• Les premiers concerts sur fond d’estuaire

     Le duo Band Call (photo Jean-Pierre Rougié)

     Dimanche 19 mai, bien qu’un peu frais, le temps aura été de la partie. La terrasse de La Cambuse était « pleine à craquer » pour le premier concert de la saison. Sur fond d’estuaire, le duo Band Call a fait souffler un vent chaleureux. Les guitaristes Yvonnick Le Penven et Vincent Jézéquel dit Teck ont surfé sur un large répertoire, allant du jazz manouche au jazz soul, de Django Reinhardt à John Leslie Wes Montgomery pour ne citer que ces deux « monstres sacrés ». Les échos qui nous sont parvenus sont unanimes : ces deux musiciens ont assurément du talent.

     

    Les premiers concerts sur fond d’estuaire

     (Photo Jean-Pierre Rougié)

    Dès le jeudi 30 mai, temps permettant, la terrasse de La Cambuse va de nouveau accueillir un duo. Les prévisions météorologiques annoncent, pour l’heure,  un régime d’averses, mais refrain bien connu « il fait toujours beau au-dessus du hameau ».

    Comme nous l’avons déjà indiqué, c’est le duo Strange O’Clock qui va se produire dans le cadre de la 13è édition du Trieux Tonic Blues.

    Christophe Balasakis et Cécile Laurent nous viennent de Coutances. Ils font la part belle au  blues métissé, tendance africaine, associant la voix, la guitare, la calebasse et le tambourin.  

    La musique « qui nous plaît » puise ses racines dans une humanité sans frontières.

    Django Reinhardt, le « Manouche » en est la meilleure illustration. Les Sintés, dont est issue la communauté manouche, sont originaires du sous-continent indien. Né en Belgique, sa roulotte lui aura permis de se nourrir de multiples influences en Europe. Sa célébrité grandissante reposera également sur sa capacité à faire sienne les sonorités d’outre Atlantique.

    Tous ces musiciens compositeurs qui, depuis le début du XXe siècle, ont fait swinguer le monde nous rappellent cette vérité : l’harmonie est également fille du métissage. L’autre, c’est nous.  


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  • Andréa et la Morgan de Jean-Pierre

     

     Il me faut croire que la nécessaire curiosité, la courroie de transmission du moteur de l’information, commence à donner des signes d’épuisement. Pas encore totalement éteinte mais suffisamment émoussée pour me laisser vissé sur une chaise alors que dans la rue, mercredi 8 mai, coups de klaxons et pétarades en tout genre mettaient à mal notre capital commun : la quiétude quotidienne.

    Une parade de vieilles voitures, car il ne pouvait que s’agir de cela, n’a à vrai dire rien d’exceptionnel, même ici, mais comme ce n’est pas tous les jours que des passionnés de la belle mécanique nous font l’honneur de passer par là, il y avait là matière à nourrir une chronique. Las ! Quand, enfin, je me suis décidé à franchir le seuil de la maison, le hameau avait recouvré son charme naturel. Sans la contribution de Kermoustériens, armés de leur portable, nous aurions été dans l’impossibilité d’illustrer ce propos saluant l’événement. Un événement dont « notre » Andréa, qui en est de facto le personnage central, conservera le souvenir ad vitam aeternam.

    Au ouï-dire, rien n’était prévu à l’avance. Comme elle en a l’habitude Andréa vérifiait ce jour là qu’au pied des murets les louzous n’avaient pas profité de la nuit pour s’en venir ternir l’éclat des fleurs quand, soudain, s’arrêta, devant elle, le superbe cabriolet de l’ami Jean-Pierre, le représentant local de l'association Les Copains d'abord, des passionnés des carrosseries de la belle époque ayant choisi d’escaler à Kermouster. En gentleman avisé, Jean-Pierre proposa alors à Andréa de prendre place à ses côtés dans sa Morgan 4/4, pour une balade hors du temps. Inutile de préciser qu’Andréa n’a pas mis trois plombes pour accepter.

