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    Ça y est, nous y sommes ! Depuis ce mercredi, à 21h21. Ce jeudi 23 septembre, nous entrons de plain pied dans l’automne.

    Hier, dès 6h30 du matin, nous étions en mesure de savoir que les prévisionnistes ne s’étaient pas trompés.  Ce 22 septembre 2021, dernier jour de l’été, du moins jusqu’à la tombée de la nuit, aura été une belle journée.  La Lune, toute ronde, nous avait annoncé la couleur, par une succession de clins d’œil. Le soleil a bien été au rendez-vous. Le type même de ces jours où l’on croit naïvement que l’on peut arrêter la marche du temps

    L’équinoxe d’automne n’en demeure pas moins un marqueur du cycle des saisons. Sans entrer dans le subtil mécanisme des calculs astronomiques en rapport avec le calendrier grégorien,  l’équinoxe d’automne se produit, le plus souvent, le 23 septembre, à moindre fréquence le 22 septembre, mais rarement, très rarement les 21 et 24 septembre. Elle tombera un 21 septembre en 2092 et un 24 en 2303. Bon ! Nous ne serons plus là pour valider le bien fondé des prévisions de l’IMCCE, l’Institut de Mécanique Céleste et de Calcul des Éphémérides. N’ayons aucun regret ! Carpe diem !

    Pourquoi un tel sujet de réflexion ? Pas la peine de tourner autour du pot. À cause ou grâce à Brassens, encore lui. Je ne sais pas – le secret est bien gardé – si le petit groupe de Kermoustériens qui entend lui rendre hommage avant la fin de l’année a mis son Vingt-deux septembre au programme, mais hier, en regardant la mer grignoter l’estran, à mi marée, ce sont ses strophes d’un amour contrarié qui me sont revenues en mémoire.

     

    « Ce vingt-deux septembre, aujourd’hui je m’en fous »

     

    Brassens a composé cette chanson au début des années soixante. Elle figure sur l’album Les copains d’abord,  gravé en 1964, mais la peine de cœur qui peut être à l’origine de cette complainte devait être bien antérieure. Depuis 1960 l’équinoxe était toujours tombée un 23 septembre. Il a fallu attendre 1968 pour que ce soit un 22 septembre.

    Rien ne dit cependant que le poète a puisé son inspiration un jour d’équinoxe, même s’il n’est pas sans y faire allusion

     

    Désormais, le petit bout de cœur qui me reste
    Ne traversera plus l'équinoxe funeste


    Sa prose se nourrit ici de l’impact que l’automne a dans notre subconscient. Qu’il fasse beau ou qu’il pleuve, l’automne a une puissante charge nostalgique. 

     

    On ne reverra plus au temps des feuilles mortes
    Cette âme en peine qui me ressemble et qui porte
    Le deuil de chaque feuille en souvenir de vous
    Que le brave Prévert et ses escargots veuillent
    Bien se passer de moi pour enterrer les feuilles
    Le vingt-deux de septembre, aujourd'hui, je m'en fous

     

    Brassens n’avait pas encore choisi Lézardrieux comme port d’attache quand il a composé cette chanson, mais il n’avait pas attendu d’ancrer sa barque dans l’anse du Craquelet, en 1971, pour accoler ses rimes au rythme des marées. Le Sètois connaissait la Bretagne depuis longtemps déjà, la région paimpolaise tout particulièrement.

     

    Ce 22 septembre fut une belle journée

    Il y a tout juste un an, le 22 septembre 2020, Artcurial, société spécialisée dans la vente de livres et manuscrits, organisait, dans un salon parisien, la vente aux enchères de 22 manuscrits autographes de Brassens dont celui du Vingt-deux septembre. Cet ensemble provenait des archives de la famille de Fred Mella, ténor soliste des Compagnons de la Chanson, décédé en 2019.

    Si la photo où l’on voit Brassens et Mella naviguant sur le Trieux nous est bien connue, celle que j’ai fini par dénicher en m’immergeant dans la toile, elle aussi extraite des archives de la famille Mella, vaut assurément son pesant de cacahuètes.

     

    Ce 22 septembre fut une belle journée

    Ce 22 septembre fut une belle journée

    (1973, photos archives Fred Mella)

     

     

    À y bien réfléchir je me demande si, alors que je me laissais porter par la poésie de ces instants où le soleil se mire dans les eaux de l’estuaire, ces deux complices n’étaient pas là, dans leur scaphandre pour nous rappeler que jamais, oui jamais, un trou dans l’eau ne se referme.

