle sait par nature ce que c’est le « trou d’air », le manque d’inspiration. Même si nous n’avons pas la prétention, ici, de faire œuvre, il n’en va pas toujours comme d’une lettre à la poste pour écrire un billet et lui donner un titre, suffisamment accrocheur pour donner l’envie de le lire.

     Disons, qu’en ce matin du 14 octobre de l’an 2018, alors que la pluie s’invite après deux jours de vent venu directement du Sahara, nous nous sommes laissés aller à la facilité. Alors pourquoi pas utiliser le titre que Marion Cousineau a elle-même choisi pour son recueil de poésies ? Et cela, pour signaler qu’elle vient d’engager un nouveau tour de France, la guitare basse au bout des bras.

     Pour ceux, impardonnables, qui l’auraient oublié, rappelons que Marion passe désormais le plus clair de son temps au Canada, dans la Belle Province. Et que c’est au pays des érables qu’elle s’est décidée à « brûler les planches » pour tracer sa route.

     Ce dimanche 14 octobre, Marion est à Paris. Elle se produit dans le cadre des « Journées Brassens ». Dans un peu moins d’une semaine, ce samedi 20 octobre, elle sera à Plourhan, autant dire à une vingtaine de kilomètres d’ici à vol d’oiseaux. Pour un concert « à la ferme ». Puis elle s’envolera vers d’autres destinations pour se poser, le 18 novembre prochain, à Ivry-sur-Seine à l’occasion du « Forum Léo Ferré ». Pour en savoir plus, cliquez sur son blog :

     

    https://www.marioncousineau.com/

     ,                                                                     Pourquoi Plourhan ?

     Tout commence par un clic sur la souris !

     Annie et Jean-Paul Corbel sont exploitants agricoles. Ils élèvent des volailles à Plourhan, plus

    précisément à proximité de Lantic. Ils sont spécialisés dans la vente directe. Bien évidemment, quand ils allument l’ordinateur, c’est bien souvent pour une raison professionnelle. Internet est un outil de gestion indispensable. Mais il peut être aussi, comme pour toute personne en quête d’un ailleurs, un tremplin pour l’évasion, pour le changement d’air.

    Or Annie et son mari cultivent la passion du beau chant. Désormais, l’écran de l’ordinateur vous ouvre de larges horizons sur la création artistique. Et c’est ainsi, chemin faisant, qu’ils ont découvert le style et la prose de Marion.

     Un deuxième clic, pour savoir si elle accepterait de venir chanter à même l’exploitation. Connaissant Marion, elle n’a pas du hésiter trop longtemps pour donner son accord. Le concert chez l’habitant, c’est dans ses cordes.

     Souvenez-vous ! C’était également un samedi, le 19 août 2017. Marion nous avait offert ce jour là un tour de chant à même la terrasse de La Cambuse. Qu’importe le vent glacial qui soufflait de jour là, Marion avait chaleureusement révélé sa propension à faire corps avec son public, quel qu’en soit l’importance. Mais il est vrai que ce jour là elle chantait devant des « inconditionnels » de la première heure. Hélas ! Mille fois hélas ! Elle ne pourra pas repasser par Kermouster. L’an prochain ? Qui sait ?

     A Plourhan, Marion aura à se produire devant soixante à soixante-dix personnes tout au plus. C’est à quelques unités près la capacité d’accueil du site. La soirée n’a d’ailleurs aucun but lucratif. Pour Annie et Jean Paul, il ne s’agit pas d’une première. Ils organisent au moins une fois par an ce type de concert.

     Ces soirées à la ferme sont placées sous le signe de l’échange, avec à la clef le partage des mets que chacun aura apporté. Le poulailler devient alors auberge espagnole.

     Alors si l’envie vous tenaille d’aller caqueter intelligemment ce samedi, voici les coordonnées où vous pouvez joindre Annie et Jean-Paul. Pas question d’arriver à l’improviste, compte tenu de la relative exiguïté de l’espace concert. Il ne saurait être question de perturber le royaume du cocorico. Même s’il ne fait aucun doute là-dessus : la voix douce de Marion ne peut qu’avoir des effets bénéfiques sur son environnement d’un soir. Il se dit même qu’on y glousse déjà de plaisir.