    Morgan, même sans e, voilà déjà un nom qui prête déjà à confiance. Et puis avec ce partenaire des discussions en breton pas besoin d’interprète pour se comprendre, donc partager la saveur de l’instant. Allez ! Roule ma poule !

     

    Andréa et la Morgan de Jean-Pierre

     

     Dans ce carrosse surgi de nulle part, Andréa, cheveux au vent, s’est vu offrir quelques instants de vrai bonheur. Ses yeux riaient encore quand, ayant eu connaissance de son aventure, nous lui avons demandé ses impressions. Elle était toute à sa joie d’avoir vécu un tel honneur. Autant dire que le secrétaire de l’Amicale de Kermouster, chauffeur émérite de cette décapotable, a su donner, en quelques tours de roues, du sens au mot amitié. Tiens donc ! Si louzous veut dire mauvaises herbes, comment dit-on amitié en breton ?

    Soyons honnête, et ce n’est pas la trahir, Andréa a émis une seule réserve. Côté confort, c’est plutôt duraille pour le fessier par rapport à l’ID Citroën d’Ernest, son regretté époux. Et puis le rase bitume vous oblige à faire plier la colonne vertébrale plus que de coutume. Simples observations qui n’altèrent en rien la saveur qui a été la sienne d’avoir eu ce « privilège », ou pour le moins la primeur. On imagine qu’il s’en trouve désormais, parmi nous, qui ne demanderaient pas mieux que de vivre à leur tour une telle expérience. A bon entendeur salut !

     

    Andréa et la Morgan de Jean-Pierre

     

    Pour ce qui est de la voiture elle-même, étant dans l’incapacité totale pour en parler savamment, j’ai demandé à Jean-Pierre de nous la décrire. Voici ce qu’il convient de savoir :

    « La Morgan 4/4, nous dit Jean-Pierre, a été conçue et construite par la société Morgan Motors basée à Malvern en Angleterre et fondée en 1909 par Mr. Harry Morgan. Ce modèle est sorti d’usine en 1936 et fut désigné 4/4 pour 4 roues / 4 cylindres par opposition aux Morgan à trois roues produites jusque-là par cette société. Elle a été « relookée » une seule fois en 1963 et seuls le moteur et la boite de vitesse, qui sont les seuls morceaux d’une Morgan à ne pas être produits par Morgan, ont évolué depuis 1936. Cette voiture est encore produite aujourd’hui, ce qui fait dire que « la Morgan 4/4 est la seule voiture ancienne qu’on peut acheter neuve ».

    « La mienne, précise Jean-Pierre, est née le 15 décembre 2004. Elle a été fabriquée entièrement à la main comme toutes ses sœurs, en utilisant des matériaux nobles : acier pour le châssis et les suspensions, aluminium sur armature bois, du frêne, pour la carrosserie, Cuir, ronce de noyer, inox pour l’habitacle. A noter l’absence de plastique ! Son moteur est un 1800 cm3 Ford Zetec de 116 chevaux accouplé à une boite de vitesse Mazda à 5 rapports. Elle pèse 800 kg et pourrait monter à 185 km/h si on en avait encore la liberté… et le courage car n’oublions pas que sa tenue de route date de 1936 »

    1936, Andréa avait déjà l’âge de raison quand la petite anglaise a commencé à séduire les amoureux du ruban bitumé. Autant dire, même si celle de Jean-Pierre est fille du XXIe siècle, que ce mercredi 8 mai 2019 Kermouster aura été le théâtre d’une rencontre entre deux belles « vieilles dames ».

     

    Andréa et la Morgan de Jean-Pierre

     

    Concerts à La Cambuse

    Ce carrousel vrombissant aura donné en quelque sorte le coup d’envoi de la saison « estivale ».

    Notez que l’assemblée générale qui fixera les dates des grands rendez-vous des mois prochains (vide greniers, pique-nique des Kermoustériens, festivités du pardon, etc) se tiendra le mercredi 5 juin à 17 h, à La Cambuse, une semaine après le désormais traditionnel rendez-vous du Trieux Tonic Blues, (jeudi 30 mai, 16 h).

