• Nous avons tous quelque chose...

     Eté 2015, Annie Petibon et Yvonne Henry. Deux soeurs, nées Le Bideau; deux complices; deux sourires qui ne s'effaceront pas

    A Kerantour, dans la salle du funérarium, autour de son cercueil, aux côtés de son fils, de ses nièces, de leurs proches,  ses amis, ses voisins sont venus, ce mardi 5 décembre, saluer sa mémoire. Yvonne Henry, née Le Bideau, s’en est allée vers l’au-delà. Deux ans après sa grande sœur Annie Petibon. Les anciens ont connu l’épicerie de la place du Crec’h que tenait « Chinie », la belle-mère d’Annie. Virginie Petibon n’est plus là, depuis 1972. Des Kermoustériens s’en souviennent encore. Sa maison est restée un point de ralliement pour toute la famille. Annie ; Vonette ; deux visages enjoués que nous ne croiserons plus dans les venelles du hameau.

    Vonette, comme ses intimes l’appelaient, venait de fêter ses 88 ans. Filles d’un capitaine de la marine marchande mort trop tôt, elle et sa sœur n’ont jamais rompu l’amarre avec la Presqu’île. A la retraite, Vonette jettera l’ancre à Pommelin, à cinq ou six encablures d’ici, après une vie professionnelle passée sous d’autres cieux. En Normandie, où elle exerça le métier d’institutrice. Pommelin, le creuset de la famille Le Bideau.  

    Les deux sœurs aimaient se retrouver à l’heure des vacances dans cette maison de la place du Crec’h. C’est de là qu’elles partaient ensemble sur les chemins de leur mémoire commune. Même après le décès de sa sœur, Vonette aura continué à marcher, avec tous ses amis de la Presqu’île. D’un caractère bien trempé, elle laisse le souvenir d’une femme dynamique et joyeuse.

    Ce mardi, nous apprenions la mort de Jean d’Ormesson. Même les Immortels ne peuvent échapper à l’épreuve du grand passage. Vonette était institutrice. Jean d’Ormesson, comme tant d’autres, lui est en quelque sorte redevable. Comme nombre de ses collègues, Vonette aura formé des générations de lecteurs. Bruissait également, en ce triste matin, l’information selon laquelle on allait remettre la dictée au goût du jour. C’est un exercice périlleux que de vouloir faire parler les morts, mais nous sommes certains que Vonette aurait laissé tomber ses bâtons de marche pour applaudir à cette décision. Conjuguer, orthographier, pour pouvoir lire et écrire. Pour comprendre le pourquoi de la vie, jusqu’au point final. Et qu’importe si ce point final à la forme d’un point d’interrogation !

    "Nous avons tous quelque chose" chantait Johnny Hallyday. De Tennessee? Peut-être! Mais assurément, notre propre part d'immortalité. Les sourire d'Annie et de Vonette ne s'effaceront pas

     


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  • A l'heure du Téléthon avec Chemins et prtimoine

    Un temps de saison ? Après le fort coup de vent de la nuit de mercredi à jeudi, c’est bien le sentiment d’être entré dans l’hiver qui prévaut désormais. La couleur du ciel se montre très changeante. Ce samedi 25 novembre, il aura même fallu faire face à des bourrasques de grêle. Mais il n’y avait pas là matière à décourager les marcheurs de la Presqu’île et d’ailleurs. Ils étaient une soixantaine à avoir répondu à l’appel de l’association Chemins et Patrimoine qui organisait ce jour là, au départ de Kermouster, une marche au profit du Téléthon.

    Une boucle de quatre kilomètres, via Pommelin, pour celles et ceux dont les jambes n’en demandaient pas plus, quatre  kilomètres de rabiot, via Bodic, pour celles et ceux qui n’avaient pas encore le souffle coupé. Salués au départ, comme il en est ainsi désormais, par les cornemuses et bombardes des Sonerien an Trez, ils ont pris leur courage à deux mains et deux pieds pour servir la cause. Le ciel aura daigné faire  preuve de clémence durant la durée de l’épreuve.

