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    « Quelle vue ! ». Du haut de sa nacelle, accolée à un poteau dressé aux abords du panorama, le technicien d’Enedis n’a pu taire son émerveillement. Une vue plongeante sur l’estuaire, le Ferlas, Bréhat, L’Arcouest et Loguivy-de-la-Mer. Apparemment, il découvrait le secteur sous un angle de vue privilégié, mais pas question pour lui de prendre le temps de méditer. Il lui fallait le plus vite possible réparer les dégâts qu’un oiseau, un gros oiseau non identifié par des témoins oculaires de la scène, venait de provoquer une heure auparavant sur le réseau électrique, en fin d’après midi, ce samedi13 juillet.

    En voulant passer en dessous des fils, cet imprudent voire impudent volatile a brisé en plusieurs morceaux le câble d’alimentation de l’éclairage public. Celui-ci, mis en contact, suite au choc, avec les autres fils électriques, a provoqué, dans une gerbe d'étincelles vertes, une coupure de courant, limitée au secteur allant de la chapelle à la place du Crec’h. Compte tenu du danger potentiel, les pompiers de Lézardrieux sont intervenus aussitôt pour neutraliser le secteur.

    But de l’intervention d’Enedis: désolidariser les morceaux de câble qui pendouillaient le long de deux poteaux et  faire tomber celui qui s’était emmêlé sur les autres fils. Chose faite, les agents techniciens ont rendu opérationnel le transformateur de la rue Saint-Maudez. Les voyants lumineux des congélateurs, Frigidaires, télévisions et ordinateurs se sont remis à clignoter et le quartier  a pu s’éviter une nuit à la bougie.

    Un incident sans conséquences durables, mais qui a fait rejaillir une sourde interrogation : pourquoi ne pas enfouir sous terre ces fils électriques ?

    Dans une des toutes premières chroniques de ce blog, mise en ligne le 11 septembre 2012, nous avions évoqué ce problème. Pour illustrer notre propos, toute une série de photos « retravaillées » laissant apparaître ce à quoi pourraient ressembler certains secteurs du hameau débarrassés des poteaux électriques.  Si vous ne vous en souvenez pas, cliquez dans la case recherche : « Enfouissement du réseau : de la réalité au rêve » !

    Sept ans ont passé et les hirondelles ne trouvent, quant à elles, rien à y redire. Bien au contraire !

    Comment ne pas l’admettre ? Quand elles en viennent à se poser en groupe sur les fils électriques, l’inesthétique devient source de poésie. A chaque fin d’été, quand elles s’apprêtent à repartir vers le grand sud, on croirait lire la partition du troisième mouvement (presto) du célèbre concerto L’Eté de Vivaldi.

     

    Des étincelles qui font rejaillir une interrogation

     

    Je ne doute pas un instant que cette image ne suffira pas à taire, chez de nombreux Kermoustériens, toute envie de voir disparaître ces poteaux et ces fils qui, à bien des égards, font tâche dans le paysage. On nous dit que Les Quatre Saisons, dont fait partie ce concerto, ouvrent le recueil Il cimento dell’armonia et dell’invenzionne, c'est-à-dire « l’épreuve entre l’harmonie et l’invention ». Nous sommes donc, au-delà du clin d’œil, au cœur du sujet qui nous préoccupe.

    Dans notre vie courante, nous ne pouvons plus nous passer des vertus de la fée Electricité. Les hirondelles si, malgré tout.  Mais depuis la mise en place des premiers poteaux, l’homme n’a eu de cesse d’améliorer les techniques. A commencer par celle de l’enfouissement du réseau. C’est ce dont a déjà pu bénéficier tout le secteur de l’île à Bois il y a une vingtaine d'années . Mais je vous parle d’un temps où l’EDF cherchait à promotionner cette technique, au point de le faire à ses frais. Aujourd’hui, face aux coûts que cela peut engendrer, les communes se montrent réticentes à délier les cordons de la bourse.

    Avec la loi NOTRE celles-ci ont même perdu la main, puisque ces problèmes d’enfouissement sont de la compétence des intercommunalités. Mais pour combien de temps encore ?

    La loi « Engagement et proximité » que le gouvernement entend faire adopter bientôt se propose de redonner des compétences aux élus locaux, histoire de revitaliser les vocations. Notamment pour ce qui concerne la distribution de l’eau et l’assainissement. Si cette loi est votée, la commune aura de nouveau à se prononcer sur ce qui est également en débat à Kermouster: la mise aux normes de l’assainissement. Elle pourrait être à nouveau directement confrontée à ce problème. Et si, comme cela a déjà été récemment évoqué, il lui faut en passer par la mise en place d’un réseau souterrain mettant au rebus bien des fosses septiques, se posera alors la question de l’opportunité qu’il y aurait à procéder à l’enfouissement simultané du réseau électrique.

    Que les hirondelles se rassurent, l’an prochain, elles pourront toujours se donner l’allure de croches ou doubles croches. Ce n’est pas la veille que les fils qui leur servent de portée auront disparu. Les amoureux d’un bleu azur sans zébrures devront faire preuve de patience si tant est que leur souhait soit pris en compte. Mais qui sait si d’autres goélands, rapaces, choucas ou corbeaux ne viendront pas forcer et accélérer la prise de décision en s’en venant jouer L’Oiseau de feu au-dessus de nos toits. Ils y laisseraient des plumes, ce qui nourrirait la nôtre.