    C’est le duo Strange O’Clock. qui aura investi le lieu. Il vient de Coutances. Un jazz métissé, associant la voix, la guitare, la calebasse et le tambourin. Mais dès ce dimanche 19 mai (17h30-20h) La Cambuse accueille un autre duo, les guitaristes Yvonnick Le Penven et Vincent Jézéquel. Blues, swing et jazz au menu. Avec au cœur de leur répertoire, un certain Django Reinhardt. Ah Django ! Son célèbre Nuages !

    Nous sommes certains qu’Andréa ne sera toujours pas, quant à elle, descendue de ce petit nuage sur lequel l’a transportée la douce musique des quatre cylindres de la Morgan de Jean-Pierre.


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    « Je t'ai donné mon coeur
    Tu tiens en toi tout mon bonheur
    Sans ton baiser il meurt
    Car sans soleil meurent les fleurs
    À toi mon beau chant d'amour
    Et pour toi seule il fleurira toujours
    Toi que j'adore ô toi ma douceur
    Redis-le moi... je t'ai donné mon cœur
     »

     

    Vous êtes nombreux certainement à vous souvenir de cette chanson qui venait bien souvent clôturer les repas dans les décennies d’après guerre. Elle est extraite d’une opérette romantique, Le pays du sourire, dont la première a été exécutée à Berlin en 1929. Cela fait donc quatre-vingt dix ans tout rond. Une opérette qui malheureusement n’aura pas pu enrayer la montée des haines en tout genre.

    Le sourire ! L’indispensable trait d’union de toute collectivité humaine. Quand j’entendais ma grand-mère entonner ces quelques rimes, je me transportais vers un ailleurs. Le pays du sourire avait le goût et la saveur de l’exotisme. Un pays inaccessible à une époque où voyager était l’affaire d’aventuriers ou de gens fortunés. Pour d’autres, c’était toujours l’exode, la recherche d’une terre promise. C’est encore une réalité.

    En fait, ce n’est qu’après avoir roulé sa bosse que l’on apprend que ce fameux pays du sourire est, cela ne dépend que de nous, dans notre champ visuel. Nous seuls pouvons lui donner corps. Ici comme ailleurs, le sourire donne des couleurs à la vie. Continuons à sourire !

    Même si depuis plusieurs jours nous cultivons le profond regret d’avoir perdu l’une des nôtres.

    Sophie s’en est allée vers l’au-delà. Nous n’aurons plus droit à ce petit signe de la main échangé à travers un pare-brise. Son sourire était lumineux, irradiant de sincérité. Nos pensées vont à sa famille, à ses enfants. Le sourire de leur mère ne s’effacera jamais. Il est éternel.


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  • Une, puis deux, puis trois, les hirondelles sont de retour. Hirondelles de cheminée ? De fenêtre ? De rivage ? Pour en faire le distinguo, il faudrait pouvoir disposer d’une acuité visuelle exceptionnelle ou, pour le moins, bénéficier d’un savoir nourri par de longues périodes d’observation ciblée. Ce n’est pas quand la cataracte vous pend au bout du nez que la chose devient aisée. Aussi en vient-on à se contenter de n’être que spectateur lambda de ces ballets aériens de haute voltige, annonciateurs d’un nouveau printemps, quoi que puisse laisser penser le vieil adage. Car le printemps semble en mesure de s’imposer. Le week-end pascal aura même bénéficié d’une météo estivale. Mer d’huile, soleil plein et entier. Un temps idéal pour les traditionnelles « chasse à l’œuf ».