    Ce jeudi le soleil est à nouveau au rendez-vous. Un léger vent du nord fait chalouper la cime des arbres. Certains s’apprêtent à changer de parure. Tous se préparent à entrer dans la valse des mille feuilles. L’automne aura-t-elle les couleurs de l’été indien ? Il y a longtemps que les quatre saisons n’en font plus qu’à leur tête. Mais c’est un fait acquis, ce 22 septembre 2021 fut assurément une belle journée.

     

                                                                                                                                         Claude Tarin

                                                                                                                       Jeudi 23 septembre 2021

     

     

     

     

    Haïkerm d’Équinoxe

     

    Ce 22 septembre fut une belle journée

     

    Marée d’Équinoxe

    Entre le jour et la nuit

    Soleil d’automne

     

    Ce 22 septembre fut une belle journée

    Ce 22 septembre fut une belle journée


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    Quarante-six, samedi, quarante-trois, dimanche, soit un total de quatre-vingt-neuf visiteurs pour la chapelle durant ce week-end de fête du patrimoine. Pour l’essentiel, des Côtes d’Armor et des autres départements bretons. Mais on y a perçu aussi, au cours des échanges, l’accent du midi, celui des Chtis, l’accent espagnol, anglais « also » et même de l’Italie du sud, des Pouilles. Avec bien souvent, un intérêt soutenu pour ce que cette chapelle leur offrait de découvrir. Je pense ici refléter un ressenti partagé par tous les membres de l’Amicale qui se sont succédé pour endosser le rôle du guide.

    Je reprends, par exemple, à mon compte, ce point de vue de Claudie Missenard que je ne suis pas le seul à partager, selon lequel « les choses deviennent intéressantes quand on décide de s’y intéresser. » Et de fait, nous qui avons, tout comme elle, assuré le service, nous en avons tous tiré un profit personnel.

    À l’appui d’un document synthétique et didactique, associant l’image et le texte, préparé par Jean-Pierre Rougié sur la base des recherches antérieures de Robert Mouly, nous nous sommes tous trouvés en mesure de bien tenir notre rôle, c’est-à-dire pouvoir donner une réponse suffisamment précise à toute question. Car questionnement il y aura eu. Pouvoir échanger avec, somme toute, un nombre fort estimable de visiteurs ajoute au plaisir que nous avons éprouvé pendant nos tours de garde.

    Bien évidemment, l’accent ayant été mis dans différents articles de presse, la maquette de La Marya s’est avérée être un incontournable. Un jour, qui sait, on retiendra la suggestion qu’avait émise fort intelligemment Robert Mouly de surélever  cette maquette pour éviter aux colonnes vertébrales d’avoir à trop se courber.

    Mais le statuaire n’a pas été en reste. C’est peu dire que cette chapelle conserve en son sein des statues de bois polychromes de belle facture, certaines datent du XVe siècle. De Saint Maudez à Saint Nicolas en passant par Saint-Yves, Saint-Jean-Baptiste, Saint-Sylvestre, Saint Antoine, Saint Eloi, Saint Erwan, Saint Avit, Saint Bothmaël, sans oublier Notre Dame  à laquelle cette chapelle est dédiée, c’est tout un pan de l’histoire religieuse qui s’affiche sur les pierres d’un édifice qui a traversé les siècles.

    Je sais que les conseillers de la commune, en charge des questions culturelles relevant notamment de la sauvegarde du patrimoine, ont en projet de refondre la documentation concernant le patrimoine religieux. Pour ce qui est de la seule chapelle de Kermouster, ce ne sont pas les « matériaux » qui manquent. Ne serait-ce qu’à partir du document que nous avons eu en main ce week-end, il y a l’amorce d’une communication à trois dimensions : sur papier, sur le site Internet de la mairie, mais également à travers une application numérique pouvant déboucher sur l’écran d’un téléphone portable.

    C’est un volet sur lequel la commission communication que vient de mettre en place Henri Paranthoën aura certainement à cœur de se pencher. Le site Internet de la mairie se doit d’être un outil adapté à son temps.