     


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    Il était une fois dans l’Ouest, un hameau, baignant sous un chaud soleil quand, tout à coup !

    Arrêt sur image !

    Flash back indispensable !

    Rembobinons le film !

     

     

     Ce mardi matin, le vent du renouveau soufflait sur le village. Celui de la jeunesse. Des retrouvailles ! Un bain de jouvence. L’été se donnait pleinement un air de vacances, le vent du nord nordet ayant sérieusement molli.

    Sur ce fond sonore agréable à l’oreille, il faisait bon bavarder avec Yffic Arzul, assis autour d’une table du point de vue. Il faisait bon l’écouter raconter des anecdotes  sur son Kermouster, celui de sa jeunesse.  La veille, au même endroit, des aquarellistes s’étaient donné rendez-vous pour croquer le paysage alors que, de leur côté, deux maîtres du pinceau de l’Amicale peignaient d’un bleu azur  la future boîte à livres, destinée, en ce lieu, à favoriser l’échange gracieux du savoir.

    De temps en temps, Yffic et moi jetions un coup d’œil sur l’estuaire. La mer brillait comme un miroir. Un spectacle dont on ne peut se lasser. Un sentiment de plénitude.

    Soudain, un bruit rythmé à quatre temps. Le pas de chevaux. Un bruit en rien inhabituel puisque le village s’honore d’avoir un poney club. Sauf que !

    Trois cavalières, puis trois autres, puis un martèlement de l’asphalte de plus en plus intense. La place du Crec’h allait rapidement s’avérer trop petite pour faire cohabiter, devant La Cambuse, chevaux vapeur dormant sous le capot et ces fières montures venues d’on ne sait où. Comment, dès lors, ne pas chercher à savoir ce qui nous valait une telle animation.

    Grande fut alors la surprise de voir que le champ de Claudie Missenard s’était soudainement transformé en corral.

     

     

    On ne se refait pas. Grand amateur de westerns, je me suis, devant un tel spectacle, transposé immédiatement dans un autre temps. Celui des Sept Mercenaires,  de Rio Bravo ou du tout aussi phénoménal Il était une fois dans l’Ouest,  mais tout en  endossant aussitôt le costume du shérif, ce qui, croyez moi sur parole, n’est pas dans ma nature. 

    Le chapeau de paille devenu Stetson,  j’ai donc voulu savoir si cela était dans l’ordre des choses, sachant que Claudie n’était pas là. Avec pour seul arme, un appareil photo que j’avais emmené avec moi, persuadé que les employés de mairie seraient là, ce mardi matin, pour préparer le terrain de la boîte à livres.

    N’ayant pas été, de visu, le témoin direct de la scène, je me suis donc enquis auprès des acteurs de ce qui s’apparentait à un événement non annoncé. A commencer par Krystel Le Moal,  la gérante de la crêperie. Voici les faits tels qu’ils se sont déroulés, aux dires des uns et des autres :

    Un cheval, certainement attiré par l’odeur de l’herbe fraîchement coupée, ayant sauté par-dessus le muret, on s’est empressé alors d’ouvrir la barrière qui clôt ce terrain. Mais d’autres chevaux auraient immédiatement tiré profit pour se glisser dans la brèche et rejoindre leur aventureux congénère. De leur propre chef ? Impensable !

    Apprenant a posteriori qu’ils avaient investi une propriété privée, leurs écuyers et amazones s’en sont immédiatement dits navrés, certains allant même jusqu’à se présenter, avec humour, comme les 40 voleurs d’Ali Baba, puisque tel est le nombre de chevaux qu’il leur a fallu enfourcher pour ce périple allant de Lannion à Lannion via la presqu'île "sauvage" puis Le Vieux Marché. Que ces visiteurs policés se rassurent s’ils découvrent ces lignes! Nous n’irons pas, quant à nous, jusqu’à évoquer La horde sauvage, pas plus que nous nous la jouerons à Règlement de comptes à O (n) K (ermouster) corral. Ils ont tout bonnement cédé à une double impulsion dans une ambiance euphorique. Celle du contentement que va procurer un rafraîchissement accompagné d’une galette saucisse et celle qui consiste à s’approprier, le temps d’une halte, la beauté d’un cadre jusqu’ici inconnu par la grande majorité d’entre eux. Et puis les chevaux ? Ne méritaient-ils pas à leurs yeux, eux aussi, de pouvoir enfin se lécher les babines ?

    Certains cavaliers ont aussitôt déplacé leurs montures vers l’entrée d’un champ non délimité par une barrière. Aux autres, il ne me restait plus qu’à leur conseiller de veiller à ce que leurs chevaux ne s’en viennent pas saccager un espace qui ne demande qu’à être un tapis fleuri.

    Etait-ce monter sur ses grands chevaux pour une peccadille que de s’en venir ainsi rappeler à ces joyeux destriers qu’il y a des limites qu’il convient de ne pas franchir ? Si certains le pensent, j’assume. Etre à cheval sur les principes ne tue pas le discernement. Ce mardi, il n’y a eu ni mort d’homme ni dégâts collatéraux. Même pas un pare-choc rayé. Peut-être quelques crottins ici et là, mais pas suffisamment pour en faire tout un foin. Pour autant, il m’est apparu nécessaire de coucher ces lignes. Pour, au-delà de l’anecdote, souligner à nouveau que si Kermouster se mérite, il doit avant tout être respecté.