    Pour ceux venus d’ailleurs, Robert Mouly a prêté son concours pour une visite guidée de la chapelle, malgré l’état de capharnaüm qui y règne : retable déposé, autel recouvert de plastique, ex-voto en cours de restauration à mille lieues de là. Il lui aura fallu trouver les mots pour donner à voir et à comprendre. Sauf contretemps de dernière minute, le grand vitrail de derrière l’autel ne devrait pas tarder à reprendre place dans son ogive de pierres.

    Ne brisons pas l’élan du cœur !

     Cela fait tout juste trente ans que l’Association française contre la myopathie (AFM) s’est associée à la Télévision pour financer des projets de recherche sur les maladies génétiques neuromusculaires essentiellement. La recette de cette journée de marche ponctuée par une soirée festive, qui regroupa le soir quelques trois cents convives à la salle Georges Brassens, sera versée à cette œuvre.

    Un esprit de solidarité qui tranche avec les révélations de ces dernières heures selon lesquelles certains chirurgiens auraient la main un peu trop lourde puisque pratiquant  des opérations ne s’avérant pas indispensables. Idem avec certains généralistes qui réclament une consultation à 55€ en cas de découverte d’une maladie rare.  

     Le contribuable français, que l’on dit rétif face à l’impôt, montre qu’il est prêt à mettre la main au gousset dès qu’il s’agit d’aider à la recherche en matière de santé. Il serait bon que de l’autre côté, celui des professionnels on sache mettre un frein aux agissements de celles et ceux qui prennent quelques libertés avec les fondamentaux déontologiques du  serment d’Hippocrate. Il ne s’agit pas de demander à notre toubib de se montrer philanthrope au détriment de lui-même, mais de s’en tenir à ce qui nous semble relever de l’éthique. Une société « en bonne santé », c’est une société où tous ses membres conservent le sens de l’intérêt général. Ne brisons pas l’élan du cœur ! 

    A l'heure du Téléthon avec Chemins et prtimoine

     

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  • Nous pensions nourrir cette chronique en lançant, ce lundi 20 novembre,  une idée, à bien des égards, « lumineuse ». Nous avons déjà eu l’occasion d’évoquer le problème de l’éclairage du tout nouveau vitrail. Nous écrivions, alors, qu’il serait bien de remplacer le projecteur par une lumière mieux dosée et faisant ressortir toutes les couleurs du vitrail. A l’approche de Noël cela aurait été un beau cadeau fait au hameau car, de par son positionnement et sa puissance le projecteur ne rendait pas les effets espérés.

    Ne rendait pas…parce que de projecteur il n’y a plus. Les services techniques de la mairie l’ont enlevé, ce lundi après-midi, non pas pour accéder à cette demande, mais afin de récupérer le câble électrique qui servira à alimenter la traditionnelle rivière de guirlandes qui décore chaque année, de décembre à janvier, la façade ouest de la chapelle. Cette idée n’a donc plus lieu d’être, puisque le vitrail, même mieux mis en valeur, risquerait d’être tout simplement noyé par le ruissellement de cette rivière à dominante bleue.

    De notre point de vue, un meilleur éclairage du vitrail, associé aux  guirlandes du grand sapin, suffirait à assurer le caractère festif de la période de Noël, mais nous nous contentons de l’exprimer, conscients du poids des us et coutumes. Va pour la rivière bleue !

     Pour autant, l’idée d’une meilleure valorisation du vitrail  sur une plus longue période mérite d’être prise en compte. Même si, d’ici un mois,  les jours iront se rallongeant, il serait bien, une fois les fêtes passées, que le vitrail retrouve son éclat aux premières heures du matin et en fin de soirée. Donc, si du côté de la Mairie on peut chercher à donner corps à cette idée, nous en serons satisfaits. Pleinement, si cela passe par un système permettant une alimentation électrique autre que celle qui a été mise en place. Le gros câble qui surplombe la rue entre un poteau électrique et la chapelle gâche assurément l’harmonie du tableau. Aura-t-on l’idée lumineuse ?


