• Dans une semaine, le jeudi 12 septembre, cela fera dix ans, jour pour jour, que Jean-Paul André a cessé de se promener sur les bords du Trieux, source d’une de ses plus belles compositions. Adieu les goélands bleutés, les pins ombrageux et l’horizon couleur pastels ! Mais la voix de ce chantre ne s’est pas définitivement éteinte, grâce à la magie des temps modernes qui nous permet de réentendre à volonté cette mélodie de 1980. Jean-Paul André n’avait pas encore franchi le cap de ses soixante ans quand ses narines n’ont plus frémi à l’odeur de la marée.

    Le Trieux, son estuaire, Jean Paul André n’aura pas été le seul compositeur du Goélo à y chercher l’inspiration. Vingt ans plus tôt, le Briochin François Budet nous avait livré Loguivy de la Mer et les « carcasses de ses bateaux morts », aujourd’hui au sommet du répertoire du chant de marins..

     

    Le Sillon de Jean-Charles Parenthoën

    1989: Défi des ports de pêche à Louivy-de-la mer

     Les Kermoustériens se souviennent peut-être d’avoir été les spectateurs privilégiés d’un beau spectacle qui se déroulait, fin avril 1989,  de l’autre côté de l’estuaire. Loguivy-de-la-Mer accueillait le Défi des ports de pêche. Pour avoir emporté la première édition de cette régate disputée au Croisic l’année précédente, par des équipages composés de pêcheurs professionnels et plaisanciers, ce sont les Loguiviens qui avaient eu la charge et le plaisir d’organiser la deuxième édition. Vingt-cinq autres ports de métropole y furent représentés. C’est à cette occasion que la chanson nostalgique de François Budet a définitivement conquis le coeur de tous les marins français, pour ne pas dire du monde.

    Si j’en arrive à évoquer le souvenir de ces deux artistes à travers deux chansons fétiches cela tient à une agréable circonstance. Par un beau matin de cet été, je me suis retrouvé à discuter de choses et d’autres avec Jean-Charles Parenthoën. Nous conversions tous les deux à même le site du point de vue. Après avoir évoqué quelques souvenirs se rapportant à la dernière guerre - un frère de Jean-Charles Parenthoën est au nombre des victimes de Crec’h Maout - nous avons dérivé vers les eaux de la passion que cultive cet ancien marin de la marine marchande : la chanson.

    On ne présente plus Jean-Charles Parenthoën, un gars de Larmor bien amarré à Kermouster. Sous son éternelle casquette, l’âme d’un poète. Qu’importe s’il n’a pas, quant à lui, une renommée au-delà des rives de la Presqu’île. Il se contente du plaisir qu’il éprouve et qu’il donne, par la voix ou au son de son harmonica, son compagnon de toute une vie. « Je ne connais pas la musique », dit-il, et bien sûr, à 80 ans, « le plus dur c’est de souffler ».

     

    Le Sillon de Jean-Charles Parenthoën

     

    Pour cet ancien marin de commerce ayant franchi plusieurs fois le cap de Bonne Espérance, sous les couleurs de la compagnie Louis Martin, son pays est source d’ inspiration. Le Ferlas scintillait sous les rayons du soleil quand Jean Charles s’est mis à fredonner une chanson de sa composition, Le Sillon du Talbert, pendant et après la guerre. C’est à ce moment là que s’est produit le déclic. Je n’ai pu que l’encourager à aller jusqu’au bout de cette chanson d’amour. Car c’est bien par amour pour son Sillon que Jean Charles Parenthoën l’a composée

    D’aucuns se souviennent très certainement de cette belle chanson que Michel Tonnerre (1949-2012) avait consacré à ce Sillon « qui montre du doigt l’Angleterre ». L’homme de l’île de Groix, ancien élève du lycée Kersa à Paimpol, aura mené une vie de bourlingue, parsemée d’un florilège de chansons sentant bon la marée. Son Sillon du Talberg résiste à la force du temps.