    Récemment, nous apprenions que le hameau disposera de la fibre optique à l’horizon 2022. Il sera alors temps d’honorer Saint Isidore, plus précisément Isidore de Séville (560-636), évêque de cette ville qui fut canonisé en 1958. Il est aujourd’hui le saint patron d’Internet. Cela pour avoir écrit, dans une encyclopédie,  une analyse étymologique des mots. Une série de 20 livres nommée Les Étymologies. 48 chapitres, 100000 mots.

    Jusque là, on s’en tenait encore à la décision du Pape Pie XII qui avait décidé que tout ce qui relevait de la communication revenait à l’Archange Saint Gabriel. Celui-ci a été, selon ce qu’en dit l’Église, le messager envoyé par Dieu pour demander à Marie son consentement pour la réalisation du mystère de l’incarnation dans son sein virginal. Déjà patron des ambassadeurs et des diplomates, Saint Gabriel se verra également confier en 1972, par le pape Paul VI, le soin de veiller sur la Poste. Mais l’arrivée d’Internet est venue, là aussi, bousculer l’ordre des choses.

     

                                                                                                                                   Claude Tarin

                                                                                                                       20 septembre 2021

     

     

    Keffief ? Oui ou non ?

     

    Patrimoine : la chapelle était au rendez-vous

     

    Le Christ en croix, suspendu au-dessus de la nef, capte lui aussi l’attention des visiteurs. Il date du XVe siècle, mais suscite encore bien des discussions.

    Malgré un avis formulé par des experts lors d’un programme de restauration et de conservation, mené dans la chapelle fin 2017 début 2018, le doute subsiste quant à la présence ou non d’un keffieh sur la tête du Christ.

    Au retour des ex-voto qui venaient de subir un toilettage à Tours, La Marya comprise, les responsables régionaux des affaires culturelles s’étaient montrés affirmatifs : « Sa longue chevelure pouvant nous faire penser à un foulard des bédouins à tout simplement perdu ses couleurs d’origine ». Un avis qui ne figure toujours pas dans la documentation que nous avons eu en main lors de ces journées du Patrimoine. On peut toujours y lire ceci :

    « Ce Christ possède la particularité de ne pas porter une couronne d’épines, mais un keffieh. La présence dans notre région des moines de l’ordre des Templiers, à Pont Mélevez, Brélévenez, Runan n’y est peut-être pas étrangère .»

    Robert Mouly n’affirmait pas, mais force est de reconnaître que l’avis des experts n’a rien de convaincant. D’autant qu’il ne semble pas, sauf oubli involontaire, que ce Christ ait fait lui-même l’objet d’une expertise approfondie. Même dans l’hypothèse selon laquelle la chevelure aurait perdu de sa couleur, quid de la couronne d’épines ?

    Voici en tout cas une question qu’il conviendra de trancher quand l’heure sera venue de mettre en ligne une communication approchant au plus près de la vérité historique.

    Mais pour l’heure, toujours concernant ce Christ, je retiens quant à moi le rapprochement opéré par un visiteur venu de Campin-le-Mévèle, commune proche de Lille et du célèbre Carrefour de l’arbre que tous les amateurs des courses cyclistes connaissent. C’est sur ce secteur pavé du Paris Roubaix qu’il y avait la Taverne de l’Arbre. Impossible d’y échapper dans les commentaires. Un endroit mythique pour les passionnés de la Petite Reine mais qui, à bien entendre ce visiteur et ses compagnons, a perdu un peu de son charme en devenant restaurant gastronomique en 2007.

     

    Patrimoine : la chapelle était au rendez-vous

    Le Christ Jaune de Paul Gauguin (1889), Galerie d'art Albright Knox de Buffalo (États-Unis)

     

    Ce n’est bien évidemment pas de ça que ce Chti de sang italien a tenu à spécialement parler, les deux pieds plantés sur un dallage n’ayant rien à envier aux paves du Nord. Ce Christ lui fait penser au Christ Jaune de Gauguin. Et de fait, il y a un peu de cela…mais la couronne d’épines en moins.