     Tiens donc ! Cela aurait pu donner matière à un bon titre…

     02 96 71 94 90

     Une précision : la participation est libre, il s’agit d’un concert « au chapeau ».

     

     


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  • Pédale douce et clap de fin

    Il a plu dru samedi dernier. On en était à croire que, cette fois, le soleil rentrait dans ses quartiers d’hiver. Le hameau aussi. Pour preuve : la reprise effective des permanences de la mairie le premier samedi du mois.

    Ce jour là, c’est l’adjointe Maryvonne Le Berre qui s’y collait. Avec peut-être au fond d’elle-même la crainte d’avoir à poireauter dans une salle vide, dans un quartier du Crec’h souffrant toujours de la fermeture de La Cambuse. Le ciel en pleurs ne risquait-il pas de freiner l’envie des Kermoustériens de nourrir le cahier des doléances ?

    Qu’elle n’a pas été sa surprise d’avoir un comité d’accueil constitué de plusieurs résidents de la rue Saint Maudez. Un collectif venu l’alerter sur l’urgence qu’il y avait à prendre en compte un problème qui les concerne au premier chef, quoique ayant une portée plus générale. Ce problème : le non respect, par moult automobilistes, de la limitation de la vitesse dans le hameau et tout particulièrement sur cette artère, principale voie pénétrante. Bien évidemment la représentante de la mairie ne pouvait que prendre note, mais il serait en effet souhaitable que ce problème trouvât une solution.

    Cette solution repose pour partie en nous-mêmes. Quand je dis nous, j’entends nous autres les habitants du hameau. Attention donc à la coupable distraction ! Ayons la pédale douce ! Mais comment sensibiliser tous ceux qui s’en viennent y faire un tour, toujours trop pressés par le temps ? Verrons nous un jour la maréchaussée investir les lieux pour sanctionner les impénitents du pied sur l’accélérateur ? La peur du gendarme. Faudra-t-il en passer par là ?

    La "fille unique" et le cosmonaute

    La veille de cette journée pluvieuse, Bruno Merle avait donné le dernier tour de manivelle de « Fille unique », un long métrage qui placera Kermouster au cœur de l’étrange. Le gendre de Jean-Noël et Pasquale Destremau, entouré d’une pléiade de collaborateurs et techniciens, aura pu bénéficier de la clémence des cieux tout au long du mois de septembre, et boucler, dans les temps, la phase des prises de vue.

    Quatre semaines de tournage. A Kermouster, mais également à Lézardrieux, Gwin Zegall, Tréguier. Quatre semaines qui ont légèrement bousculé les us et coutumes du coin, mais dont personne ici n’a eu à se plaindre. Reste seulement l’impatience de pouvoir découvrir ce film dont nous ne pourrons apprécier le résultat que dans un peu plus d’un an. Monter un film demande du temps.

    Ce film raconte l’aventure (ou mésaventure ?) d’une famille vivant dans un bateau, venue s’ancrer là, à la veille de la rentrée scolaire. Que vient faire un cosmonaute dans cette histoire ? Nous aurons commémoré le cinquantième anniversaire des premiers sur la Lune bien avant de le savoir. Seule confidence de Bruno Merle, « C’est à Kermouster et d’abord à Kermouster que je voulais principalement tourner »

    Une affaire de cœur en quelque sorte, qui s’explique par l’attachement de la famille Destremau à ce qui est, déjà depuis une vingtaine d’années, leur village.

    Une affaire de famille aussi, puisqu’aux côtés de vedettes confirmées, Pio Marmaï et Camille Rutherford, Rita Merle, 12 ans, la fille du réalisateur, fait en quelque sorte, ici, sa rentrée dans le grand bain du monde artistique. En cela, elle ne fait que prendre le sillage de sa mère, Emmanuelle Destremau, actrice de théâtre, de cinéma, réalisatrice elle-même et, qui plus est, auteur et chanteuse, au sein du groupe Ruppert Pupkin. Elle-même apporte son concours à cette réalisation. Elle y fait une courte apparition. Comme chanteuse. La scène a été tournée au Yacht Club de Lézardrieux.