    Le problème du stationnement est consubstantiel à la configuration des lieux. Sur la quasi-totalité du village il est difficile de trouver un endroit qui ne gène, ici, la circulation, là un riverain. On va bientôt le constater puisque le 21 juillet, journée du vide greniers organisé par l’Amicale, ce sera un incessant va et vient des chineurs venus des quatre coins  du canton et d’ailleurs. Mais, en dehors des difficultés propres à la circulation, il n’y aura pas ce jour là, comme l’ont prouvé les précédentes éditions, d’empiètement sur les sphères du privé.

    Pour s’en tenir à la place du Crec’h, les lignes blanches tracées sur le sol  ont vocation à maintenir les capacités de stationnement dans la limite de l’acceptable. A ce jour, cela semble tenir Et il faut que ça tienne. Dans l’intérêt bien compris de tous. La sphère du point de vue a un point d’équilibre qu’il ne faut pas rompre.

    Alors formulons cet avis ! Il est un lieu où l’on peut déjà agir à la source pour tarir tout risque de flot ravageur, c’est l’Office du tourisme, place du bourg. Aux touristes de passage, il serait bon de les informer et de leur conseiller d’user un peu la semelle de leurs chaussures pour apprécier un village qui vaut le détour. Les plus vaillants goûteraient ainsi au plaisir de remonter pédibus la côte. Plaisir accentué au retour.  Pour celles et ceux que cet exercice rebuterait, il y a, à l'entrée du hameau, devant le cimetière, une première aire de stationnement toute trouvée.

    Par la suite, peut-être conviendra-t-il de penser à une signalisation, comme cela se fait ailleurs pour des villages de caractère, qui invitent courtoisement le visiteur à prendre ses responsabilités.

    Kermouster se flatte d’être apprécié, mais il convient d’en mesurer les contraintes.

    Personne ici - je prends sur moi cette affirmation - n’a envie de camper dans une réserve indienne, ni de se préparer à jouer le dernier des Mohicans.

    Il était une fois dans l’Ouest un petit village qui n’aspirait qu’à une seule chose, vivre dans le meilleur état d’esprit

    Clap de fin !

     


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  • On nous avait annoncé la canicule, canicule il y a eu, mais nous n’aurons suffoqué que quelques heures durant, le vendredi 28 juin. Depuis, le vent, un vent de nord nordet, trop frais pour la saison, souffle sur le Haut Trégor. Certes le soleil est au rendez-vous, mais on se prend à craindre que ce ne soit pas demain la veille qu’Eole va trouver le bon compromis. Il soufflait déjà très fort le 14 avril dernier, dimanche des rameaux. Or il traîne dans les esprits un dicton selon lequel vent des rameaux soufflera tout l’été.

    Depuis le retour à la normale du thermomètre, Kermouster aura vécu ces derniers jours dans une drôle d’atmosphère. Pensez ! La Cambuse fermée pendant quatre jours d’affilée ; la chapelle, que les «petites mains » de l’Amicale venaient de dépoussiérer, n’avait toujours pas ouvert ses portes ce mardi 2 juillet. La raison : l’épandage de gravillons sur la route allant du bourg de Lézardrieux à Lanmodez. Il fallait « être du pays » ou disposer d’un GPS patient et subtil pour se jouer, par le réseau secondaire, des panneaux « route barrée ». Cela n’a pas, toutefois, empêché des marcheurs d’arriver jusqu’à nous. Ces amateurs de la découverte dans l’effort auront eu au moins la satisfaction de disposer, pour eux seuls, du point de vue. Le pied ! Répétons le, Kermouster, ça se mérite !

    Quoi qu’il en soit, aucun motif de récrimination à exprimer pour ce qui nous concerne. Il y avait urgence à remettre le cordon bitumeux en état. On verra à l’usage si le procédé utilisé tient la route.

     

    Du vent...à la folie

     

     Tout est d’ailleurs rentré dans l’ordre ce mercredi. La Cambuse a ouvert sa barrière et la chapelle ses portes. Elle sera ouverte aux visites tous les après-midi jusque la fin août, hormis le lundi. C’est à nouveau Pierre Thuault qui est à poste pour éclairer les visiteurs, service qu’il avait accompli l’an passé, au mois d’août.

    Désormais licencié en biologie et géologie, il est aujourd’hui incollable sur l’histoire de la chapelle. Mais la faible affluence de ce début juillet l’amène à remettre très souvent le nez dans ses bouquins, sous l’œil bienveillant du « bon Saint-Eloi ». Sage occupation. Au sortir des vacances, ce sera cap sur le capes.

    Allez ! Après le dicton, un zest de superstition. On ne passe pas indûment un mois auprès du patron des serruriers et des forgerons sans trouver la clé à tous ses problèmes, d’autant plus que le fer à cheval est un porte-bonheur.

     

    Le souffle d’Erasme

     

    A l’heure où la chapelle est déjà fermée pour les visites, il faisait bon d’y être, ce mercredi soir, passé 20 h, pour découvrir l’impact d’un soleil couchant à travers le vitrail de la façade ouest. La chapelle accueillait son premier concert de l’été, concert spectacle donné par le  duo Nuages, duo qui  unit Isabelle Diverchy et le Mathias Mantello, deux artistes qui ne sont plus des inconnus ici puisque ayant déjà eu l’occasion de s’y produire au sein d’autres formations.