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  • Le 3 août 2014, nous mettions en ligne un article (Les Poilus et Marins de Kermouster), qui soulignait la contribution humaine du hameau durant la Grande Guerre. Pour pouvoir évoquer, alors que des milliers d’hommes partaient vers la mort,  le souvenir  des quatorze victimes dont les noms sont gravés sur une plaque de marbre dans la chapelle, nous avions bénéficié des travaux de recherches de François Souquet, ancien officier mécanicien de la marine marchande. Membre du Souvenir Français, François Souquet réside à Lézardrieux après avoir séjourné, quelques années durant à Kermouster. L’année prochaine, à la date du 11 novembre – Ce sera un dimanche – il ne serait pas inutile que le hameau s’associe pleinement, une nouvelle fois, aux cérémonies qui marqueront le Centenaire de l’Armistice.

    Le Président Macron a manifesté l’intention d’inviter à Paris des délégations des 80 pays belligérants. L’initiative mérite d’être saluée. Mais la France ne se résume pas à Paris. Partout en province, jusque dans les plus petits villages, donc ici, il conviendra de fêter la Paix recouvrée, que l’on pensait alors définitive.

    Ce samedi, il pleuvait dru devant le monument au mort de Lézardrieux. N’en déplaise à Brassens, icône de la Commune, chantre de la pluie à ses moments (é)perdus, un petit rayon de soleil aurait été le bienvenu. Ecrire cela, ce n’est pas  oublier les conditions qu’ont connu les Poilus durant les deux derniers hivers de ce conflit. La température dans les tranchées atteignit parfois durant la nuit les – 20°. 

    Comme les années précédentes, Marcel Turuban, le maire, aura prononcé une allocution chargée d’espérance. Plus jamais ça ! On connaît le refrain et le monde d’aujourd’hui nous fait craindre le pire. Mais raison de plus pour saisir toutes les occasions qui rappellent l’absurdité de la guerre. Nous autres humains avons autres choses à faire que de nous entretuer. Nous sommes tous passagers d’un vaisseau spatial dont il nous faut partager le destin. C'est ce messsage que nous a transmis, voilà fort longtemps, Paul Fort (1872-1960), à travers son poème La Route autour du Monde (voir ci après). Paul Fort,  « Prince des Poètes » en 1912. Un homme de coeur auquel Brassens a su rendre hommage

    Cette Grande Guerre, comme l’a d’ailleurs souligné l’exposition qui s’est tenue cette semaine, salle Georges Brassens, a été qualifiée, à juste titre, de Première guerre mondiale. A l’occasion de ce 11 novembre, Lézardrieux a pu bénéficier, une semaine durant ,  du travail d’archives effectué par l’Espace Léopold Sédar Senghor  que Jean-Claude Raoult, Lézardrivien mais ancien maire de Verson, avait créé, en son temps, dans cette commune du Calvados. Verson s’honore d’avoir été un lieu de résidence pour celui qui fut le premier président de la République du Sénégal, de 1960 à 1980, après avoir été un homme d’Etat français. Léopold Sédar Senghor (1906-2001), décédé à Verson,  est également célèbre en tant que poète écrivain. Il fut le premier Africain à siéger à l’Académie française.

    Cette exposition itinérante  – qui se tient maintenant à Plouec-du-Trieux - a eu pour grand mérite de nous rappeler la contribution des frères d’armes de nos anciennes colonies. On a trop longtemps minoré, si ce n'est oublié, le rôle qu’ont joué tous ces braves venus d'ailleurs. Même si elle n’a pas eu le rayonnement souhaité, pour diverses raisons, il convient de ne jamais oublier le message que cette exposition nous a transmis. Il ajoute à celui de Paul Fort.

    Compte tenu du petit volume de documents exposés, tous de qualité comme nous l’avons constaté à l’issue de la cérémonie du 11 novembre,  il nous semble que cette exposition aurait pu se tenir à Kermouster, dans une salle certes moins centrale mais aux dimensions plus appropriées que ne l’a été la salle Georges Brassens. Dans la perspective d’une commémoration du Centenaire de l’Armistice, il y a lieu de penser « à marquer le coup ». Ne pourrait-on pas préparer une exposition qui amplifierait par des témoignages familiaux la documentation que nous avons déjà en notre possession concernant les Kermoustériens morts au combat ?

