• Le nouveau vitrail de la chapelle

    Il aura fallu un peu plus de trois jours de travail à Julien Lannou pour mettre en place le nouveau vitrail de la chapelle. Ce vendredi 26 août, nous pouvions enfin visualiser le fruit de son travail qu’il a mené de conserve avec Pasquale Destremau, l’artiste peintre qui a eu la charge de réaliser le carton.  L’un et l’autre peuvent être fiers d’avoir su conjuguer leurs talents respectifs pour accoucher d’une œuvre d’art. Nous disons bien, une œuvre d’art. Une œuvre qu’il convient de contempler sans en oublier la nature propre.

      Le vitrail d’une église répond certes à des soucis esthétiques. Ces flammes qui, dans leur ogive de pierre,  suggèrent l’élévation, sont harmonieusement colorées. Mais un vitrail, du moins dans une conception moderne  qui ne s’attache plus à mettre en image des scènes bibliques, se doit avant tout de transformer la lumière du jour en lumière intérieure. Lumière divine pour les croyants, source de méditation pour quiconque. Pasquale Destremau et Julien Lannou ont atteint pleinement cet objectif. Il appartient désormais à toute personne qui franchira le seuil de la chapelle d’en éprouver le bien fondé. Une chose est sûre : cette œuvre d’art va, ce dimanche 28 août 2016, apporter une « coloration » nouvelle au traditionnel pardon de Saint Maudez. Gageons que le vitrail sera au cœur de toutes les conversations !

    Le nouveau vitrail de la chapelle

    Le nouveau vitrail de la chapelle

     

    Mise en place des barlotières, barres en laiton doublées d'un feuillard servant à soutenir les panneaux du vitrail

     

    Le nouveau vitrail de la chapelle

     

    Le nouveau vitrail de la chapelle

    Le nouveau vitrail de la chapelle

    Le nouveau vitrail de la chapelle

     

    Fermé depuis le début de l'été, le porche peut à nouveau ouvrir ses deux battants

    Le nouveau vitrail de la chapelle

    Le nouveau vitrail de la chapelle

     

    Julien Lannou et Pasquale Destremau

    Le nouveau vitrail de la chapelle


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  • Chapelle: une harpe pour clore le cycle des concerts

    Le cycle des concerts de l’été dans la chapelle s’est achevé ce samedi 20 août. A l’affiche de cette soirée : la jeune harpiste Héloïse Darblay dont nous avions déjà pu apprécier le talent, l’été dernier à Kermouster, à l’occasion du vernissage de l’exposition de peintures de Jean-Marie Jacquot, son grand-père. Une ultime soirée musicale (nous y revenons ci-après) marquée par un léger redressement de la courbe des spectateurs.

    En juillet, nous n’avions pas manqué de constater que le public n’était pas au rendez-vous. Hormis la cas particulier des Sonerien an Trev, qui ont joué « à guichet fermé », le 11 août dernier (Cf notre article), tous les artistes qui se sont produits ces trois dernières semaines l’ont fait devant une assistance maigrelette. Et pourtant – c’est ce que nous soulignons dans les lignes qui suivent -  la qualité des prestations n’a jamais fait défaut.

    La cause principale de cet apparent désintérêt repose certainement sur les trop nombreuses sollicitations auxquelles nous sommes conviés, de la mi-juillet à la mi-août. La chapelle de Kermouster a du mal à se positionner dans la programmation des festivités de l’été, dans et à proximité de la Presqu’île. L’argument qui consisterait à dire qu’elle a souffert cette année de la durée du chantier de renouvellement du vitrail ne serait en rien recevable. Pour preuve, une fois encore, le succès d’audience des Sonerien an Trev.

    L’explication repose peut-être aussi sur un manque de communication, même si les affiches semblent avoir sauvé ce qui pouvait l’être. Quoi qu’il en soit, les responsables de la culture et du tourisme devraient se pencher sur le problème, car cela ne concerne pas uniquement la chapelle de Kermouster, ni le seul intérêt des artistes. Malgré son talent, Nathalie Dardenne, qui chante du Brassens en celtique, n’a pas eu, elle non plus, l’audience espérée en l’église Saint Jean-Baptiste de Lézardrieux, le 16 juillet dernier. Cela passe assurément par un dialogue soutenu pour une mise en adéquation avec les artistes qui sont demandeurs et une mise à plat des possibles télescopages de dates.