     

    Du vent...à la folie

     

    Alors que le spectacle commençait, le soleil léchait le mur, plaçant la statue de Saint Yves au cœur d’un arc-en-ciel. On ne dira jamais ici combien ce vitrail a renforcé le caractère attractif de la chapelle. Le duo Nuages s’apprêtait, quant à lui, à faire l’éloge de la folie.

    Erasme de Rotterdam (1467-1536) a-t-il eu connaissance de l’œuvre de Yves Hélory de Kermartin de Tréguier (1253-1303), plus connu sous le nom de Saint Yves ? Peut-être. Ce qui est sûr, c’est que le chanoine philosophe théologien et le prêtre canonisé (1537), patron de la justice et des avocats, ont eu en commun le souci des hommes . Alors que l’Europe vient de se donner un nouveau souffle, avec la nomination de ses nouveaux dirigeants, il nous faut espérer que l’humanisme dont elle prétend être le porte-drapeau depuis sa création continue à faire des émules.

    Cela fait vingt-deux ans que son programme Erasmus nourrit les nouvelles générations. Aujourd’hui, après les étudiants, les apprentis peuvent en profiter. Cela va dans le bons sens. Ce sont nos jeunes qui donneront ou non à l’Europe le relief souhaité. Erasme était, quant à lui, un Européen avant l’heure. Aujourd’hui, Saint Yves en défendrait la cause par des plaidoyers éloquents. J’en mets ma main au feu !

    De l’œuvre d’Erasme on ne retient généralement que son essai L’éloge de la folie, ce qui est assurément réducteur. Mais alors que l’on s’apprête à mettre en place une « boîte à livres » prés des tables de pique-nique du point de vue, je saisis l’opportunité de ce concert spectacle, qui l’a placé en figure de proue, pour dire que ce livre mérite de passer de main en main voire de demeurer à portée de main sur la table de chevet. Un livre, publié en 1347, mais qui a conservé toute sa fraîcheur, donc toute sa pertinence. Au sortir de ce concert, je me suis fait un plaisir d'en feuilleter à nouveau quelques pages.

     

    Un concert « hors norme »

     

    Cela dit, Isabelle Diverchy et son comparse n’ont pas choisi la voie la plus facile pour nous amener sur les sommets de l’émotion. Tous deux font partie de ces artistes régionaux qui travaillent à redonner son lustre au répertoire ancien. Leur terrain d’investigation privilégié: la Renaissance. En construisant leur spectacle à partir des écrits d’Erasme, ils nous invitaient ce soir là à une immersion dans des « temps immémoriaux ». Un concert « hors norme » concèdera Isabelle Diverchy qui aura démontré, à cette occasion, qu’elle n’était pas seulement une musicienne dotée d’une belle voix, mais qu’elle maîtrisait parfaitement l’énoncé d’un texte littéraire.

     Ce n’est pas rien de dire, de mémoire, d’une seule traite, des passages entiers de cet Eloge de la Folie. Ce n’est pas rien non plus que de déclamer Le Bateau Ivre de Rimbaud sans montrer la moindre hésitation.

     

    Du vent...à la folie

     

    En effet, si la « folie d’Erasme » a servi de fil conducteur, Isabelle Diverchy et Mathias Mantello ont tissé le lien avec des auteurs plus contemporains. Rimbaud, qui a écrit ce long poème, à l’âge de 17 ans, mais également Charles Cros, dont une Académie porte aujourd’hui le nom. L’Académie Charles Cros attribue chaque année les grands prix du disque. Charles Cros (1842-1888), qui selon Alphonse Allais est le véritable inventeur du phonographe, et Rimbaud (1854-1891) ont fait table commune, un temps durant, au sein de la confrérie des poètes zutiques dont la prose raillait celle de poètes plus académiques. A l’époque du Bateau ivre. Des fous ?

    Avant de pouvoir écrire ces lignes il m’a fallu gommer nombre de lacunes que ce surprenant spectacle a révélées. J’ignorais tout de Charles Cros poète et me souvenais vaguement de ce club zutique qui lui fit également côtoyé Verlaine. A en croire ses biographes, je devrais avoir au moins retenu son poème Le hareng sauteur que Nuages a introduit dans sa prestation. Un classique des bancs des écoles, dit-on. Mais j’ai du souvent avoir la tête ailleurs. Vous qui me lisez, ce n’est peut-être pas le cas. Oui ? Non ? Idem pour Baisers de Paul Morand (1888-1976), un court poème de l’auteur de L’homme pressé qui tue le romantisme d’un acte de tendresse. L’angoisse du temps qui passe à toute allure.

    A votre tour de découvrir, si le cœur vous en dit, L’épitaphe de Tristan Corbière (1845-1875) qui aura constitué le point final de cette soirée. Sans Verlaine, cet écrivain breton, auteur d’un seul recueil poétique (Les Amours jaunes) serait resté un parfait inconnu. Isabelle Diverchy vient de lui rendre hommage.

    Cette musicienne et chanteuse nous aura ce soir là, également fait découvrir une autre facette de sa dimension d’artiste. En revêtant comme le fit Erasme, l’accoutrement de la folie, elle a également mis ses pas dans ceux du mime Marceau. Sur d’étranges plages de silence, entrecoupées ici et là par le son d’un xylophone, de tuyaux sonores et même de poêles à frire faisant figure de gong, elle a donné corps, par le geste, à cette douce démence qui vous fait autre.