    On se prend à rêver d’une « avant première » projetée dans l’arrière salle de La Cambuse, car il y aura déjà plusieurs mois déjà que le café épicerie aura alors repris sa vitesse de croisière. Les élus se penchent activement sur le dossier.

    A l’occasion de cette première permanence, Maryvonne Le Berre a laissé entendre qu’il y avait quatre dossiers de retenus, portant sur des projets très intéressants. L’idée même de transformer la partie habitation en gîte d’étape serait même dans l’air. Mais là nous en restons au stade des supputations.

    Une seule certitude : les volets de La Cambuse ne s’ouvriront pas avant un certain temps. Il va d’abord falloir procéder à quelques travaux de rénovation dans les aménagements.


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  • Un week-end à la croisée des chemins

    En cette période d’équinoxe, temps permettant, on gagne beaucoup à quitter de bonne heure la chaleur des draps. Ce dimanche 16 septembre, il faisait bon pouvoir assister au lever du soleil, histoire de se convaincre, si tant est que cela soit encore nécessaire, que nous avons, nous autres les Terriens, mille et une raisons, d’apprécier ce qui fait le sel de la vie, à Kermouster comme ailleurs. Nous devons avoir conscience d’être les acteurs spectateurs privilégiés du plus beau spectacle qui soit : la nature en mouvement. Soit en baissant les yeux, soit en levant le nez au ciel, nous pouvons, sans bourse déliée, savourer le plaisir d’être.

     Ce dimanche, le hameau se trouvait en quelque sorte,  depuis la veille,  à la croisée des chemins. Dernière journée d’un week-end dédié à la défense du patrimoine, mais qui aura été marquée par le  cinquantième anniversaire de la création du GR 34, sans oublier la World CleanUp Day, c'est-à-dire la journée mondiale du « grand nettoyage ». Dans quelque 130 pays, des bénévoles ont retroussé leurs manches, ce samedi, pour s’en venir récupérer les déchets qui polluent leur lieu de vie.

      Même s’il convient d’y penser encore et encore, sur ce dernier point, les Kermoustériens ont pris quelques longueurs d’avance puisqu’en juin dernier, comme ils en ont désormais l’habitude, ils se sont retrouvés sur l’estran pour récupérer les détritus que la marée nous ramène ou que quelques négligents laissent traîner, souvent volontairement. Le hameau prend donc sa part dans cette lutte qu’il nous faut mener contre les travers de notre société. Dans son propre intérêt, bien sûr, mais ce faisant, dans l’intérêt général. Nous sommes tous éco-responsables. Pour nous éviter d’avoir à user trop souvent de l’huile de coude ou à dénoncer les insuffisances de nos élus en la matière, il nous suffit d’opérer à la source du problème, c'est-à-dire, par nous-mêmes,  en évitant le geste inconséquent.

     Pour ce qui est du patrimoine, là encore, le réflexe citoyen doit jouer son rôle. Cela s’est vérifié à Kermouster, tout particulièrement pour ce qui concerne la sauvegarde du patrimoine de la chapelle. On ne peut que se féliciter de voir que nos élus ont eux aussi pris à cœur d’ouvrir ce dossier, même si la problématique financière qu’il  leur pose relève du casse-tête. D’autant qu’ils n’ont pas ce seul édifice religieux à gérer.

     Nous ne leur reprocherons pas d’avoir privilégié, pour cette journée du patrimoine,  la chapelle Kermaria, celle de Kermouster étant restée fermée tout au long du week-end. Cette chapelle de l’intérieur aussi doit faire l’objet d’une attention soutenue. Et nous n’oublions pas le chantier colossal de l’église Saint Jean Baptiste du bourg, ni les autres sites n’ayant aucun caractère religieux qu’il faut pouvoir au moins maintenir en l’état.

     Pour ce qui est du GR 34, dont la création a été initiée par un Lanionnais, Kermouster est comme qui dirait en pôle position entre Le Mont Saint Michel et le pont de Saint-Nazaire. Le point de vue que le hameau offre sur l’horizon marin est, nous sommes bien placés pour le savoir, remarquable. Ce GR est assurément un outil indispensable à la promotion de la Presqu’île dans son ensemble. Son label Presqu’île sauvage ne peut qu’attirer les passionnés de la vie au grand air.