     

    Patrimoine : la chapelle était au rendez-vous

     Le Christ de Saint Jean de la Croix par Salvador Dali (1951) huile sur toile; Musée Kelvingrove à Glasgow

     

    Je saisis cette opportunité pour dire la forte impression que me procure l’image de ce tableau de Salvador Dali réalisé selon ses dires « au sortir d’un rêve cosmique ». Sur cette thématique du Christ en croix je place au tout premier rang ce Christ de Saint Jean de la Croix de ce peintre surréaliste paranoïaque. La perspective y est pour beaucoup. Dali s’est inspiré d’un dessin réalisé vers 1575 par Jean de la Croix, un prêtre mystique espagnol canonisé en 1726. Ici, aucun apparentement possible avec le Christ de la chapelle de Kermouster

     

    Patrimoine : la chapelle était au rendez-vous

     Dessin de Jean de la Croix vers 1575

     


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    « C’est difficile à mettre en place, comme nous l’avons vérifié à Kermouster au mois de juillet. » Interrogé sur la mise en place de comités de quartier, lors de la séance du conseil municipal du jeudi 9 septembre, le maire (La Presse d’Armor, mercredi 15 septembre) a eu beau jeu de rappeler qu’en la matière il y a loin de la coupe aux lèvres. Les récentes tensions autour de la mise en place (à titre provisoire) des chicanes, décidée après deux réunions de consultation avec des Kermoustériens sélectionnés en raison de leur domicile, attestent de la difficulté qu’il y a, pour tout groupe humain, à trouver les voies du consensus. Pour autant, que ce soit pour des questions de circulation, de stationnement ou de bien d’autres problématiques, nous n’échapperons pas à la nécessité du « tour de table ». Sous la forme d’un comité de quartier ?

    Lors de la campagne électorale, ce blog avait donné suite à une initiative citoyenne consistant à interroger les deux prétendants au fauteuil de premier magistrat. Marcel Turuban et Henri Paranthoën affichaient alors une même intention : favoriser la constitution de structures favorisant l'écoute des citoyens. « Ceci est une excellente question et elle est au cœur de notre engagement » avait répondu Henri Paranthoën, aujourd’hui en charge de la conduite des affaires municipales.  « Mais, ajoutait-il, à la place de « consultation citoyenne », qui me semble imprécise, je préfère utiliser les termes de « conseil consultatif » ou « groupe de travail » quand il s’agit d’un projet d’intérêt communal et de « comité de quartier » pour les demandes locales. »

    C’est donc à nous Kermoustériens de faire la preuve que nous pouvons accorder nos violons, en limitant au mieux les dissonances, pour tout ce qui se rapporte à la vie du hameau ; si possible, en préalable à toute interpellation de la municipalité. C’est ce qui a incontestablement fait défaut lors des deux réunions de consultation de juillet dernier. Mais il y avait, à ce moment là, une certaine urgence à proposer des solutions, pour évaluation durant les mois d’été.

    Pour autant, sans tomber dans un formalisme rigoureux à l’excès, c’est-à-dire la mise en place d’un comité de quartier dûment structuré, les suggestions et recommandations exprimées, certes en ordre dispersé, n’en demeurent pas moins encore recevables. Et c’est peu dire que  les Kermoustériens rongent leur frein d’impatience, notamment celles et ceux qui demeurent dans des venelles où la pause de panneaux dissuasifs leur aurait évité quelques désagréments durant l’été.

    Pour ce qui concerne le dossier réouverture de La Cambuse, la sagesse nous impose d’attendre de savoir ce que décidera, en octobre prochain, la chambre civile du Tribunal judiciaire de Saint-Brieuc, suite à l’assignation déposée le 22 juillet dernier par la société Breizh Colibri, gérante de la crêperie, à l’encontre de la municipalité. Il n’est cependant pas interdit de penser, que sans attendre cette décision, l’action de la municipalité devrait porter ses fruits ou, pour le moins, donner lieu à des explications sur ce qu’elle entend engager sur cette partie excentrée de son territoire.

     

    Clochemerlesque ?

     

    Simple conseil…sanitaire !

     

    Alors que les hirondelles nous ont quittés sans crier gare et que l’été touche à sa fin, il est un problème qui mériterait d’être réglé sans plus attendre, même si celui-ci repose pour partie sur la réouverture ou non de La Cambuse ; c’est celui des sanitaires publics place du Crec’h.

    Il n’y pas de saison privilégiée pour satisfaire des « petits besoins » et le flot des sacs à dos ne va pas se tarir d’un coup.