    De Bruno Giner, compositeur, je ne connaissais rien. « Son écriture, dit-on de lui, rythmiquement exigeante oblige l’interprète à un véritable engagement autant technique que physique ». La vingtaine de personnes qui a assisté, de bout en bout, à ce concert faisant la part belle aux vocalises de ce compositeur, a pu le constater et c’est visiblement sans arrière pensée que toutes ont chaleureusement applaudi les deux artistes.

    Isabelle Diverchy et Mathias Mantello seront bientôt de retour. Le jeudi 18 juillet (20h30) ils se produiront, pour la troisième fois dans la chapelle,  avec leurs partenaires de Capriol & Cie (chroniques du 17 juillet 2014 et du 21 juillet 2016).  Ciblant la musique de la Renaissance,  Capriol & Cie nous invite, cette année, à découvrir l’œuvre du compositeur breton Guillaume Tessier.

     

    « Si vous pouviez regarder la Lune… »

     

    Au risque de lasser, je ne résiste pas, cependant, à conclure en citant un extrait de L’éloge de la folie qui fait écho à ce qui va alimenter dans quelques jours bien des commentaires.

    Nous célèbrerons le 21 juillet le 50e anniversaire des premiers pas de l’homme sur la Lune. « Un petit pas pour l’Homme, un grand pas pour l’Humanité » a dit, ce jour là Neil Amstrong, le chef de la mission Apollo 11. Ecoutons ce qu’avait à nous dire Erasme en 1509 !

    « Si vous pouviez regarder de la Lune, comme autrefois Ménippe*, les agitations innombrables de la Terre, vous penseriez voir une foule de mouches ou de moucherons, qui se battent entre eux, luttent, se tendent des pièges, se volent, jouent, gambadent, naissent, tombent et meurent ; et l’on peut croire quels troubles, quelles tragédies, produit un si minime animalcule destiné à sitôt périr. Fréquemment, par une courte guerre ou l’attaque d’une épidémie, il en disparaît à la fois bien des milliers. »

     Bien que revêtu de l’accoutrement de la folie, Erasme invitait ses congénères, il y a plus de 500 ans, à faire preuve de lucidité. Il est temps de le relire.

     

    * Philosophe grec du IVe ou IIe siècle avant Jésus Christ


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  • Un dimanche avec Barbara

    Un timbre de voix suave, un très bon doigté, le duo Barbara & Teck nous a réellement enchanté, ce dimanche 23 juin, en fin d’après-midi, sur la terrasse de La Cambuse. Devant un public garni, Barbara Poulain et  Vincent Jézéquel, dit Teck Dewee, ont su, durant deux tours d’horloge, nous entraîner sur un chemin musical parsemé de pépites, une compilation « en live » de dix-huit chansons fleurant bon la belle romance. Le public, fortement représenté par la génération « baby boom », a savouré cette escapade, à rebours du temps qui passe.

    Les deux comparses ont conforté ce sentiment que le temps, contrairement aux dires de Léo Ferré, n’efface pas tout. « Avec le temps on n’aime plus » a-t-il clamé haut et fort dans Avec le temps. Ne lui en déplaise, lui qu’on a tant aimé, au point de faire nôtre cette chanson comme bien d’autres d’ailleurs, on l’aime encore et on n’a pas oublié son visage ni sa voix. Ni celles, d’ailleurs, de tous ces chanteurs décédés, poètes ou non, auxquels Barbara Poulain a prêté la sienne, ce dimanche, pour remettre en scène, charme naturel dépourvu de tout artifice, des airs qui continuent et continueront à trotter dans les têtes.

    Même si son ciel n’est plus aussi pur qu’auparavant, en tout cas moins pur que celui qui règne au-dessus de l’estuaire, on continue à chanter Paris comme l’a si bien fait Yves Montand. Dans un monde anxiogène, on conserve toujours l’espoir, depuis Piaf,  de voir la vie en rose. On ne se lasse toujours pas de ramasser les feuilles mortes à la pelle. Jacques Prévert ! Joseph Kosma ! Le mot, la vibration, l’émotion.

    Que reste-t-il de nos amours ? S’est inquiété, en son temps (1942), Charles Trenet ? Vingt ans plus tard Bourvil (1963) et Marie Laforêt (1964) lui ont en quelque sorte répondu, sur une musique d’Hubert Giraud. L’amour n’étant plus là, il reste la tendresse ! Mais s’il faut encore espérer l’amour alors, dixit Serge Gainsbourg, dansons et dansons encore la javanaise… le temps d’une chanson !

    Ce n’est pas là la moindre gageure pour Barbara Poulain que de donner vie à sa passion du chant en affrontant devant un public, à chaque prestation, l’incontournable comparaison avec autant de voix si différentes les unes des autres, de Barbara à Brassens, voix dont nous sommes nombreux à ne pas avoir oublié l’intensité et le timbre. Qu’elle se rassure !  Elle a su séduire son auditoire.

    Un auditoire somme toute, pour une large partie, moins branché que celui du plateau télé de « N’oubliez pas les paroles ! », l’émission du célèbre animateur Nagui à laquelle elle a participé, mais des auditeurs qui, tout en se montrant trop souvent incapables de la soutenir à la lettre prés dans nombre de refrains – Ah ! Cette mémoire qui flanche ! -  n’ont pas oublié qu’il fut un temps où leurs parents et grands parents s’étonnaient quelque peu de leur goût prononcé pour des chanteurs bousculant leurs propres codes dans les décennies d’après guerre. Le répertoire sur lequel s’appuie Barbara Poulain se contrefiche fort heureusement des barrières générationnelles.