    Pour ce qui nous concerne, nous voulons dépasser ce constat pour souligner le plaisir qui fut le nôtre, et que nous savons partagé, de pouvoir voir et entendre des talents qui ont su, pour leur part, gommer leur déception en livrant le meilleur d’eux mêmes. Gageons que l’an prochain, cette chapelle sera à nouveau un lieu d’enchantement ! Eclairée par la lumière tamisée de son nouveau vitrail…dont la mise en place va se faire cette semaine. Julien Lannou, le maître verrier va en effet boucler ce chantier avant le jour J.   

     

    Le livre « bleu » de chevet de Marthe Vassallo

     Chapelle: une harpe pour clore le cycle des concerts

     Son concert ne figurait pas dans la programmation. Marthe Vassallo a surgi dans le paysage, le vendredi 5 août, au lendemain du concert d’H.Robert, auquel nous n’avons pas pu assister et dont on nous a dit grand bien. Doté d’un physique qui laisse à penser qu’il cherche à coller au plus près à l’image de Georges Brassens, H.Robert a fait forte impression, aux dires des personnes qui sont venues l’écouter, notamment par la qualité de ses textes. Sur un registre totalement différent, Marthe Vassallo a réussi, quant à elle, à créer d’emblée l’enchantement, en nous entraînant dans son monde, celui qu’elle fait renaître autour d’un livre transcriptions, Musiques bretonnes, réalisé en 1913 par Maurice Duhamel.

    Ce livre est un recueil de 430 mélodies populaires bretonnes. Dans le double sillage de François Marie Luzel (1826-1895) et d’Anatole Le Braz (1859-1926), co-auteurs de Soniou Breiz-Izel, un recueil du même genre publié en 1890,  Maurice Duhamel (1884-1940), alors jeune compositeur, a retravaillé tout ce pan de la culture bretonne, dont il fut, par la suite, sur le plan politique, un ardent défenseur.

    Après s’être s’immergée, à son tour, dans cet univers des gwerziou, Marthe Vassallo ne s’est pas contentée de construire un récital ; Elle a créé un spectacle, Les chants du Livre bleu, qu’elle mène avec talent, par la parole et le chant, en solo a capella, s’aidant ici d’un guide chant, là d’un piano jouet, tout en déambulant parmi le public pour s’en venir allumer des bougies. La scénographie est on ne peut plus habilement construite. L’artiste arrive à nous faire entrer dans son imaginaire.

    Grande voix de la musique bretonne, Marthe Vassallo exerce son talent sur bien d’autres registres. On se contentera de signaler sa collaboration, depuis près de vingt ans, avec Lydia Domancich, pianiste, résidant à Lanmodez. Là il s’est agi de mettre en musique des chansons françaises et anglophones composées par Marthe Vassalo..

     

    Pour en savoir plus

     

    http://www.marthevassallo.com

     

     Légendes croisées et chantées avec Ketiketan

    Chapelle: une harpe pour clore le cycle des concerts

    Avec le trio Ketiketan (le lundi 15 août), la chapelle s’est à nouveau fait chambre d’écho de la chanson bretonne. Mais pas seulement, puisque le spectacle concocté par Brigitte Kloareg, sa fille Katell et Kristina Kuusisto réunit deux univers, celui du runolaulu de Finlande, plus précisément de Carélie, et celui du gwerz de Bretagne. Là encore, ce sont deux ouvrages anciens qui sont à la base du répertoire de ce trio, le Kalevala (1835), recueil de poésies chantées de la Carélie initié par Elias Lönnrot (1802-1884), médecin et écrivain finlandais, et le Barzaz Breiz (1839) du vicomte Théodore Hersart de La Villemarqué (1815-1895).

    Lors de précédentes prestations en ce même lieu, en solo, la Finlandaise Kristina Kuusisto, talentueuse bandonéoniste, nous avait déjà donné à écouter les sonorités du Kalevala. En s’associant avec Brigitte et Karell Kloareg, elle jette en quelque sorte une passerelle entre la Carélie et la Bretagne, deux grandes terres de légendes.