    De facto, Jean-Charles Parenthoën s’inscrit dans son sillage, mais pour en appeler aux bonnes volontés. Le marin accompli connaît la force de la mer, mais il ne la tient pas pour seule responsable de la dégradation de ce cordon de sables, galets et goémon. Les mains de l’Homme y ont largement contribué. Lors de ces douloureuses années de guerre récemment évoquées (chronique du 16 août dernier), mais également tout au long des décennies qui ont suivi. Une chanson d’amour, certes, mais une chanson d’un amour blessé, comme un cri d’alarme. Mais laissons la parole à l’auteur :

     

     « Le Sillon du Talbert était une digue naturelle,

    Dans les eaux maritimes du territoire de Pleubian,

    Formée par les vents, la mer et les courants,

    Constituée de sable, galets, gravillons, renforcée de goémon.

     

    Il luttait vaillamment contre les vents et la mer……

     Et d’était bien longtemps avant cette maudite guerre.

    Mais aux dernières années noires de l’occupation,

    Ces gens venus d’ailleurs, de lui ont eu raison.

     

    En prenant de son dos le meilleur, le plus bon

    Servant à la fabrication des abris de canons,

    Transporté par wagons sur sa moitié en long,

    Tracté par de nobles chevaux : Percherons et Bretons.

     

    Sur ce lieu il n’y avait pas de bulls, de tractopelles,

    Mais beaucoup de main d’œuvre et de travail manuel.

    Comme outils : barres à mines, marteaux, masses, pioches et pelles.(bis)

     

    Si on lui remettait ce qu’on lui a volé,

    Ces assauts de la mer, il pourrait p't-être les contrer.

    Il faudrait pour cela de la bonne volonté,

    De ceux qui décident et ont l’autorité.

     

    Avec l’aide des descendants de ceux qui l’ont mutilé,

    Puisque l’Europe à présent est formée de nations alliées.

    Et admettre avant tout que c’est la vérité,

    Oui, admettre avant tout que c’est la vérité !

     

    C'est  l’histoire pendant la guerre du Sillon du Talbert,

    Oui,’histoire pendant la guerre du Sillon du Talbert,

    Pour ceux qui ne savaient pas

     

    Enfin, la guerre terminée, la liberté retrouvée,

    Ce n’est pas pour autant qu’il a été épargné.

    Ce sont les gens de chez nous, d’ailleurs, d’à côté,

    Autorisés à le puiser par petites quantités.

     

    Bien sur, plus pour fabriquer des abris de canons,

    Mais pour d’autres travaux dont garages, salles et maisons.

    Et cela a duré pendant plusieurs années

    Avant qu’on s’aperçoive que l’erreur était causée.

     

    Ce n’est pas le vent ni la mer qui l’ont blessé,

    Mais ce sont bien les hommes afin d’y bénéficier.

    Si on ne lui remet pas ce qu’on lui a volé,

    Les assauts de la mer finiront par le balayer !

     

    Un jour probable viendra où la Presqu’île sera inondée.

    La Presqu’île inondée et ses voisins d’à côté.

    Oui, il faudrait lui rendre ce qu’on lui a volé.

    Peut-être alors on se rendrait compte de son utilité.

     

    Il faudrait pour cela de la bonne volonté,

    De ceux-là qui décident et ont l’autorité,

    Et admettre avant tout que c’est la vérité,

    Oui admettre avant tout que c’est la vérité

     

    C’est l’histoire après guerre du Sillon du Talbert.

    C’est l’histoire pendant et après guerre du Sillon du Talbert. »

    Pour ceux qui ne savaient pas........."

     


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  • Festivités du Pardon : bonne humeur, empathie et convivialité

     

     L’effet potion magique à laquelle  je faisais référence dans la précédente chronique s’est encore fait sentir tout au long des festivités du Pardon. La bonne humeur, l’empathie et la convivialité ont, à nouveau, marqué ce traditionnel rendez-vous de la fin de l’été. L’Amicale de Kermouster, qui vient de se donner un nouveau président, peut s’octroyer ces satisfecit.

     Cinq jours durant, préparation et remise en état du site compris, les bénévoles ont, d’abord pour eux-mêmes, puisé abondamment dans cet élixir savamment dosé. Avec l’appui, ô combien apprécié, des services de la mairie, ils ont été, ainsi, en mesure d’accueillir, de la meilleure façon qui soit,  les boulistes. Ceux-ci, malgré quelques grains de sable superflus sur deux ou trois allées, ont trouvé là matière à prouver que leur passion, alliée à une incontestable expérience, offrait la garantie d’un bon divertissement pour les spectateurs des joutes, sous un soleil généreux de bout en bout.