    Enzo Enzo, Les yeux ouverts, Pink Martini, Je ne veux pas travailler, il suffit de pianoter sur le Net pour constater qu’elle peut plus largement varier le programme. Barbara Poulain puise large. Sur toute la palette de la chanson française, certes, mais pas seulement. En glissant harmonieusement sur les accords de son accompagnateur, elle nous ramène sous des horizons lointains qui nous faisaient rêver. In other words, Bei mir bist du schoen. Le bon vieux temps !

    Fan, depuis ce temps, de ces guitaristes aussi talentueux qu’étaient Django Reinhardt, John Leslie Wes Montgomery ou B B King, pour ne citer qu’eux, ce public d’un jour ne trouve rien à redire également sur la manière qu’a Teck à s’inscrire dans leur sillage. Le blues, le jazz manouche, le reggae, le swing, aucun style ne lui semble inaccessible. Il en avait déjà donné confirmation ici même, lorsqu’il s’était produit avec un autre guitariste, Yvonnick Le Penven, son partenaire du duo Band Call ? C’était le 19 mai dernier. 

    Soleil aidant, à Kermouster la chanteuse et son guitariste nous ont immergé, quelques instants durant, dans une atmosphère teintée de saudade, ce sentiment fruit de la nostalgie et du désir d’ailleurs.

    A la fin des années 50, Dario Moreno, qui, plus tard, sera le  Sancho Pança de Jacques Brel dans L’Homme de la Mancha, nous invitait, sur un air de samba, à monter là haut…à Rio de Janeiro. Dès les premières mesures de ce dimanche musical, Barbara Poulain nous y a amenés, au rythme d’une bossa nova, en nous remettant en mémoire une chanson de Nino Ferrer que les succès de Mirza et du Sud ont assurément remisée dans l’ombre.

    Le chanteur franco-Italien composa La rua Madureira il y a tout juste cinquante ans. Une complainte poignante qui, selon les connaisseurs, emprunte au Prélude n°4 de Chopin, et à laquelle Nolwell Leroy a récemment donné un nouveau souffle.

    Cette tonalité toute brésilienne a été incontestablement un temps fort de ce concert puisque le duo nous a livré, en deuxième partie, une Manha de Carnaval de fort belle facture. Là encore, cette bossa nova  sonnait comme un anniversaire puisque elle est tirée de la bande sonore d’Orpheu Negro, un film de Marcel Camus, Palme d’or du festival de Cannes en 1959. Totale émotion !

    Puisque tout se dit et se sait désormais par le canal du numérique, notons cette information ! Barbara Poulain a peut-être rêvé un jour d’être chanteuse professionnelle, mais cette mère de famille, Lanionnaise, passionnée de théâtre, ingénieure en recherche et développement chez Orange, a notamment travaillé sur la détection de l’émotion dans la voix. Une grande partie de son art repose peut-être sur ce savoir

    « Rappelle toi Barbara, il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour là », « Il pleut sur Nantes et je me souviens, le ciel de Nantes rends mon cœur chagrin », il est facile d’imaginer qu’il n’est pas rare qu’on lui réclame d’interpréter ces deux bijoux du répertoire. Ce dimanche 23 juin, il pleuvait peut-être à Brest et à Nantes. Au-dessus de la terrasse de La Cambuse le soleil rayonnait. Nous étions aux anges. Que Barbara s’en souvienne ! Nous, on ne l’oubliera pas.

     

    Un dimanche avec Barbara

    Un dimanche avec Barbara

     

    Un dimanche avec Barbara

    Un dimanche avec Barbara

    Un dimanche avec Barbara

    Un dimanche avec Barbara

    Un dimanche à La Cambuse avec Barbara

     


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  • Un été jupitérien mais, à coup sûr, tout aussi lunaire

     Nuit étoilée de Vincent Van Gogh, juin 1889. Huile sur toile 73 x 92 cm. MoMA de New York

     

    Quoi de mieux qu’une balade nocturne au sortir d’un dîner où gastronomie et convivialité se sont conjugués à merveille, au point de vous faire oublier que le sommeil a ses vertus. Il faut savoir savourer les bons moments que la vie vous offre et quelques pas, sous un ciel enfin devenu clément, ne peuvent que prolonger ces instants de plaisir partagés autour d’une bonne table. Une  transition toute en douceur avant de plonger sous la couette.

    Ce jeudi 20 juin, à une heure du matin passée, il faisait bon marcher dans la rue de l’école. Comme nous l’avons écrit précédemment, Jupiter était bien au rendez-vous. La planète brillait intensément, comme une étoile, les nuages ayant choisi de déverser ailleurs leurs lots de grêlons et de désolation.

    L’été sera jupitérien, écrivions nous dans une précédente chronique. A la veille du « changement de saison », nous en avions alors une éclatante confirmation.

    Mais, il ne fait aucun doute que l’été, qui montre enfin le bout de son nez, sera tout aussi lunaire. Pour une raison évidente que nous avons déjà également évoquée : le cinquantième anniversaire des « premiers pas de l’Homme sur la Lune », le 21 juillet prochain. L’événement sera commémoré, peu ou prou.