    Un jour, dans un aparté, Henri Paranthoën, et je suppose qu’il en fut de même pour Marcel Turuban, m’avait fait part de son indignation quand, suite à un article du journal Le monde commentant l’annulation des élections municipales de 2020, on comparait Lézardrieux à Clochemerle. Pourtant, à y bien regarder, la comparaison pourrait être flatteuse puisque le village de Vaux-en-Beaujolais, rebaptisé Clochemerle pour donner vie à un roman de l’écrivain Gabriel Chevalier, jouit, selon ce que l’on sait, d’une situation pouvant susciter l’envie. Cette commune du Rhône est perchée au milieu des vignobles. Cela dit, pas plus que le centre bourg, Kermouster n'aimerait pas se voir attribuer le qualificatif de clochemerlesque, même si Vaux-en-Beaujolais tire aujourd’hui profit de cette réputation qui lui colle à la peau.

    Je ne vous apprends peut-être pas grand-chose à vous qui lisez cette chronique, mais il n’est pas dit que ce roman satirique du meilleur cru, écrit en 1937, fasse encore partie des best-sellers. Rappelons en brièvement la teneur : une querelle autour de l’installation d’une « pissotière » en plein cœur du village. Si vous ne l’avez pas lu, procurez le vous ! C’est à p….de rire ! Et ça n'a pas pris un ride.

     

    Simple conseil…sanitaire !

     

    Pour un peu on en viendrait à regretter que ce livre n’ait pas transité par la boîte à livres de l’esplanade du point de vue, derrière laquelle, faute de pouvoir se soulager dans un espace dévolu à la chose, nombre de visiteurs n’hésitèrent pas, malgré un dispositif improvisé se voulant dissuasif, à ouvrir la braguette et même à baisser culotte. À l’abri des regards ? Que nenni ! Ce point de vue incontournable est dans la ligne de mire de nombreuses fenêtres.

     

    Simple conseil…sanitaire !

     

    Les fenêtres nous guettent…Les fenêtres rigolent…Les fenêtres murmurent…(Jacques Brel, Les fenêtres). Voilà un sujet qui aura beaucoup fait causer tout au long de ces dernières semaines. Les exposants à Ti ar skol de juillet, qui n’ont eu, quant à eux, pas d’autres choix que de prendre leur mal en patience, n’ont pas été les derniers à déplorer cette situation . Le remède apporté au début du mois d’août n’aura été qu’un pis aller pour celles et ceux qui leur ont succédé. Les fenêtrent jacassent

    La tour de pisse, comme on s’est plu à désigner la vespasienne aux couleurs du département, du fait de son relâchement au principe de la verticalité, n’a guère séduit tous nos hôtes de passage, ni fait taire les interrogations.

    Si, à la lecture de la presse rapportant la teneur du dernier conseil municipal, on peut comprendre qu’il y a des « combats » à mener d’une toute autre ampleur, il me semble légitime d’avoir saisi cette opportunité du questionnement sur les comités de quartier pour mettre en exergue cette déconvenue. Mais qu’on ne s’y trompe pas ! Je ne me fais pas ici le porte-parole de quelques personnes excessivement pudibondes comme l’est la pauvre Justine Putet dans Clochemerle. C’est bien du contraire qu’il s’agit. La place du Crec’h mérite un édicule d’une toute autre facture. Il s’agit avant tout de marquer notre respect à nos visiteurs d’un jour.

    On a manqué clairement de précisions sur ce qui fait que les installations attenantes à La Cambuse n’ont pas pu, malgré sa non réouverture, être opérationnelles durant cette saison estivale. Est-ce à dire que le système hybride mis en place, associant toilettes publiques toilettes privées, ne peut fonctionner que quand le café épicerie crêperie est ouvert ? Si c’est le cas, ce n’est donc pas avant le jugement du tribunal que le quidam pourra, en toute quiétude, faire ce qu’il a à faire et cela augure mal de la suite. Je ne puis qu’émettre le conseil à qui de droit pour que des mesures soient prises afin de trouver rapidement une fin à ce feuilleton de l’été, avant qu’une autre plume plus experte n’en fasse un roman..

    Tout en sachant que les conseilleurs ne sont pas les payeurs, quoique endossant ici le costume de contribuable, je me tourne à nouveau vers Jean de La Fontaine pour trouver une chute (honorable ?) à cette chronique. Dans  Le juge arbitre, l’Hospitalier et le Solitaire, notre génial fabuliste écrit ceci :

     

    Ainsi parla le Solitaire

    Il fut cru, l’on suivit ce conseil salutaire

    Solitaire, il m’arrive de l’être, mais pas vingt quatre heures sur vingt-quatre. Disons qu’en cet instant il me faut faire comme si… pour, toute modestie mise à part, pouvoir plagier le bon maître :

    Ainsi parla le Solitaire.