    Pour l’Amicale de Kermouster, les festivités du pardon constituent le « gros morceau » du programme annuel de ses animations. Pour ce rendez-vous, les bénévoles mettent, en quelque sorte, les bouchées doubles. Cela va de la préparation des gâteaux et de « son » réputé riz au lait à l’installation du « grand chapiteau » sous lequel les crêpières ont réalisé la prouesse d’associer qualité et rendement, tout en n’oubliant pas le coup de main au volet religieux (mise en place de l’harmonium, fleurissement de l’église et du calvaire). Si, désormais, la brigade « buvette »  est bien au point, la vigilance reste cependant de mise pour contenter la clientèle. Concentration extrême quand il s’agit de doser à la perfection  le volume de la mousse dans le ballon ou le demi de bière.

    Le dimanche après-midi, associant la kermesse au concours de boules, chacun à son poste aura veillé à donner satisfaction à celles et ceux qui s’en sont venus tenter leur chance à la loterie ou aux jeux en bois, jeux qui  nécessitent, eux aussi, concentration et adresse. Mais que personne n’y trouve à redire si c’est un membre de l’Amicale lié à un des « porteurs de bourriche » qui a su en donner le poids exact à quelques grammes prés (17 kg 300). L’enquête l’a prouvé, tout s’est fait dans les règles.

    Par contre, concernant la mise à terre, le vendredi, en tout début d’après-midi, du portique limitant, en temps normal, l’accès d’une partie du parking aux seules voitures, l’enquête a peu de chances d’aboutir. Le maire, en personne, en convient : ce portique n’est pas tombé de lui-même. Cet espace ayant été également protégé par une barrière pour pouvoir y placer des allées de boules, il s’est donc trouvé quelqu’un qui a, après avoir bravé l’interdit, soit par inadvertance, soit délibérément, manqué de civisme.

    La fête est finie. Mais avant de plier la toile, les bénévoles pouvant se libérer de toute obligation se sont réunis, dès le dimanche soir, autour d’un barbecue. Après l’effort, le réconfort et quoi de plus réconfortant que ce sentiment qui génère le plaisir d’être ensemble.

     

    Festivités du Pardon : bonne humeur, empathie et convivialité

     

    A charge pour le nouveau bureau de l’Amicale de concocter le programme des réjouissances de ces prochains mois et celles de l’année qui vient. En effet, après sept ans de bons et loyaux services, Daniel Hallot a souhaité ne plus porter la casquette de président. C’est Jean-Pierre Rougié qui a accepté de lui succéder. Il sait, lui aussi, pouvoir compter sur un équipage sachant tirer sur l’aviron.

    Le nouveau bureau de l’Amicale : président, Jean-Pierre Rougié, vice-présidente, Catherine Gaillemain, trésorier, Jean-Louis Champion, secrétaire, Eliane Tarin. Ce bureau, notons le, respecte le principe de la parité.

     

    Festivités du Pardon : bonne humeur, empathie et convivialité 

    Festivités du Pardon : bonne humeur, empathie et convivialité

    Festivités du Pardon : bonne humeur, empathie et convivialité 

    Festivités du Pardon : bonne humeur, empathie et convivialité

    Festivités du Pardon : bonne humeur, empathie et convivialité

    Festivités du Pardon : bonne humeur, empathie et convivialité

    Festivités du Pardon : bonne humeur, empathie et convivialité

    Festivités du Pardon : bonne humeur, empathie et convivialité

    Festivités du Pardon : bonne humeur, empathie et convivialité

    Festivités du Pardon : bonne humeur, empathie et convivialité

    Festivités du Pardon : bonne humeur, empathie et convivialité

    Festivités du Pardon : bonne humeur, empathie et convivialité

    Pour suivre : le Pardon de l'abbé Yves Ndecky


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  • Le Pardon de l’abbé Yves Ndecky

     

    « Vingt dieux ! » Que n’avais-je dit là en ce dimanche matin du 25 août, jour du pardon de Kermouster ! La cloche de la chapelle n’avait pas encore appelé les fidèles que, déjà, j’ouvrais, par inadvertance en m’exclamant ainsi, le grand débat. Celui qui secoue la planète depuis la nuit des temps et auquel, seuls les croyants de toutes les religions disent avoir trouvé la bonne réponse.