    Il se trouvera bien quelqu’un, quelque part, et pourquoi pas dans notre environnement proche, qui aura la bonne idée d’en prendre l’initiative … en organisant un caf’conc’’ sur le thème de la Lune. Car s’il est un astre qui a inspiré nombre de créateurs c’est bien celui-là.

     

    La ballade de Brassens

     

    Fort de cette conviction, je me suis amusé ce jeudi à consulter le répertoire dans lequel les artistes interprètes en tout genre qui voudront se saisir de ce thème  pourront puiser pour nous émouvoir le temps d’une soirée. La Lune a peut-être perdu un peu de son mystère depuis que l’Homme en a foulé le sol, mais elle a été, demeure et demeurera source de poésie.

     

    Rêvons c’est l’heure

     

    Un vaste et tendre

    Apaisement

    Semble descendre

    Du firmament

    Que l’Astre irise

     

    C’est l’heure exquise

     

    Si Charles Baudelaire a vanté Les Bienfaits de la Lune (poème publié en 1869, il y a donc 150 ans tout juste), Paul Verlaine dans La Lune blanche, un an plus tard, exprimait, avec ces mots, ce sentiment de plénitude que l’astre génère. L’heure était effectivement exquise en cette nuit de naissance d’un nouveau jeudi.

    Baudelaire, Verlaine, mais aussi Raymond Queneau, Victor Hugo, Garcia Lorca, Jacques Prévert, la liste des écrivains auxquels l’ami Pierrot a prêté sa plume ne s’arrête pas à ces prosateurs célèbres, même si, c’est d’abord et surtout, musique à l’appui, que l’on a chanté à tout-va le clair de Lune.

    Nous l’avions oublié, mais c’est Brassens qui nous offre avec Ballade à la Lune une transition toute trouvée, entre poésie et mélodie.

     

    Lune en notre mémoire

    De tes belles amours

    L’histoire

    T’embellira toujours.

     

    Ici, le chanteur poète emprunte à Alfred de Musset qui conclue sa ballade ainsi :

     

    Je viens voir à la brune

    Sur le clocher jauni

    La Lune

    Comme un point sur un « i ».

     

    Gageons que nous aurons l’occasion lors des nuits estivales, de voir ce point lumineux au-dessus d’un clocher que Brassens a connu!

     

    Fly me to the Moon

     On m’en voudra peut-être de ne pas citer ces étoiles du show biz qui, en ce début du XXIe siècle, ont eux aussi trouvé matière à mettre en scène la Lune, mais peut-on me reprocher de m’en tenir à ces premières amours que cet inventaire a fait renaître.

     

    Un été jupitérien mais, à coup sûr, tout aussi lunaire

     

    Pour commencer, « The Voice », autrement dit, Frank Sinatra et son inaltérable Fly me to the moon. Cela nous ramène au début des années 50. Sinatra, le crooner par excellence du XXe siècle.

     Fly me to the moon

    Let me play among the stars

    Let me see what spring is like

    On Jupiter and Mars

    In other words, hold my hand

    In other words, baby, kiss me

     

    Je suis sûr que, rien qu’en prononçant ces paroles, la mélodie sonne immédiatement à vos oreilles. Le contraire m’étonnerait.

     Peut-être en sera-t-il de même avec la suavité du Blue Moon d’Elvis Presley. Sans atteindre le succès de Love me tender, le rocker creusait là, peu après Sinatra, ce sillon de la chanson sentimentale.

    Ces « succès planétaires » n’altèrent en rien le plaisir qu’il y aurait à réentendre Salvatore Adamo nous chanter A demain sur la Lune. Une chanson qu’il a créée en 1969, l’année même où Neil Amstrong et Edwin Aldrin mettaient le pied sur le sol lunaire.

    L’esprit romantique survivra au progrès technologique. D’ailleurs, quelque vingt ans plus tard, c’est Michel Jonasz qui honorait dame Lune d’une fort belle façon.

    Mais, rassurez-vous, je ne suis pas sourd à votre sourde interrogation. Non, bien évidemment, je n’oublie pas Charles Trenet.

     

    La Lune est là, la Lune est là

     

    Qui prendra le risque de défier « le Fou chantant » dans un exercice vocal de haute voltige qui révèle les élans amoureux quelque peu contrariés entre la Lune et le Soleil ?

      Le soleil a rendez-vous avec la lune

    Mais la lune n'est pas là et le soleil l'attend

    Ici-bas souvent chacun pour sa chacune

    Chacun doit en faire autant

    La lune est là, la lune est là

    La lune est là, mais le soleil ne la voit pas

    Pour la trouver il faut la nuit

    Il faut la nuit mais le soleil ne le sait pas et toujours luit

    Le soleil a rendez-vous avec la lune

    Mais la lune n'est pas là et le soleil l'attend

    Papa dit qu'il a vu ça, lui

     Cette chanson (Le Soleil et la Lune), qui fête cette année son 80e anniversaire, n’est pas prête de s’éclipser dans la mémoire des mélomanes. Et tout me laisse à penser qu’il en sera de même avec le Clair de Lune de Pierre Perrin. Le nom de ce compositeur, chauffeur de taxi de profession, ne vous dit peut-être rien, mais, si je vous dis Bourvil, vous devinez d’emblée où cela nous emmène. A Maubeuge, pardi !