    Qu’elle ait lieu ou non, Kermouster se devra cependant être à l’unisson de ce qui sera un grand moment de recueillement teinté d’une grande espérance. Et si l'idée de faire sonner les cloches de toutes les églises de France, d'Europe et d'ailleurs, à l'heure pile de la signature de l'Armistice, pouvait prendre effet, Kermouster pourrait faire également entendre sa voix. Il n'y a rien de plus simple et de moins onéreux que faire sonner une cloche.  Cette fois, en dehors de toute considération religieuse, il ne s’agirait pas de sonner le tocsin mais d'entonner un véritable hymne à la joie. Nous avons un peu moins d’un an pour donner corps à l’utopie.

     

    La ronde autour du monde (Paul Fort)

     

     

    Si toutes les filles du monde voulaient s' donner la main

    Tout autour de la mer, elles pourraient faire une ronde

    Si tous les gars du monde voulaient bien êtr' marins

    Ils f'raient avec leurs barques un joli pont sur l'onde

    Alors on pourrait faire une ronde autour du monde

    Si tous les gars du monde voulaient s' donner la main


    Si tous les gars du monde

    Décidaient d'être copains

    Et partageaient un beau matin

    Leurs espoirs et leurs chagrins

    Si tous les gars du monde

    Devenaient de bons copains

    Et marchaient la main dans la main

    Le bonheur serait pour demain


    Ne parle pas de différence

    Ne dites pas qu'il est trop blond

    Ou qu'il est noir comme du charbon

    Ni même qu'il n'est pas né en 
    France

    Aimez-les n'importe comment

    Même si leur gueule doit vous surprendre

    L'
    Amour c'est comme au régiment

    Il n'faut pas chercher à comprendre


    J'ai mes ennuis et vous les vôtres

    Mais moi je compte sur les gars

    Les copains qu'on ne connaît pas

    Peuvent nous consoler des autres

    Le 
    Bonheur c'est une habitude

    Avec deux cent millions d'amis

    On ne craint pas la Solitude...


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  • Chapelle : un "rectif" et une rénovation

    Dans notre toute dernière chronique, nous avons écrit que La Marya, ex-voto de la chapelle, était sortie pour la dernière fois au grand air, pour le pardon de septembre 1938. La photo ci-dessus dément cette affirmation. Nous la devons à Claudie Missenard. Elle a été prise vingt ans plus tard, en 1958 ou 1959

    Dans sa contribution « à la vérité historique », Claudie ajoute cette précision : La procession revient de l’île à Bois et passe devant l’ancienne ferme Chevanton, à l’entrée du chemin qui mène à l’ancienne ferme Briand. Dont acte !

    Mais ce rectificatif soulève d’emblée une question. Si La Marya a dressé sa mâture à l’air pur en 1958, ne l’a-t-elle pas fait à l’occasion d’autres pardons qui ont dû avoir lieu après la guerre ? Poser la question c’est espérer une réponse

    Chapelle : un "rectif" et une rénovation

    Si, comme, nous le signalions, La Marya et les autres ex-voto du même tonneau ne réintègreront pas les vitrines de la chapelle avant le printemps prochain, le grand vitrail de derrière le maître autel, aujourd’hui en cours de rénovation, devrait avoir retrouvé sa place dans son ogive de pierre avant la fin du mois de novembre..

    Le maître verrier Julien Lanou  a procédé, la semaine dernière, à la dépose de cette verrière. Un grand panneau en  polycarbonate a été posé à cet emplacement pour assurer la protection de la chapelle Les deux parties du vitrail endommagées vont être remplacées. Toutes les barlotières vont être changées.

    Pour pouvoir ouvrir le chantier, il aura fallu au préalable démonter le retable. Il ne pouvait être question de poser un escabeau et une caisse à outils sur un mobilier qui est classé. Saint Nicolas et Saint Maudez, les deux grandes statues qui encadrent l’autel,  ont donc été forcés de mettre pied à terre.

    Chapelle : un "rectif" et une rénovation

     

    Chapelle : un "rectif" et une rénovation

     

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