    On saura gré à ces artistes d’avoir su donner le meilleur d’elles-mêmes devant un public peu nombreux. Tout comme pour Marthe Vassalo, l’enchantement a opéré. Et que dire de la note finale de cette prestation du Ketiketan ! Si ce n’est que le duo Brigitte et Katelle Kloareg mériterait le « prime time » sur nos chaînes de télévision. Ces deux femmes nous offrent un dialogue chanté – Ar Rannou (les séries) – au travers duquel elles font preuve d’une virtuosité vocale « à couper le souffle ». Même si on n’y retrouve pas toute la saveur du « live », on peut se procurer le CD que le trio  a tiré de ce spectacle.

    Restait pour nous à savoir ce que veut dire Ketiketan. Aux dires de Brigitte Kloareg, ce mot est tiré d’une expression du pays vannetais qui signifie « A qui mieux mieux ».

     

     

    Dernières vibrations avec Héloïse Darblay

    Chapelle: une harpe pour clore le cycle des concerts

     A notre connaissance, grâce à Héloïse Darblay, c’est la première fois que la chapelle ouvre son chœur à une harpe de concert.  Beaucoup plus grande, si ce n’est majestueuse, que la harpe celtique, la harpe diatonique est plus sophistiquée, plus à même de s’intégrer dans un orchestre symphonique. Ce samedi 20 août, la jeune musicienne, en solo, a fait vibrer les 47 cordes de son instrument sur toute la gamme de ses possibilités. Du baroque à la musique contemporaine.

    Comme nous l’avons signalé en préambule, ce n’est pas la première fois que cette jeune femme se produit à Kermouster. De la salle d’exposition à la chapelle il n’y avait qu’un pas à franchir. C’est chose faite et bien faite, même si, à l’entame du concert, l’on a pu percevoir une certaine tension.  C’est, pour tout interprète, gageure que de restituer tel qu’il est mémorisé par le plus grand nombre, le Prélude en do BWV 846 de Johann Sebastian Bach. Surtout quand il s’agit d’une transcription via les cordes d’un instrument autre que le piano..

    Le geste s’étant très rapidement libéré, Héloïse Darblay a su nous prouver que la harpe donne toute leur luminosité à des œuvres écrites au préalable pour piano. Avec notamment La jeune fille aux cheveux de lin, extrait des Préludes de Claude Debussy ou Nocturne de Mickaël Glinka. Pour autant, elle s’est faite l’ardente interprète de compositions dédiées à son instrument de prédilection avec Bleu Nuit de Jean-Louis Petit, élève d’Olivier Messiaen, ou Chanson dans la nuit de Carlo Salzedo (1885-1961). Elle créera l’étonnement, en y associant la voix, avec Haarpi de François Rossé, lui aussi ancien élève d’Olivier Messiaen, qui aime à se définir comme un « trouveur » et non un « créateur ». Ici la harpe se fait violence.

    Tout comme l’an passé, Héloïse Darblay exécutera  Les adieux du ménestrel à son pays nataldu Gallois John Thomas (1826-1913) que tout harpiste digne de ce nom doit, dit-on, inscrire à son répertoire. Chaudement applaudie, elle conclura sa prestation par un flamboyant Baroque Flamenco composé par la prestigieuse américaine Deborah Henson Conant. Dernières et sublimes vibrations profanes !

     

    Chapelle: une harpe pour clore le cycle des concerts

     

     


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  • Quel rapport entre la guerre sous-marine qui a sévi le long des côtes de la Manche, durant la Grande Guerre et le combat que mènent les Peshmergas dans le Kurdistan irakien pour se prémunir de la peste mortifère des islamistes de Daech? A priori aucun ! Un siècle sépare ces deux périodes de feu et de sang. Pourtant, à y regarder de plus près, elles illustrent bien le continuum de l’histoire.