    Le romantisme n’exclut en rien l’humour. La Lune mérite d’être chantée sur tous les tons.

    Ne serait-ce qu’avec ces quelques titres il y a déjà là matière à donner à ce nouvel été ce caractère lunaire qu’il mérite. Il se peut qu’en ce jour de la fête de la musique certains y aient déjà pensé.

     

    La Lune est une crêpe au beurre

     

    Comment aurais-je pu faire l’impasse sur ce petit bijou dont je n’avais pas encore connaissance  au lever du jour, ce jeudi matin ?

    Connaissez vous les Gnoufs ? Je viens d’en découvrir l’existence. On leur doit cette chanson intitulée La Lune est une crêpe au beurre. On ne pourra pas me faire le reproche d’y associer la terrasse de La Cambuse.

    Les Gnoufs ont envahi les petits écrans au tout début de ce siècle. Ils sont les héros d’une série télévisée qui cible les petits enfants. Venus d’un autre monde, ils ont débarqué en Provence et appris à mieux nous connaître, nous grands amateurs de frites et de crêpes.

    Tiens en voilà une idée qu’elle est bonne ! A Kermouster il y a des cordes vocales qui sonnent juste. Pourquoi ne se réuniraient-elles pas pour nous offrir un « remake » de cette chanson rigolote qui a pour premier mérite de nous rappeler qu’à l’heure de la grande marée la Lune a vraiment toutes les apparences de la crêpe au beurre.

     

    La galette de Marion

     

    Et puisque de la crêpe à la galette il n’y a qu’un pas, nous le franchissons pour vous donner des nouvelles de Marion Cousineau,  qui nous avait fait apprécier son talent, à même cette terrasse, en août 2017. Marion vient de nous faire savoir qu’elle vient de produire un nouveau disque. Cela méritait d'être signalé en ce jour de fête de la musqiue.

    « J'ai eu la chance de travailler avec Yves Desrosiers cet hiver à Montréal sur l'habillage de 5 nouvelles chansons ! La pochette est encore en cours d'élaboration, mais je peux d'ores et déjà vous dire son p'tit nom, il s'appelle Toro."

    Il nous tarde déjà d’apprécier cette galette, c'est le terme qu'emploie cette <enfant du pays », même s’il nous faut, à regret, se dire que ce n’est pas ici que nous aurons la primeur de l’entendre interpréter ses nouvelles créations. Après un nouvel hiver au Canada, sa nouvelle tournée en terre française va la conduire, durant ce mois de juillet, sur les rives du Rhône, à Lyon et Avignon.

    Mais qui sait si elle ne prendra pas le temps, avant de repartir vers celles du Saint-Laurent, de faire escale au-dessus du Trieux.

     Voir se lever la Lune sur le pont d’un bateau

    Marcher le nez au vent, la gueule au fil de l’eau

    Savoir qu’à l’horizon des milliers d’âmes dorment

    Se sentir tout petit, à peine grand comme un homme

    Et pourtant respirer.

     Dans ce poème Second Souffle, dont sont extraits ces vers, Marion  nous a déjà montré qu’elle aussi savait se ressourcer auprès de celle qui éclaire nos nuits

     

    A 17h30, ce dimanche à La Cambuse

     

     Est-ce que Barbara Poulain Vincent Jézéquel alias Teck nous feront la surprise d’interpréter Le Soleil et la Lune de Charles Trenet ? Ils vont se produire à La Cambuse ce dimanche 23 juin, à partir de 17h30. Un coup d’œil sur la météo nous fait espérer que ce concert pourra se produire, comme les deux précédents, à même la terrasse.

    Ces deux artistes, nous dit-on dans la presse, sont des habitués des scène bretonnes. Barbara Poulain chante sur les accords de Teck le guitariste. Les appréciations, lues ici et là, sont élogieuses.

    Bref ! Un rendez-vous à ne pas manquer. Et tant pis si à cette heure là, la Lune n’est pas au rendez-vous.

     

    Sonate au clair de Lune

     

    Nous, sauf imprévu de dernière minute, nous le serons, mais quitte à avoir digressé longuement sur la Lune, je ne puis vous cacher que je vais mettre à profit ce jour de fête de la musique pour réécouter « religieusement » la Sonate au Clair de Lune de Ludwig van Beethoven. Question vibrations, c’est un « must », même si je n’oublie pas que d’autres compositeurs de renom exercent une influence du même ordre avec ce thème.

    On citera pour mémoire Clair de Lune, un chef d’oeuvre de Claude Debussy, celui de Gabriel Fauré, An den Mond, l’un des plus célèbres lieds de Schubert. Là encore, la liste est longue. Je ne puis cacher également mon faible pour Le chant à la Lune de l’opéra Rusalka d’Antonin Dvorak.  

    Avec la  Nuit étoilée de Van Gogh, que nous avons choisi de reproduire en ouverture de cette chronique, il convient également de savoir que c’est ce tableau qui a donné naissance à Timbres, espace, mouvement, une symphonie du composteur Henri Dutilleux.

    Mais retenons surtout que Van Gogh a peint ce tableau où l’on voit la Lune danser avec les étoiles au début de l'été 1889 ? il y a donc 130 ans. 

    Nous avons incontestablement des motifs on ne peut plus sérieux pour saluer la Lune comme il se doit tout au long de l’été. La palette du plaisir est large.

     


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