    Epuisé par un effort inhabituel à cette heure de la journée et surpris par son intensité, je laissais échapper ainsi un désarroi passager devant une personne très appréciée qui, aussitôt, me répliqua : « Vingt ! Pourquoi vingt ? Encore faudrait-il qu’il y en ait un. » Pour un renégat de mon acabit, je trouvais là, si ce n’est un réconfort, matière à partager une inébranlable conviction. Mais l’heure n’était pas à la digression philosophique, ni théologique. Je ne me doutais point alors qu’il me faudrait, deux heures plus tard, défendre mon point de vue face à une autre personne, à la rhétorique charpentée, affichant ouvertement  sa totale adhésion aux préceptes de l’Eglise.

    Le verre à la main, celui que nous offrait le maire de Lézardrieux à même la terrasse de La Cambuse, nous en sommes arrivés, dans un brouhaha bon enfant, à deviser sur le thème de l’existence ou non d’un guide suprême. Arguments contre arguments. Dans une écoute réciproque. Sincérité toutes voiles dehors, alors que sous nos yeux, dans le cadre majestueux de l’estuaire du Trieux, se disputaient les dernières manches de la 41ème régate des Lilas blancs. Bataille était alors livrée dans les parages du phare de La Croix, le bien nommé en cette circonstance, lequel, ayant été endommagé en 1944, à la fin de la guerre, éclaire le navigateur à trente kilomètres à la ronde (19 milles) depuis 1949, date de sa remise en état.

    C’est sur cette belle image, assortie d’une question piège,  que notre échange s’est achevé. « Ne peut-on voire la main de Dieu dans cette beauté  qu’il nous est donnée de contempler? » Le chanoine Kir, force est de le constater, ne m’aura été d’aucun secours en cet instant. Pour autant, si l’estoc a pu sembler imparable, que mon interlocuteur le sache : être pris de court ne veut pas dire que le coup a fait mouche.

    Promesse ayant été faite, viendra l’heure où nous pourrons reprendre cette conversation qui s‘apparente de fait à une régate au long cours où seule compte, pour l’un et pour l’autre, la certitude qu’il existe ou n’existe pas un port d’accostage appelé Paradis.

     Le Phare ! La Croix ! Alors que le hameau fêtait Saint Maudez, il n’est pas inutile d’abuser de la métaphore maritime pour cadrer ce fameux grand débat que nos humbles personnes ne pouvaient espérer clore. Chacun menant sa barque à sa façon, cet échange aura au moins permis d’établir un premier consensus. Que l’on ait ou non la certitude qu’il y a un autre monde après la mort nous impose de naviguer de conserve entre deux balises, celle du respect mutuel et de la tolérance. 

    Pour en revenir à l’office religieux de ce dimanche 25 août il est à constater que les fidèles auront été moins nombreux que lors des précédentes éditions. Point de biniou et bombarde au sortir de l’office pour accompagner le cantique dédié à ce saint que les bretonnants appellent Zant Vaodez. Un pardon tout en sobriété donc, ce qui n’a, en rien, atténué la ferveur des croyants.

     

    Le Pardon de l’abbé Yves Ndecky

    Le Pardon de l’abbé Yves Ndecky

     

    En ce jour du 21ème dimanche de la période que l’Eglise qualifie de « temps ordinaire », réminiscence d’une éducation reçue dans la paroisse de la petite enfance, le rite s’appuie sur un écrit du prophète Isaïe, un extrait d’un livre de l’Ancien Testament traitant justement de l’accès au royaume de Dieu. Mais il semble que c’est plutôt la manière avec laquelle le père Yves Ndecky a officié qui nourrira le souvenir de ce pardon.

    Cela fait six ans que ce prêtre vient épauler l’abbé Caous, en charge de la paroisse Saint Tugdual de Tréguier, paroisse qui regroupe vingt-six clochers dont celui de Kermouster. C’est à Diohine, une commune du diocèse de Dakar, dont ce village de 3000 habitants est distant de 140 kilomètres, que Yves Ndecky assure sa mission évangélique le reste de l’année. Il faut croire qu’il y applique la même méthode que celle qui a valu aux présents de réciter plusieurs Je vous salue Marie,  pour s’être montrés indisciplinés, c'est à dire trop lents à taire leurs palabres au début de l’office. Ce qui n’est pas sans me rappeler les trois ou quatre Notre Père et trois ou quatre Je vous salue Marie , qu’il me fallait ânonner au sortir du confessionnal pour effacer mes pêchés, selon leur gravité.   