    La guerre fait  partie du paysage depuis la nuit des temps, mais en 1918, après la monstrueuse boucherie qui a rendu le monde exsangue de tout un pan de sa jeunesse, les consciences s’étaient élevées pour crier haut et fort « Plus jamais la guerre ». Les quelques personnes qui ont assisté, à La Cambuse, le vendredi 5 août, à la conférence sur la guerre contre les sous-marins allemands à partir de 1917, puis, une semaine plus tard, à la projection du film documentaire Peshmerga, tourné en 2015, savent, depuis leur tendre jeunesse, que cet espoir a fait long feu. Certes, le souffle de la guerre s’est éloigné un temps durant du vieux continent après la Seconde Guerre mondiale, mais les marchands d’armes ont continué à faire des profits à travers le monde. Les braises de la haine et de l’intolérance n’ont jamais été totalement maîtrisées, donc éteintes. La guerre demeure, plus que jamais, le fléau de l’humanité.

    Tous ces auditeurs de La Cambuse  n’ignoraient pas non plus que bien des conflits qui nous valent aujourd’hui de vivre, ici en France, sous un régime d’exception, compte tenu de la menace terroriste, tirent leur source de la première grande déflagration du siècle dernier. En 1914 1918 l’Allemagne et l’Autriche-Hongrie comptent parmi leurs alliés l’Empire Ottoman. Leur défaite conjointe va lui donner le coup de grâce. L’ancien empire de Soliman le Magnifique avait déjà perdu de sa superbe avant d’être partie prenante dans ce conflit. Le traité de Sèvres, signé le 10 août 1920 va le morceler, donnant vie à de nouveaux états, dont la Syrie et l’Irak. Les Kurdes, malgré les promesses, seront les grands oubliés de ce démembrement. Leur avenir dans cette partie du monde déchiquetée reste problématique.

     La Cambuse s’est donc trouvée, par deux fois, en l’espace d’une semaine, au carrefour de l’Histoire. Il a fait bon rafraîchir ses connaissances dans ce qui fut autrefois une école.  

     

    Un canon sur le phare des Héaux de Bréhat

     

    La Cambuse au carrefour de l'Histoire

    Illustration extraite du site de l'Association pour la recherche et la sauvegarde des sites archéologiques du Trégor (ARSSAT) pour laquelle Alain Bohée a effectué un travail sur la guerre sous-marine en Manche

    Alain Bohée, ancien de l’armée de l’Air,  est un passionné de l’histoire locale. Depuis plusieurs semaines, il s’active, au fil de conférences, à faire connaître le résultat de ses recherches sur un aspect méconnu de la Grande Guerre, la guerre contre les sous-marins allemands sur cette côte nord de la Bretagne.  Des recherches effectuées à la demande de l’Association pour la recherche et la sauvegarde des sites archéologiques du Trégor (Arssat). Vendredi 5 août, il faisait escale à Kermouster.

    Pour la grande majorité des gens, 14-18 c’est la guerre des tranchées. Depuis deux ans déjà, nombre de cérémonies ont rappelé les tragédies et les actes héroïques qui se sont noués sur la ligne du Front. Il en sera ainsi jusqu’à la célébration du centenaire de l’armistice. En plongeant dans les archives Alain Bohée ne fait que rendre justice à tous ceux qui, sur mer ou tout le long du littoral, donc loin du Front, ont veillé à la sécurité du pays. Il se positionne d’emblée en historien soucieux de l’exactitude des faits. D’où cette citation de Talleyrand qu’il a tenu à énoncer avant d’engager son propos : « « Je vous prie de remarquer Messieurs que je ne blâme ni n’approuve, je raconte ». Quelques minutes plus tard il y ajoutera cette affirmation de Richelieu « On ne peut sans la mer soutenir la guerre ».

    Et de fait, sans la vigilance côté mer, l’issue de la Grande Guerre aurait pu être tout autre. Les U-Boots allemands ont fait peser une lourde menace, notamment sur le réapprovisionnement en charbon, la source d’énergie incontournable à une industrie prioritairement orientée sur le soutien aux armées. Les mines du Nord étant sous l’emprise ennemie, force était donc de s’approvisionner chez nos voisins d’outre Manche.