     A ce titre, nous émettons une suggestion. Faire en sorte que le hameau soit bel et bien notifié dans l’itinéraire qu’emprunteront de nouveaux marcheurs dont le nombre ne peut aller qu’en grandissant compte tenu des vertus de plus en plus partagées de la marche à pied. Ce qui nous amène à parler du devenir de La Cambuse, un lieu de vie à valeur patrimoniale.

    La Cambuse sur le GR 34

     Le regret de la disparition de Sylvie Çaldugaray  est toujours vif, mais il nous faut, à raison, poser la question du devenir du café épicerie. Du côté de la mairie, on laisse entendre que les demandes ont afflué et qu’il y a des projets pertinents. Le sont-ils eu égard à ce qui nous semble être les caractéristiques du lieu ? Nous ne devrions plus tarder à le savoir.

     De notre point de vue, il faut que les parties prenantes soient bien conscientes qu’un tel établissement ne pourra pas s’affranchir des contraintes de son environnement. Il ne faut pas rêver faire ici de colossaux bénéfices. Tout au long des mois d’hiver, le hameau campe dans un superbe isolement. Ce n’est qu’au printemps et jusqu’aux premiers jours de la chute des feuilles qu’il suscite la curiosité des amoureux de beaux paysages.

    Pour autant, La Cambuse, dont il serait désobligeant de changer le nom, demeure un lieu de vie du quotidien. C’est comme qui dirait la plaque tournante de la vie sociale. Nous ne pouvons donc qu’inciter les futurs gérants du lieu à emboîter leur pas dans celui de  Jean-Michel et Sylvie Çaldugaray. Ces amis aujourd’hui disparus ont su « redonner une âme » à ce qui fut, pour un certain nombre de kermoustériens, la case départ du chemin vers la connaissance.

    Dans cette ancienne école, les murs suintent d’un long vécu. Il faudra donc faire preuve de tact, ce qui, bien évidemment ne doit pas empêcher ces futurs nouveaux amis d’y apporter leur propre touche. Qu’ils le sachent déjà : ils sont les bienvenus.

    Un week-end à la croisée des chemins


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  • Le Pardon sous la clémence du ciel

    Entre le pardon et le pèlerinage, la nuance est grande. La Bretagne, comme on le sait, est riche en fêtes religieuses qui honorent localement un saint. Il en est ainsi de Saint Modez  dont les fidèles cultivent la mémoire dans plusieurs localités de la Presqu’île. Cela n’a rien à voir avec le Tro Breiz dont nous avons eu l’occasion de parler récemment puisque les pèlerins ont été amenés, cette année, à faire une halte à Kermouster. Ce jour là, quelque 1700 personnes ont foulé les chemins qui mènent, par la côte, de Pleubian à Lézardrieux. Ce dimanche 26 août, jour de pardon dédié à Saint Modez, on n’était plus dans cet ordre de grandeur. Pour autant la chapelle s’est avérée, une fois encore, trop petite pour accueillir tout son monde.

    Au lendemain du recueillement autour de la dépouille de la regrettée Sylvie  Çaldugaray, il aura fallu, comme si de rien n’était, penser aux préparatifs des festivités qui encadrent, dès le samedi et jusqu’au lundi, la cérémonie religieuse. Une grosse poignée de bénévoles s’est activée ce jour là à préparer les allées pour les concours de boules et à souquer solidement le barnum qui sert à la fois de salon de thé et d’abri en cas de pluie.

    Le Pardon sous la clémence du ciel

     Tout au long de ce week-end, le vent aura été de la partie, notamment, dimanche, en fin de matinée, quand la traditionnelle procession s’est mise en branle pour rejoindre le calvaire. Alors que sur le plan d’eau du Ferlas se disputait la toute aussi traditionnelle régate des Lilas blanc de Loguivy-de-la-mer, les bannières n’avaient rien à envier aux voiles des bateaux. Ça soufflait trente cinq nœuds. Ce qu’il faut pour animer une régate, mais pas au point de mettre à terre les préparatifs mis en place sur le parking de l’île à Bois. Suffisamment quand même pour éloigner, au moins durant quelques heures, le risque de pluie, préjudiciable à la réussite de ce rendez-vous festif