    Il fut cru, l’on suivit ce conseil sanitaire.

     

                                                                                                                                          Claude Tarin

                                                                                                                              16 septembre 2021


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    Le rideau est tombé ce dimanche sur la saison des expositions. Ti ar skol, toutes paupières closes, a repris son costume d’automne. Une saison estivale entre ombres et lumières dont il faudra tirer toutes les leçons. Dans une prochaine chronique, je ferai part de mes propres observations, mais si le cœur vous en dit, prenez vous aussi la plume pour exprimer votre propre ressenti! Ce blog – j’enfonce le clou - est à votre disposition pour construire, toujours en respectant les règles du respect dû aux acteurs de notre vie citoyenne, un après qui redonne à cette ancienne salle de classe un rôle à la hauteur de ses légitimes ambitions. Croiser les regards serait pour cela le meilleur moyen d’accorder les points de vue. Mais aujourd’hui, place à ce coup de cœur que je sais ne pas être le seul à avoir éprouvé.

    Ti ar Skol a accueilli, tout au long de la semaine dernière, deux femmes talentueuses, Brigitte Mercy et Françoise Lahay ; toutes les deux en provenance de Plouguiel. Brigitte Merçy présentait ses porcelaines et Françoise Lahay ses photos. Une exposition en duo avec pour fil conducteur : l’éloge de la main.

     

    Ti ar skol : dernier acte, dernier coup de cœur

     

    Cela fait quarante cinq ans que Brigitte Mercy pratique la peinture sur soie, l’aquarelle, le pastel. La peinture a meublé les temps de loisir de cette bretonne d’adoption qui fut, tour à tour, sous d’autres cieux, aubergiste, restauratrice, cuisinière et animatrice éducative. L’un de ses tableaux présenté à Kermouster, une marine réalisée au fusain, lui fera dire combien elle apprécie d’avoir pu rencontrer, à Bégard, Béatrice de Marqué pour continuer à progresser dans cette voie. Cette artiste peintre, que nous gagnerions nous-mêmes à mieux connaître si tant est que nous éprouvions l’envie de prendre un pinceau, se propose, par des stages, de  vous guider dans l’approche de la toile.

    Mais, c’est d’abord et surtout pour nous présenter ses porcelaines que Brigitte Mercy a fait escale sur cette rive du Trieux. C’est  dans le creuset de La Roche Jaune, où elle a posé son sac la retraite venue, qu’elle s’est emparée de cette nouvelle technique. La gravure sur porcelaine est un art à part entière.

    Au départ, il y a le dessin d’où naîtra le motif. Ensuite vient le temps de la plume en acier. Puis celui du coloriage, réalisé à partir de pigments dilués dans de la térébenthine ou des essences grasses, de lavande ou d’orange ; des pigments sans plomb pour toutes ses réalisations pouvant décorer une bonne table. Suivant la complexité du motif et le nombre de nuances colorées la porcelaine peut être soumise à sept cuissons, à une température de 820°.

     

    Ti ar skol : dernier acte, dernier coup de cœur

     

    Durant toute la semaine Brigitte Mercy aura meublé les temps morts – il y en eut – en poursuivant un travail engagé depuis plusieurs semaines ; un plat avec motif d’inspiration marocaine. Brigitte Mercy ne cache pas l’attrait qu’exercent sur elle les arts décoratifs de l’Égypte et des pays du Maghreb. Pour autant, sa créativité s’exerce à partir d’autres sources d’inspiration et de son propre imaginaire.

    Si vous n’avez pas eu l’heur de franchir le seuil de Ti ar skol, je ne puis que vous inciter à consulter le sobre site Internet de Brigitte Mercy, ne serait-ce que pour vous puissiez évaluer le bien fondé de ce vous venez de lire ( Brigitte Mercy Canal.blog).

     

    Ti ar skol : dernier acte, dernier coup de cœur

     

    Françoise Lahay nous plonge, quant à elle, dans un univers, fort différent puisqu’il s’agit de photographie, passion qu’elle partage avec son mari, mais qui nous ramène, sans équivoque possible, à cette notion de l’art. La main semble secondaire dans l’art de prendre une photo et pourtant c’est elle qui permet de saisir à temps voulu ce que le regard a souhaité fixer et restituer.