    Pour les sous-marins allemands les goélettes et vapeurs sont donc devenues des proies prioritaires. Ordre leur aura été donné, à compter du 1er janvier 1917, de tirer sur tout ce qui flotte. C’est ce qui va amener l’état-major français à doter les phares de canons longue portée. Il en a été ainsi pour Les Héaux de Bréhat, les Sept îles et les Triagoz. A cette époque, les sous-marins marchent au diesel. Il leur faut souvent mettre la tête hors de l’eau pour renouveler leur réserve en oxygène. Repérés, notamment par les hydravions – Tréguier sera doté d’une base aéronavale -  ils deviennent  à leur tour des cibles.  Un tir déclenché à partir de ses sentinelles de la mer devenues soldatesques peut leur être fatal. Cette évocation fut assurément le temps fort d’une conférence par ailleurs trop à cheval sur la chronologie et sur le souci du détail technique. Alain Bohée gagnerait à élaguer son propos, quitte à privilégier l’anecdote à la précision chiffrée. 

    Cette menace, qu’ont constitué les U-Boots, les Kermoustériens l’ont, quant à eux,  subie douloureusement. A deux pas de La Cambuse, sur une plaque, scellée à l’intérieur de la chapelle,  est gravé le nom d’un marin, Alexandre Le Blouch, maître canonnier sur le Danton. Ce cuirassé a été torpillé le 19 mars 1917 au large de la Sardaigne alors qu’il se dirigeait vers Corfou. Alexandre Le Blouch fera partie des 296 marins qui n’auront pas survécu à cette agression. Certes, cela s’est passé loin de nos côtes, mais nous nous devions une nouvelle fois d’évoquer ce fait, là encore, pour souligner le rôle qu’ont joué les marins dans la victoire finale, non pas contre l’envahisseur du territoire national cette fois mais contre ses alliés austro-hongrois, bulgares et Ottomans.

     

     Peshmerga, le nouveau film documentaire de BHL

     

    La Cambuse au carrefour de l'Histoire

    Compagnon de route de Bernard Henri Lévy, Gilles Hertzog (au centre) a présenté le film documentaire Peshmerga à Kermouster où il réside depuis soixante ans

    Il peut paraître inutile de présenter Gilles Hertzog, lequel est à l’origine de la projection à La Cambuse du film Peshmerga, mais, comme il faut toujours se méfier du supposé connu, mieux vaut le faire, ne serait-ce qu’en quelques lignes, pour les nouveaux résidents du hameau..

    Gilles Hertzog les y a précédés voilà soixante ans tout juste, dans le sillage de ses parents. Il est le petit-fils de Maurice Cachin, cofondateur du Parti Communiste Français, qui a vécu à Lancerf, en amont sur l’autre rive du Trieux. Son père, chirurgien, et sa mère, médecin pédiatre, ont également œuvré pour cette cause, en soignant notamment les Républicains espagnols qui fuyaient le régime franquiste en 1939.

    Gilles Hertzog a décrit cette période de leur vie dans Les Brigades de la mer, publié chez Grasset en 1979. Ce livre souligne le rôle qu’a joué la compagnie France Navigation, émanation du Parti Communiste Français, dans le soutien aux forces républicaines espagnoles dans les années 1936 1939. Paul et Marcelle Hertzog seront à bord du Winnipeg pour soigner les Espagnols qui venaient chercher, au Chili, une terre d’asile. Pour ces Parisiens d’adoption, Kermouster fut, au lendemain de la guerre,  un havre de ressourcement, un solide point d’ancrage.

     Depuis la fin des années soixante, Gilles Hertzog a rompu avec l’orthodoxie familiale. Il est devenu « compagnon de route » de Bernard Henry Lévy, philosophe écrivain, figure ô combien controversée de la vie intellectuelle depuis près d’un demi-siècle,  lequel, avec ce nouveau film dont il est à la fois commanditaire et animateur, interpelle la Communauté internationale sur le nécessaire soutien qu’il faut apporter aux Peshmergas mais, au-delà de ces combattants, à l’idée même d’un état kurde. Comme en Bosnie ou en Afghanistan, Gilles Hertzog aura été de la partie.