    Mais, avec un sens affirmé de l’humour, joignant parfois le geste à la parole, l’abbé Ndecky aura su, tout en abordant des sujets aussi sensibles que la fidélité au mariage ou le respect dû aux parents, très vite faire preuve de clémence, s’en venant même par un tonitruant   « Ma Doue koulskoude »  (Mon Dieu cependant) à s’exprimer dans une langue qui sonne bien aux oreilles de Trégorrois de souche.

    Notre amie Huguette n’aura certainement pas été la dernière à se féliciter de voir que même en dessous du tropique du cancer sa langue maternelle continuait à faire des émules. Et que dire de cette satisfaction qu’elle éprouve désormais  en sachant qu’il y a au moins deux voire quatre paires de bras pour faire sonner la cloche à sa place.

     

    Le Pardon de l’abbé Yves Ndecky

    Le Pardon de l’abbé Yves Ndecky

     

    xxx

     

    Je vous salue Marie

    Me ho salud (deoc’h) Mari

     

    Paradis

    Baradoz

     

    La Croix

    Ar croaz

     

    Sonner la cloche

    soniñ ar c'hloch

     

     

    Et pour conclure, voici le refrain du cantique dédié à Zant Vaodez et sa  traduction :

     

    Zan Vaodez, patron karet,

    Chilaouet pedennou

    Ho pugale daoulinet

    Dirak ho relegou.

     

    Saint Maudez, patron bien aimé,

    Ecoutez les prières,

    De vos enfants à genoux,

    Devant vos reliques.

     

    Le Pardon de l’abbé Yves Ndecky

    Le Pardon de l’abbé Yves Ndecky

    Le Pardon de l’abbé Yves Ndecky

      

    Le Pardon de l’abbé Yves Ndecky

    Le Pardon de l’abbé Yves Ndecky

    Pour suivre: concours de boules en demi-teinte

     


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  •  

    Un concours de boules en demi-teinte

     

    Venir poser sa boule à toucher le petit ou chasser celle de l’adversaire qui s’y colle de trop prés, cela ne s’improvise pas. Il aura fallu de longues années d’apprentissage pour en arriver là. Et tant pis, si l’efficacité n’est pas toujours au rendez-vous. L’essentiel est de pouvoir se livrer, en doublettes, face à des adversaires tout aussi chevronnés. Ces samedi 24, dimanche 25 et lundi 26 août, les allées installées sur le parking de l’île à Bois ont rassemblé respectivement 16, 28 et 16 doublettes, soit un total e 60.

    C’est nettement en de ça de ce que les organisateurs espéraient. Pour nombre de boulistes aussi. La certitude de pouvoir jouer sous le soleil n’a pas eu les effets escomptés sur les engagements..

    S’agit-il d’un désamour passager, d’une tendance irréversible ou bien d’un déficit dans la communication ? Qu’on en juge ! 78 doublettes  en 2014, 80 en 2015, 77 en 2016, 74 en 2017. L’an passé il y en avait 32 le samedi, 35 le dimanche et 20 le lundi, soit un total record de 87.

    Est-ce l’aspect « montant des prix » ou la date du rendez-vous, si ce n’est les deux à la fois qui sont à l’origine de cet essoufflement ? Ces questions, les responsables de l’Amicale ne vont pas éluder.

    Tout en sachant cependant que ce concours n’a pas vocation à rassembler toutes les élites du département, si ce n’est d’ailleurs, tout le monde est conscient de l’intérêt qu’il y a à lui conserver une grande intensité. Ceci dit, malgré une participation en repli, ces trois journées de concours n’en n’ont pas vraiment manquée. Chaque demi-finales et finales ont été âprement disputées.

    Le concours de Saint Adrien, supprimé voici peu, pourrait à nouveau s’intercaler dans la dernière quinzaine du mois d’août. C’est du moins l’espoir qu’a formulé un bouliste de Pleumeur-Gautier. Kermouster serait alors amené à décaler d’une semaine, donc à reculer d’autant, au tout début septembre, comme cela se pratiquait il y a encore peu de temps. Mais le conditionnel est de mise et le rendez-vous de Kermouster n’a de sens que s’il reste lié aux festivités du pardon. Fera-t-on entrer l’évêché dans le jeu ?