    Mais, à bien y réfléchir, n’est-ce pas cette tradition qui fait que la gente volatile donne de la voix plus que d’habitude ? Si les poules acceptent, bon gré mal gré, que l’on tue dans l’œuf leur aspiration à couver, il n’en va pas de même pour tous ces oiseaux qui s’accrochent aux branches pour assurer la survie de l’espèce. Même avant de rentrer dans son nichoir, la mésange à tête noire y regarde à deux fois avant de pénétrer dans ce gîte façonné par la main de l’homme. Ici, la focale rétinienne vous permet, du fait de la grande proximité, de coiffer la casquette de l’ornithologue, tant le degré de confiance de ce passereau envers nous semble haut. Mais il convient de mériter cette confiance en s’interdisant de troubler l’intimité du nid. A regret, notre perception auditive étant ce qu’elle est, nous sommes dans l’impossibilité de savoir si les longues mélopées de la grive musicienne sont d’incessants messages d’alerte pour tous ses congénères.

    Ce qui nous semble acquis, c’est que tous ces compagnons du quotidien se contrefichent de nos états d’âme. Disons qu’ils s’adaptent tant bien que mal aux conséquences de nos agissements. Ils ignorent tout des canards qui viennent nous informer chaque matin sur l’état du monde, un monde pour lequel il n’y aura pas vraiment eu de trêve pascale. Las, quelque peu découragé, je n’ai guère envie, en ce matin du mardi 23 avril, de vous importuner avec cette sourde inquiétude que le renouveau printanier n’a pas été en mesure d’éteindre. Malheureusement, ce ne sont pas les oiseaux de mauvais augure qui manquent. Je me contente de rebondir sur une information que mon canard préféré a déposée au pied du bol de café.

    On connaît maintenant le nom du cabinet d’architectes qui va avoir la charge de redessiner La Cambuse, sélectionné après appel d’offres. By architectes, une société de Saint-Michel-en-Grève. A vol d’oiseaux, quarante kilomètres séparent Kermouster de ce lieu de cogitation.

    D’ici fin 2019, nous annonce le journal, le bar épicerie sera opérationnel. A l’abri des morsures des vents d’est, les nouveaux gérants pourront y confectionner leurs galettes et crêpes, la remorque qui leur permet d’assurer la transition étant appelée à opérer en d’autres lieux.

    Pour ce qui est de la transformation de l’ancien logement de fonction en gîte d’étape, il faudra patienter jusque l’année prochaine.

    Pour ce qui est des sanitaires publics, la précision de date n’est pas donnée quant à la mise en place définitive d’un local efficient.

    Cette précision, peut-être aurais-je pu vous la donner si j’avais eu l’opportunité d’assister au conseil municipal qui a traité de ce dossier le jeudi 18 avril au soir. Mais, confessons le d’emblée, je n’ai plus le ressort suffisant pour s’en venir assister à une réunion où, quelle que soit la nature du dossier, les jeux sont en partie faits d’avance. Un conseil municipal, c’est l’aboutissement d’un travail préalable en commissions.

    Je sais ne pas être un cas d’espèce. Rares sont ceux, en effet, qui vont désormais au bout de cette démarche citoyenne. A quoi cela tient-il ? A l’évolution de notre mode de vie. Le rythme du travail, l’hypnose télévisuelle, les raisons sont multiples, mais cela tient aussi au rôle dans lequel on se trouve confiné. Le public n’a pas le droit à la parole. C’est sur ce droit à parole qu’il conviendrait de réfléchir alors que s’exprime une vindicte populaire à l’encontre de nos élus. Or, c’est bien la commune qui est le premier échelon incontournable de la vie démocratique

    Ce n’est assurément pas lors de la séance du conseil municipal qu’il convient de se faire entendre. Il faut que cette parole s’exprime en amont, qu’elle nourrisse déjà les réflexions des conseillers municipaux qui en débattront au sein des différentes commissions. La loi le permet déjà. Une équipe municipale peut soumettre à référendum tout projet se rapportant aux compétences de cette collectivité.

    Bref ! Plutôt que d’avoir a enregistré des doléances, il ne serait pas inutile de mettre en place un système qui permettrait de recueillir des avis, des suggestions, des contributions, avant de prendre des décisions qui vont toucher à l’harmonie sociale.