    Quelles que puissent être les raisons de cette controverse, que nous subodorons générée, pour l’essentiel, par une certaine « façon d’être » de celui que l’on appelle communément BHL, force est de constater que ce film témoignage, qu’il nous a été offert de regarder à La Cambuse  après son visionnage, en mai – excusez du peu ! -  à L’Elysée avant sa présentation au Festival de Cannes, puis, courant juillet,  à la Royal Geographical Society de Londres, est un document saisissant. Par la véracité des scènes de guerre prises sur le vif, six mois durant, sur une ligne de combat allant de Jalawala, au sud, jusque Mossoul au nord. L’utilisation de drones nous permet de survoler des paysages dantesques. Sur cette terre d’ocre rouge, les villages ne sont plus que ruines sans âme. Dans le regard des combattants kurdes, crainte et fierté se mêlent. BHL et ses équipes ne masquent pas leur parti pris, qui est aussi le nôtre. Comment pourrait-il en être autrement alors que ces Peshmergas forment un rempart contre la barbarie?

    Si Bernard Henri Lévy, contrairement à de précédentes productions, où il tenait à se montrer au cœur du conflit toujours égal à lui-même, dandy au milieu des battle-dress, se fait cette fois plus discret à l’image,  tout en assurant, lui-même, le commentaire, une heure trente durant. On ne peut plus emphatique, le propos, aux intonations d'un prêche,  n’en reste pas moins éclairant. Ces Kurdes, qui sont majoritairement sunnites, offrent un visage rassurant du monde musulman. Même s’ils sont loin de former un peuple uni, les Peshmergas eux-mêmes n’obéissant pas tous au même chef, les Kurdes irakiens affichent une tolérance envers les autres religions (chiite, catholique, yézédiste, pour ne citer que les plus représentatives). Même envers les Juifs, si l’on en croit les témoins de BHL

    Le film s’achève sur l’obstacle de Mossoul, la capitale proclamée de l’Etat islamique. Tourné en 2015, il colle encore malheureusement à l’actualité. Mossoul n’est toujours pas libérée. Les Peshmergas, aidés en cela par les forces aériennes de la coalition internationale, viennent d’engager une nouvelle offensive pour faire tomber ce dernier grand bastion des fanatiques.  Mais de quoi sera fait l’avenir ? Si l’idée d’une nation kurde nous paraît, à nous aussi, aller de soi, ce point de vue n’est en rien partagé par tous les belligérants. A ce jour il paraît improbable de pouvoir réunir les Kurdes de Turquie, de l’Iran, de Syrie et de l’Irak. Il n’est pas dit que ce soit dans les intentions d’un Vladimir Poutine, ni d’un Recep Tayyip Erdogan, de favoriser cette issue. Bien au contraire. Ces deux acteurs majeurs dans cette zone de turbulences viennent de nouer une alliance, contre-nature il y a peu de temps encore, qui fait craindre le pire.

    On n’en a pas fini avec la guerre !

     

     

     


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  • Les Sonerien confèrent à la chapelle un air de cathédrale

    C’est dans une chapelle « pleine à craquer » que les Sonerien an Trev ont fait sonner cornemuses et bombardes ce jeudi 11 août. Habitués à accompagner la procession au sortir de la messe, le jour du Pardon, les Sonerien ne s’étaient jamais encore produits de cette façon en ce lieu. Une Première donc, avec à la clef, un franc succès. Tout le monde n’a pas pu trouver une place assise dans la chapelle. Certains les auront écoutés le nez dans les étoiles.

     Le spectacle, qui nous a été offert ce jeudi soir, a été conçu en tenant compte de l’exiguïté des lieux car ces instruments phares de la musique bretonne ont naturellement « besoin d’air ». La chapelle dédiée à Saint Maudez a montré ce soir là ses limites en capacité d’accueil.

     C’est Jean Baron, un sonneur de réputation internationale, qui a épaulé les Sonerien en concevant, à cette occasion, un programme adapté le mieux possible  à la réflexion sonore de la chapelle. Tout a commencé par une entrée "en douceur" d’un couple cornemuse  bombarde interprétant les cantiques dédiés à Saint Maudez, et à Saint Yves. Puis, tour à tour, guitare, flûtes, clarinettes, harpe et accordéon ont pris place, souvent en duo, à même le chœur.  Formé à l’origine par le couple Jean-Pierre Hamon (cornemuse) et Michel Lebzchec (bombarde), ce groupe musical compte aujourd’hui une grosse quinzaine de membres et montre ainsi sa capacité à s’ouvrir à d’autres sonorités que celles émises par les anches des bourdons et des chalumeaux des bombardes et cornemuses.