     

    Samedi 23 août.- 16 doublettes. Finale renportée par  Poilpot-Jezequel contre Le Castrec-Le Dantec

     

    Dimanche 25 août.- 28 doublettes. Finale remportée par D. Marchand – G. Gestalin contre C. Le Briand – C. Jezequel. « Pen eus pen » :S. Derrien contre A. Guillermic

     

    Lundi 26 août.- 16 doublettes. Finale remportée par C. Le Bellec – Y. Périchard contre C. Jezequel-A. Louin. La finale du « pen eus pen » n’a pas été disputée.

     

    Un concours de boules en demi-teinte

    Un concours de boules en demi-teinte

    Un concours de boules en demi-teinte

    Un concours de boules en demi-teinte

     

     


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  • Avec Diogo, sous le charme de la musique séfarade

     

    « Un maillon dans la transmission de ces musiques anciennes et populaires vers les générations futures ». C’est ainsi que se présentent les musiciens qui forment le groupe Diogo. Jeudi 22 août, en la chapelle, la chanteuse Martine Meunier, la vielliste Ingrid Blasco, le percussionniste Mathias Mantello et le guitariste violoncelliste Gwen Tual nous ont gratifié d’un concert de très belle facture,  bâti autour de mélodies du Moyen Âge espagnol. Nous, car je suis en mesure d’affirmer que, parmi la soixantaine de spectateurs, pas une seule personne n’a pu échapper au charme d’une musique qui puise, pour l’essentiel, ses racines dans la culture séfarade

    Durant de longs siècles, avant que ne se lève le vent de l’Inquisition, le royaume ibérique aura été un formidable creuset œcuménique entre les musulmans, les chrétiens et les juifs. La marginalisation, l’épuration n’ont pas réussi à couper ces racines et il est heureux que nous ayons pu en savourer l’excellence à l’occasion de ce concert, dans le cadre d’une chapelle qui, comme cela va à nouveau se confirmer à l’occasion de la traditionnelle messe du Pardon, se fait, à son humble niveau, chantre de la réconciliation entre les hommes de bonne volonté.

    Diogo nous a proposé un prodigieux dépaysement à travers des thèmes musicaux chantant les souffrances de la vie, l’amour, la tristesse, l’éloignement. Ces trois musiciens, dont il nous a, déjà, été donné d’apprécier l’excellence au sein d’autres formations défendant elles aussi les répertoires anciens, sont à féliciter.

    Depuis 2003, Ingrid Blasco a jeté son dévolu sur la vielle à roue. Elle lui donne sa noblesse. Mathias Mantello révèle une maîtrise hors pair du tambour, du daf et du darbuka. Celle de Gwen Tual n’est pas en reste. Luthier de profession (à Trégrom), la guitare, le violoncelle et son « dessus de viole  à cinq cordes » lui ont livré tous leurs secrets. Il nous les fait partager. Martin Meunier, quant à elle, impressionne par l’amplitude de sa voix et cette gestuelle qui donnent corps à cette musique désormais intemporelle. Qui a déjà eu la chance de pouvoir visiter l’Andalousie retrouve, au travers d’un tel concert, ses émotions passées.

    Dans le petit dépliant (flyer) présentant ce concert, les membres de Diogo précisent les motivations qui sous-tendent cette performance musicale. Ils formulent le rêve « d’une Méditerranée qui soit autre qu’une barrière entre deux mondes, autre qu’un cimetière géant dans lequel tous les ans, sont engloutis des milliers d’êtres humains dans une indifférence assez générale ; mais au contraire un grand champ de possibles, une étendue d’espoir, un dialogue des cultures comme cela a été le cas jusqu’au XVème siècle ».

    Ayant déjà eu l’occasion d’aborder le thème de l’accueil des étrangers (Migrants : du Monde à la Commune, chronique du 4 février 2018), je ne peux bien entendu que partager ce rêve, tout en rappelant au passage, qu’une communauté de vie telle que Lézardrieux peut, à son niveau, apporter son concours à une noble cause.

    Tout comme ces artistes, je garde l’espoir que la raison l’emporte et que cette crise migratoire soit jugulée par l’esprit de solidarité entre les nations, à commencer par celles qui composent l’Union européenne. Mais, pour en rester sur un plan strictement culturel, comment pourrions nous encore douter, après un tel concert, que, loin de nous enfermer dans un carcan, la création artistique, dans toutes ses formes, révèle les bienfaits du brassage et du métissage.

     

    Avec Diogo, sous le charme de la musique séfarade

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