    Le Pardon sous la clémence du ciel

    La cérémonie religieuse a pris un peu plus de temps que d’habitude, mais, le père Yves, qui officiait ce jour là, a eu à baptiser deux enfants. La communauté catholique recevait en son sein, ce dimanche, Lucas et Emilien. De l’épître aux Ephésiens nous ne dirons rien, n’ayant pas été présent et n’étant guère familier des lectures du Nouveau Testament, mais nous avons ouï dire que cela avait quelque peu interpellé l’assistance. En bien ? En mal ? Seuls celles et ceux qui ont écouté le sermon seraient en mesure de le dire.

    Le Pardon sous la clémence du ciel

     Après la procession, qui cette année ne bénéficiait pas de la présence des cornemuses et bombardes, tout le village s’est réuni sous un barnum installé à même le point de vue, à deux pas de La Cambuse. Le pot du maire fait aussi partie de la tradition. Nous ne ferons pas le reproche à Marcel Turuban de n’avoir pas saisi l’occasion pour tenir un discours nous faisant part des intentions de la commune concernant l’avenir du café épicerie. Quarante huit heures tout juste après avoir honoré la mémoire de Sylvie au cimetière, l’heure était encore à la décence. Il faut savoir donner du temps au temps.

    Le Pardon sous la clémence du ciel

    La fête du dimanche après-midi aura bénéficié d(un temps agréable et s’est déroulée dans un fort courant de sympathie. Pour l’Amicale de Kermouster, elle constituera un bon cru.

    Les jeux en bois n’ont pas connu de temps morts. Les préposées aux crêpes n’ont eu de cesse de faire fonctionner l’huile de coude. Entre l’incontournable riz au lait et les crêpes, vingt litres de bon lait de vache, généreusement offerts,  y seront passés.

    Le Pardon sous la clémence du ciel

     

    Le Pardon sous la clémence du ciel

    Le Pardon sous la clémence du ciel

    Le Pardon sous la clémence du ciel

    Le Pardon sous la clémence du ciel

     Pour mémoire on retiendra que la traditionnelle bourriche contenant des surprises pesait très exactement 18,760 kilos. Une seule gagnante cette année. Quant à la loterie elle n’aura fait que des heureux, alors qu’autour de la buvette les commentaires allaient bon train sur les résultats des deux premiers concours de boules.

    Le Pardon sous la clémence du ciel

    Là encore un bon cru : 35 doublettes le lundi, 32, le dimanche Il y en aura 20 le lundi. On ne saura jamais assez remercier la municipalité d’avoir su répondre à l’attente des organisateurs. Les services techniques, Pierrick se reconnaîtra, ont donné au plateau des jeux une surface roulante à souhait.

    Samedi, pour cause de nuit tombante, les demi finalistes se partageront les deux premiers prix. Idem le lendemain, cette fois pour cause de pluie, puisque pluie il y aura quand même eue en toute fin d’après-midi. Bis repetita placent lundi, mais cette fois pour  le motif que les prix répartissant la somme des engagements n’avaient pas été calculés, ce jour là,  de la meilleure manière qu’il soit. Pas assez équitables!

    Le Pardon sous la clémence du ciel

    Le Pardon sous la clémence du ciel

     Un des demi-finalistes exprimera clairement ce mécontentement, somme toute passager : « Nous ne jouons pas pour l’argent ». Une affirmation ô combien rassurante et qui nous fait penser que la relève est sur la bonne trajectoire. Car relève il y a ! Cette année encore, les jeunes ont tenu tête aux vieux de la vieille.

    Nous voulons croire que Maël et Titouan, auxquels sera remis le trophée récompensant des jeunes talents, se sont remis de leur défaite en finale…de la consolante de lundi. L’échec est formateur. En tout cas, un beau point final pour ces trois jours de pardon qui ont bénéficié de la clémence du ciel.

    Promis, juré ! Le concours de l’an prochain sera irréprochable. Ils seront même d'équerre avec le règlement de la Fédération nationale des sports en milieu rural, puisque, là encore, on nous a gentiment glissé le conseil dans l'oreille. La seule garantie sur laquelle l'Amicale ne peut se prononcer tient au temps qu’il fera. Mais qu’on se le dise, à Kermouster, on a l’art et la manière de passer à travers les gouttes.