     Il y a quelques temps déjà, Jean Baron, qui sait aussi chanter a capella,  était venu seul se produire dans la chapelle. Ce soir là, il nous avait éclairé sur la nature et la technicité de tous ces instruments.  Depuis ce jeudi soir, le public, qui a eu la chance de pouvoir trouver place assise, sait, tout autant que nous, faire la différence entre le biniou coz, la cornemuse de Basse Bretagne, la veuze du pays nantais et la cornemuse écossaise.

     C’est avec l’appui de deux cornemuses écossaises que Michel Nicolas, l'autre chanteur du groupe, interprétera de très belle façon le Bro Gozh ma Zadou, l’hymne breton qui est aussi, simple rappel, celui des Gallois. Un air qui remue tripes et boyaux. Les amateurs de rugby, passionnés par le Tournoi des Six Nations, en savent quelque chose.

    Pour la fin de programme, les Sonerien an Trev, cette fois tous réunis dans un espace on ne peut plus confiné, ont joué sur la corde sensible en  interprétant la célèbre mélodie Amazing Grace, l’un des plus anciens cantiques  du monde anglophone, et le désormais non moins célèbre Higland Cathedral. Amorcé par le jeu subtil des baguettes sur la caisse claire de Christian Raffenne, ce morceau de musique  a  une forte capacité à magnétiser l’auditoire. C’est, aujourd’hui,  un air traditionnel pour les cornemuses écossaises des Higlands, bien qu’il soit de création récente (1992) et d’origine « allemande ». Higland Cathedral a en effet été créé par deux compositeurs allemands.

     Les autres membres des Sonerien an Trez : Alain Hegaret, Pierre-Yves Arzuk, Loïc Le Corre (cornemuses), Loïc Tréhiou, Armelle Le Meur, Dominique Lemarchand, Michel Landais  (bombardes), Pierre Guérin et Michel François (clarinettes), Sophie Pagnon (harpe celtique), Serge Salou (accordéon, Jean-Yves Terrien (guitare) et Valérie Dubois (flûte)

    Les Sonerien confèrent à la chapelle un air de cathédrale

     

    Chapelle comble et comblée avec les Sonerien an Trev

    Les Sonerien confèrent à la chapelle un air de cathédrale

     

    Les Sonerien confèrent à la chapelle un air de cathédrale

     

    Les Sonerien confèrent à la chapelle un air de cathédrale


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  • Peintres en herbe : talents confirmés !

    Le chassé croisé des périodes de vacances, le délicat partage du « temps partagé «  entre les grands parents et les petits enfants, tout cela a pesé, plus que les années précédentes,  sur l’édition 2016 des Peintres en Herbe de Kermouster. Mais si les participants ont été moins nombreux que lors des deux premières éditions, la qualité n’a pas baissé d’un cran.

     Ce ne sont pas les deux artistes peintres du jury, Catherine Gaillemain et Pasquale Destremau, qui nous démentiront. On en tient pour preuve le temps qu’elles ont mis à délibérer. A l’extérieur de La Cambuse, le petit vent frisquet qui soufflait sur la terrasse n’aura fait qu’amplifier l’impatience des concurrents. Nous avions, d’emblée, mesuré la difficulté de la tâche.

     Il est à espérer que la déception de celles et ceux qui ne se seront pas vu attribuer un accessit ( happy ) se sera vite résorbée. Tous les participants ont montré qu’ils avaient du potentiel et que si l’envie et la persévérance les tenaillent, ils pourront, dans un proche avenir, mettre leur pas dans ceux des peintres qui ont su avec talent, depuis de nombreuses décennies, donner de la couleur à cette terre de leurs vacances.

    On prendra connaissance ci-après du bien fondé de ce nous venons d'affirmer, en visitant en quelque sorte les allées de ce musée éphémère. Mais il nous faut d'abord signaler le Prix spécial décerné par le Jury à Nicolas (16 ans) pour sa composition originale mêlant divers coquillages et des algues sur fond de sable.

    Peintres en herbe : talents confirmés !

    Peintres en herbe : talents confirmés !

     

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    Peintres en herbe : talents confirmés !

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