    Cette année, plus que jamais, ce n’est pas tant le renouveau printanier qui est le fruit de notre impatience, mais bien celui d’un renouveau démocratique fondée sur une véritable volonté de dialogue, débarrassée de tout slogan à l’emporte-pièce.


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  • Journée historique ? N’abusons pas des superlatifs ! Mais il n’est pas faux d’écrire que Kermouster aura vécu un jour de transition en ce dimanche 31 mars, avec l’ouverture officielle de la crêperie en lieu et place de La Cambuse, cent dix ans, jour pour jour, après l’ouverture de ce qui fut d’abord une école. Un double événement en quelque sorte, avec en prime un soleil radieux associé à une brise de nord-est soutenue tout au long de la journée. Rafraîchissante certes, mais pas au point de dissuader les gens de s’asseoir aux tables de l’ancienne cour d’école requinquée en terrasse avec vue sur mer (voir précédents billets).

    Pour marquer le cent dixième anniversaire de l’ex-école, des Kermoustériens ont, en effet, pris l’initiative de faire sonner la cloche de la chapelle. La foule n’était pas au rendez-vous, le passage à l’heure d’été durant la nuit pouvant expliquer des retards à l’allumage, mais chacun savait à l’avance que, de chez lui, il serait le témoin auditif de cette commémoration.

    Le passé, la légende, l’avenir

    Il nous est déjà arrivé d’écrire que c’est tout un art de faire sonner une cloche. Cela l’est d’autant plus quand l’on vous impose un nombre précis de sonneries. Désormais, c’est à l’ami Jean-Pierre que revient le plus souvent le devoir de tirer sur la corde. Mais il est certainement plus facile d’apprendre à parler breton que de maîtriser totalement la mise en mouvement de la cloche. Bref ! Le défi qu’on lui avait imposé relevait de mission impossible. Combien de fois la cloche aura-t-elle fait entendre sa voix ? Plus de 110 fois assurément. Il ne s’est trouvé personne pour nous donner le chiffre exact, même parmi ceux qui, présents, ont compté au rythme de la cloche. Mais était-ce là l’essentiel ? Bien sûr que non. Il fallait marquer le coup. Il n’est pas inutile de « baliser » le passé.

    Avec la crêperie, qui prend ainsi le relais du café épicerie, l’histoire s’écrit au présent et se projette dans l’avenir. Jusque la fin d’après-midi, scotchés dans leur remorque « street food »,  Krystel Le Moal, à la galettière, et Benjamin Charpentier, à la caisse, ont fait face à une affluence soutenue.

    Le passé, la légende, l’avenir

    Evidemment, toutes celles et ceux qui jettent un œil sur ce blog, m’attendent au virage. « Alors ? Tes impressions ? ». Au risque de les décevoir, je n’ai pas vocation à jouer les critiques gastronomiques. Je me vois mal mettre les pieds dans le plat, si je puis m’exprimer ainsi. Le trait de plume qui s’amuse à traduire de multiples ressentis en bouche a toute chance de mettre à côté de la plaque.

    On ne le dira jamais assez, les métiers de la restauration sont des métiers difficiles, à risque quotidien. Il faut sans cesse veiller à ce que le client soit satisfait, au rapport qualité prix. Ce qui est valable pour la quiétude des propriétaires de gîtes (notre précédent billet) l’est encore plus pour celles et ceux qui souhaitent nous voir à leurs tables. Un tweet, un message sur Face book  peuvent faire plus rapidement du mal que le traditionnel téléphone arabe.

    Donc je fais l’impasse sur les considérations gustatives. Mais je ne m’interdis pas de traduire un sentiment. Tout personnel, cela va de soi.

    Le passé, la légende, l’avenir

    Pour parler de la crêperie Breiz Colibri, c’est sa raison sociale, il me semble de bon ton d’user de la métaphore de la greffe. Depuis plusieurs mois, le coeur du village avait cessé de battre. La relance d’un commerce vient de le réactiver.