     

    Le Pardon sous la clémence du ciel


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  •  Sur le lit du grand départ, elle avait un visage d’ange. Sylvie  reposait déjà dans le pays de nos souvenirs, comme apaisée. Elle aura mené, durant de longs mois, un rude combat, avant de rendre les armes. Elle n’avait que soixante ans.

     Ce jeudi matin 23 août 2018, un léger vent tiède soufflait au-dessus du petit cimetière où elle allait prendre demeure. Dans ce caveau familial où repose, depuis tant d’années, cette sœur qui n’aura pas eu la chance de grandir, fauchée à la fleur de l’âge par une balle perdue d’un chasseur. Première grande souffrance.

     Tous les gens du village étaient au rendez-vous, mais aussi d’autres amis de la presqu’île et d’ailleurs. Pour soutenir Charles et Alexandrine, ses enfants, et leurs familles, dans ce qui se vit toujours comme une rude épreuve. Une cérémonie tout en sobriété, sans grandiloquence. Des chansons choisies judicieusement par ses enfants. Et des paroles chargées d’émotion sincère.

     C’est son cousin, Marcel Turuban, par ailleurs maire de la commune, qui nous a rappelé ce que fut son cheminement. Kermouster lui a donné vie, mais c’est sous d’autres cieux qu’elle aura vécu sa vie de femme. Dans les pas de Jean-Michel, son militaire de mari.

     Çaldugaray qu’il s’appelait. Un Basque, mais Breton de cœur. Aucun doute là-dessus ! Jean-Michel lui a d’abord fait connaître son pays, puis ce sera, entrecoupé d’autres affectations,  l’Afrique et la Guyane. Il était parachutiste.

     Carrière terminée, c’est à Kermouster qu’ils ont alors choisi de s’en revenir. Jean-Michel nous a quittés, en plein coeur de l’été, voilà trois ans. Sylvie est restée à la barre. L’un et l’autre ont su redonner vie à ce qui fut l’ancienne école de Sylvie.

     Les témoignages qui suivent traduisent parfaitement le sentiment général. La Cambuse a redonné du souffle au hameau. Plus qu’un simple café épicerie, ce fut un lieu de vie, un point de rencontre qui a gommé le risque du repli sur soi.

     Dans le petit cimetière de Kermouster, il y avait de nombreux enfants. Derniers jours de vacances. Peu encline à parler d’elle, il aura fallu attendre ce jour pour apprendre que Sylvie a d’abord exercé le métier de puéricultrice. Sylvie aimait les rires des  enfants.

     Elle n’était pas en reste pour leur glisser gracieusement dans la main quelques sucreries. Plus tard, beaucoup plus tard, ces enfants évoqueront, à leur tour, son souvenir. Ils savaient trouver refuge chez elle. Rien que pour eux, elle avait tenu à installer un coin bibliothèque.

     Charles et Alexandrine ont eu la gentillesse d’inviter qui voulait à venir trinquer à la mémoire de leur mère. La Cambuse, le temps d’un adieu, a rouvert ses volets. Une dernière aubade, L’Auvergnat a capella, à même la terrasse du café épicerie, dans l’ancienne cour d’école. Sylvie aimait aussi Brassens. En ces derniers instants de partage, le ciel s’est mis à pleurer. Un léger crachin à l’heure de la renverse de la marée.

     Sylvie avait du cœur. Elle aura su toucher le nôtre.

     

     

    Sylvie restera vivante dans nos coeurs

     

     Sylvie est née à Kermouster. C'est là qu'elle a été à l'école. C'est là aussi qu'elle a fini son chemin. Entre les deux, une vie de femme, une vie de mère avec ses joies, ses difficultés, ses peines.