    Cette passion partagée en couple a amené cette ancienne coiffeuse de Plouguiel à bourlinguer à travers le monde, un peu à la manière d’un grand reporter, mais avec pour objectif d’en montrer ce qui fait l’humaine beauté. Avec, aussi, le souci permanent du respect dû aux gens dont elle aura eu l’envie de conserver le souvenir. Elle qui a tant modelé de chevelures pour donner aux clientes l’aspect souhaité reconnaît qu’il lui est difficile de photographier des visages. Cela ne peut se faire sans un accord tacite, exprimé parfois par un simple regard lumineux, donc consentant.

    Pour accompagner Brigitte Mercy, Françoise Lahay avait sélectionné toute une série de photos focalisant sur les seules mains. Il me semble avoir discerné chez elle le besoin de travailler par thématiques : les fleurs, les enseignes, mais aussi le travail dans les salons de coiffure découverts au gré des pérégrinations.

     

    Ti ar skol : dernier acte, dernier coup de cœur

     

     

    Puisque ce sont les mains qui ont sous-tendu cette semaine d’exposition, Aussi convient-il de vous faire partager cette maxime gravée sur une carte postale de sa composition : « L’outil des artistes, les mains » Une maxime qui s’inspire d’un propos qu’a tenu, sous une légère forme différente, Agnès Varda, célèbre cinéaste et photographe. Brigitte Mercy et Françoise Lahay ont donné le point final à une saison qui, à des degrés divers, nous a rappelé que sans la main il n’y a pas d’art.

    L’intitulé du site de Françoise et Jean-Michel Lahay ( photosanstress.free.fr ) nous offre, implicitement,  matière à une autre réflexion. Du stress, il n’y en eut guère pour elle et sa complice tout au long de cette semaine d’exposition. La vue sur l’estuaire du Trieux aide souvent à s’évader de soi-même. Pour autant, toutes les deux n’ont pu, à leur tour, cacher une réelle déception. Ti ar skol n’a pas été, tout au long de l’été, à la hauteur des attentes en matière d’accompagnement. Mais de cela, nous en reparlerons la prochaine fois.

     

                                                                                                                                             Claude Tarin

                                                                                                                  Lundi 13 septembre 2021


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    Il était attendu ; redouté : l’orage. Passé 7h du matin, ce mercredi 8 septembre, il a effectivement grondé au-dessus de nos têtes. Pointant son bec vers le sud-ouest, le coq, notre coq, celui qui se dresse fièrement au-dessus du clocher, est resté impassible. Comme s’il voulait nous dire : « N’ayez pas peur ! Je vous protège ». Quelques éclairs suivis de roulements de tambours. Une forte détonation. La foudre ? Où ? Et puis, plus rien. Les nuages porteurs d’une charge électrique s’en sont allés vers des cieux encore bleus, laissant le soin à d’autres de filtrer les rayons du soleil. Ils laissaient aussi derrière eux un peu d’eau sur les champs et pelouses ; trop peu ; mais c’était déjà ça de pris.

    La terre est sèche, trop sèche. Et dire que l’été n’a pas été aussi chaud que souhaité, du moins pour celles et ceux pour qui le temps des vacances était compté ou qui supportent tant bien que mal le souffle du vent, surtout quand il nous vient de l’Est.

    J’ai déjà eu l’occasion de dire combien la compagnie d’Eole me procurait du bien être. Je n’oublie en rien sa capacité à nuire, mais on ne se refait pas, du moins sur ce plan du ressenti. Aussi suis-je heureux, en cette année où on lui a donné rendez-vous, de rappeler que Brassens, a, lui-même, chanté les vertus du vent.

    Ce n’était pas sur le pont de Lézard, mais sur celui des arts. Il est vrai qu’à l’époque où le vent lui a inspiré cette chanson, il n’avait pas encore l’heur d’être citoyen d’honneur de notre commune. Cela dit, j’en mets (à nouveau) ma main au feu, qu’il ne s’offusquerait pas si, le temps d’une soirée en son honneur, salle Georges Brassens ou, ici, à Kermouster, il se trouve un(e) interprète pour modifier la deuxième rime de son célèbre refrain Si par hasard/Sur le pont des Arts


    Le vent semble une brut' raffolant de nuire à tout l'monde...