    Donc hier, nous ne pouvions que nous réjouir. Le challenge que Krystel et Benjamin ont décidé de relever n’est pas mince. Cette première journée ne peut que leur avoir donné du baume au cœur après de longues semaines passées à préparer ce rendez-vous. Mais le savent-ils ? Pas sûr, bien qu’ayant des attaches en Presqu’île. Kermouster « ce n’est pas de la tarte !».

    Plagiant le slogan du brasseur qui s’affiche désormais sur la devanture de La Cambuse, telle une armoirie d'un preux chevalier, ils sont entrés de plain-pied dans la légende. Celle qui colle à la peau de ce village depuis un temps lointain. Il va leur falloir faire avec.

    Il est effectivement bien loin le temps où les petits Kermoustériens s’en allaient écouter la bonne parole lors des séances de catéchèse dans les paroisses environnantes. A cette époque, les anciens nous l’ont souvent rappelé, Kermouster avait une triste réputation : « Petit village habité par des sauvages ». Plus récemment, c’est un autre sparadrap qui s’est posé sur le hameau : « Kermouster ?  Village gaulois. » Evidemment, on fait tout de suite le parallèle avec Astérix et Obélix, ce qui, soit dit en passant, n’est pas pour nous déplaire. Mais pourquoi une telle réputation ? Parce qu’ici, plus qu’ailleurs, selon la rumeur, nous serions râleurs, « jamais contents ». Allons donc ! Restons sérieux ! Les gens d’ici n’ont qu’un seul souhait : que Kermouster conserve ce point d’équilibre entre renouveau et authenticité.

    En décidant de donner un second souffle à leur carrière à Kermouster, les nouveaux gérants de La Cambuse ont d’abord pensé que le cadre était un atout majeur. Ce n’est pas nous qui les contredirons. Le panorama qui s’ouvre devant l’ancienne école vaut assurément le détour. On ne s’en lasse pas ! Mais cela ne peut bien évidemment pas suffire à éviter le rejet au greffon.

    Il est évident que la récompense des efforts engagés dans cette affaire repose sur plusieurs paramètres, à commencer par celui qui consiste à faire venir une clientèle extérieure au village. Ce dimanche, nous en avons eu un premier aperçu. La promotion a joué. Et c’est très bien. A ceci près, que les contraintes demeurent.

    Le passé, la légende, l’avenir

    Je ne parle pas du supposé caractère de cochon des Kermoustériens. Par contraintes, il faut entendre l’exiguïté du lieu. Malgré les toutes fraîches lignes blanches, qui vont nous appeler à plus de discipline, la place du Crec’h était, en cet après-midi dominical, au bord de l’asphyxie.  Dans ce « mouchoir de poche » il ne faudrait pas que des esprits deviennent chagrins. La bonne composition des riverains ne doit pas souffrir de comportements abusifs. Faudra-t-il que la maréchaussée s’en vienne mettre son grain de sel pour en appeler au plus élémentaire civisme ? Ce serait nuire bien évidemment à l’intérêt général et à l’intérêt particulier des nouveaux gérants de La Cambuse.

    Je crois, pour conclure,  qu’il est bon d’insister sur ce qui caractérise le mieux l’esprit des lieux : le goût pour l’authenticité. Pour que l’osmose soit totale, postulat incontournable d’une réussite sur le long terme, il faut que La Cambuse retrouve pleinement le bon rythme cardiaque. Pour l’heure, il lui faut faire avec du transitoire. La remorque « street food » s’en ira un jour sous d’autres horizons. En lieu et place de ce qui était d’abord un préau puis un café épicerie, le Breiz Colibri pourra alors jouer sur toute la palette des services. Au pays de maître corbeau et de maître goéland, nous n’en doutons pas, ses premiers battements d’ailes lui auront permis de prendre toute la mesure du territoire sur lequel il entend assurer son avenir. Le cœur doit faire corps avec le village. C’est une loi naturelle.  

    Le passé, la légende, l’avenir

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