     

     Avec Jean-Michel, ils avaient tenté et réussi l'incroyable pari de redonner vie à l'école de Kermouster, devenue la Cambuse. Petite lumière dans les nuits d'hiver, lieu joyeux lors des concerts d'été, dans la lumière magique du soir sur l'estuaire du Trieux. Ils avaient ouvert grand leur porte à beaucoup d'initiatives : réunions, conférences, projections. soirées musicales prévues ou improvisées…

     

     Derrière le comptoir, Sylvie nous accueillait tous : ceux qui voulaient parler, ceux qui voulaient se taire, ceux qui voulaient juste se poser un instant, ceux qui avaient besoin d'un peu de réconfort…

     

    Après la disparition de Jean-Michel, elle a continué seule, courageusement. C'est avec ce même courage qu'elle a affronté la maladie, portée par l'espoir de pouvoir à nouveau nous accueillir à la Cambuse. Si l'avenir de la Cambuse est incertain,, une chose est sûre : Sylvie restera vivante dans nos cœurs à tous.

     

    Le village, croyants comme non croyants, s'apprête à fêter son saint patron, Saint Maudez, C'est à lui que nous aurions envie de confier Sylvie, que nous avons aimée.

     

                                                                                                Claudie Asselin-Missenard

     

    Une femme d’importance

     

    Etant à l’étranger,  je n’ai  pu assister  aux  obsèques  de Sylvie, et je voulais rendre hommage à cette femme d’importance.

    Nous l’aimions tous, Kermoustériens de souche ou d’adoption, elle nous le rendait bien, c’était une belle, une bonne personne. 

    Un film de Henri Verneuil de 1956 s’intitule Des gens sans importance. C’est l’histoire d’un camionneur et d’une serveuse de restaurant qui tombent amoureux. Ce titre m’a fait penser à Sylvie. Comme beaucoup d’entre nous, elle était peut-être une personne sans importance au regard des hiérarchies, des importants qui mènent le monde. Elle n’en aura été que plus importante pour chacun d’entre nous parce que le cœur et la bonté des êtres ignorent les hiérarchies. 

    Sa chaleur, son accueil, sa gentillesse, son humour nous ont aidé, à sa façon, à vivre au quotidien nos jours bretons heureux. Entrer à la Cambuse, c’était respirer une petite bouffée d’humanité. C’est cela qu’on venait chercher,  avant le café, son pain ou une conserve ou boire un verre.

     Elle savait les deux ou trois choses qu’il faut savoir sur nous, on lui faisait des confidences légères qu’elle gardait pour elle. C’était tout simple, qu’il pleuve ou qu’il vente, et même qu’il fasse beau, elle oubliait une fois sur deux de compter le café, ajoutait un sucre ou pas en précisant qu’on n’était pas au Georges V, racontait de sa voix amusante les beaux voyages en France avec Jean-Michel, disparaissait mystérieusement une minute dans sa réserve, gardait un paquet de cigarettes sous le comptoir pour quand vous reveniez en week-end ou en vacances trois mois plus tard, lançait un regard vers la mer pour voir quel bateau passait, sauf qu’elle ne reconnaissait  jamais le mien alors que je l’avais prévenue que je sortais en mer, et nous riions de cela quand je rentrais de mes trois ronds dans l’eau. « La prochaine fois, je passerai avec un paquebot. Comme ça, Sylvie... »

    Charles, son fils, soignait la terrasse, elle jouait avec sa petite fille. « Ca pousse », disait-elle, heureuse avec un petit rire. Elle partit car elle était malade. Elle nous manquait. Elle revint au bout de plusieurs mois, la Cambuse rouvrit. On était soulagé, on reprit nos habitudes de fin d’après-midi autour d’un verre, elle faisait le tour du comptoir pour nous embrasser, on la croyait guérie, mais non.

    Kermouster est un petit village lui aussi sans importance, un point sur la carte de la Bretagne, mais pour nous le plus cher, avec sa chapelle, toutes ses fleurs le long des routes, et la Cambuse qui en était le dernier lieu pour tous, après qu’aient disparu les trois cafés de mon enfance, l’épicerie de chez Chénie et la petite école primaire. Et les cloches de la chapelle qui ne sonnent plus  l’angélus.

    Si la Cambuse survit à Sylvie, je verrai toujours apparaître son doux visage quand je pousserai la porte, avant de voir qu’elle n’est plus là.


                                                                                                                    
    Gilles Hertzog.     


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