    Mais une attention profonde

    Prouv' que c'est chez les fâcheux

     Qu'il préfèr' choisir les victimes de ses petits jeux

     

    Évidemment, si je dis que je fais mienne cette affirmation selon laquelle sont fâcheux tous les gens qui n’aiment pas le vent, je risque fort de voir le nombre de mes amis fondre comme neige au soleil.

    Il y a fâcheux et fâcheux, bien évidemment. Dans toute appréciation, la nuance s’impose. Décrypter les pensées de Georges Brassens serait peut-être la meilleure chose à faire si l’intention est de le fêter dignement, c’est-à-dire en comprenant bien ce qu’il a eu à nous dire. Il faut savoir le lire entre les lignes.

    Mais ce n’est pas lui faire injure que de dire que nous sommes bien heureux que Benjamin Franklin ait inventé le paratonnerre – le 15 juin 1752 selon ce que je viens de lire – et que Michael Faraday, dans son sillage,  quelque quatre vingt dix ans plus tard, ait développé le principe de « sa » cage. Comme quoi le savoir scientifique a du bon !

    Après un après-midi passé sous une chaleur lourde, les pieds dans l’eau pour les amateurs de pêche…à pied, le ciel s’est montré généreux en déversant une drache de telle intensité qu’il aurait été vain de vouloir déployer un parapluie pour se réfugier dans un petit coin de Paradis.

     

    La chanson du hérisson

     

    L’orage, la pluie, le vent et Brassens

     

    Ce sont les caprices du ciel qui ont, pour partie, repoussé à plus tard une chronique tirant un constat de la saison des expositions. Mais aussi, la surprise d’apprendre que la salle  Ti ar skol accueillait une nouvelle exposition dont je n’avais pas eu vent. Alors autant attendre d’avoir pu apprécier la qualité du travail de ces artistes de la dernière heure avant de tirer un bilan complet.

    Pour autant, sans attendre, je reviens sur un intermède de cette nature qui, bien que n’ayant aucun rapport avec lui, m’a remis en tête une des grandes qualités de Brassens. Un homme généreux, peu imbu de sa personne et sachant illustrer des convictions reposant sur le socle de l’amitié.

    Ce jour là,  Pascal Bougeant, de l’association Les Copeaux d’abord, qui exposait ses œuvres, en compagnie de son complice Jean Latapy (Chronique du mercredi 25 août « Les Copeaux d’abord » font feu de tout bois »), sculpta un petit morceau de chêne qui allait peu à peu prendre la forme d’un hérisson, puisqu’il ne suffirait plus que de lui ajouter des piques à apéritif. Les puristes vous diront qu’à la naissance mieux vaut parler de choupisson, le petit du hérisson.

     

    L’orage, la pluie, le vent et Brassens

     

    L’orage, la pluie, le vent et Brassens

    L’orage, la pluie, le vent et Brassens

     

     

    Bien évidemment quand on évoque Brassens ce n’est pas cette chanson qui revient évidemment en tête, d’autant plus qu’il ne s’est agi pour lui que d’apporter sa modeste contribution à Émilie Jolie, un conte musical composé par Philippe Chatel, en 1979. Cela dit une affaire de copains car aux côté de la petite et jolie Émilie (Séverine Vincent) et de son tonton Georges, il y avait, entre autres, Robert Charlebois, Henri Salvador, Sylvie Vartan, Françoise Hardy, Julien Clerc, Alain Souchon, Laurent Voulzy, Yves Simon et Eddy Mitchell. Dans ce conte, Brassens, la guitare à la main, endosse le costume d’un hérisson bien triste de ne pouvoir être caressé pour une raison facile à comprendre.

    Pascal Bougeant était alors à mille lieux de penser que son tour de main allait faire ressurgir de beaux moments d’émotion partagés avec les enfants. J’ai finalement craqué et adopté un de ses choupissons qui, j’en suis sûr, sera désormais un compagnon fidèle à l’heure de l’apéro puisque disposé à nous céder ses piques.

    Une précision s’impose : ces choupissons sont enrobés de cire d’abeille et de cire de carnuba extraite des feuilles d’un palmier du Brésil, autorisée, elle aussi comme additif dans l’industrie alimentaire.

     

                                                                                                                              Claude Tarin

                                                                                                              Jeudi 9 septembre 2021


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